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Johnson & Johnson condamné pour la crise des opioïdes

Mathilde Lemarchand

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Johnson & Johnson condamné pour la crise des opioïdes

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Le laboratoire américain a indiqué son intention de faire appel de cette décision.

C’est une première dans la crise des opioïdes aux États-Unis. Un tribunal a condamné, le lundi 26 août, le groupe américain Johnson & Johnson à verser la somme de 572 M$ (515 M€) de dommages et intérêts à l’Etat de l’Oklahoma.

En cause, « des pratiques trompeuses de marketing et de promotion des opiacés » réalisées auprès de médecins par le laboratoire Janssen, la division pharmaceutique de Johnson & Johnson. Janssen aurait en effet minimisé l’effet d’addiction provoqué par ces médicaments antidouleur – le Duragesic (fentanyl) et le Nucynta (tapentadol) - en la qualifiant de « pseudo-addiction » auprès des professionnels de santé. Ces pratiques auraient contribué à la crise des opioïdes, « qui a ravagé l’Etat de l’Oklahoma », selon le juge Thad Balkman, en charge de l’affaire.

Les dommages et intérêts versés par Johnson & Johnson seront employés pour financer des programmes d’Etat pour enrayer cette crise.

La somme demandée par le juge Balkman s’avère toutefois beaucoup plus faible que celle réclamée par l’Etat, qui était de 17 Mrds $ (15 Mrds €). De leur côté, les analystes comme David Maris de chez Wells Fargo, avaient tablé sur des dommages et intérêts à hauteur de 2 Mrds. En conséquence, cette décision de justice n’a pas déstabilisé le cours en Bourse de la société, qui a grimpé de 2 % après l’annonce du verdict. Pour rappel, en 2018, le chiffre d’affaires du géant américain s’élevait à 81,6 Mrds $ (73,5 Mrds €).

Johnson & Johnson a tout de même indiqué son intention de faire appel, jugeant la décision du tribunal « injuste ». Michael Ullmann, vice-président exécutif, directeur juridique de Johnson & Johnson, a en effet déclaré : « Janssen n'a pas provoqué la crise des opioïdes dans l'Oklahoma, et ni les faits ni la loi ne le prouvent », invoquant le fait que « le Duragesic et le Nucynta représentent moins d’1 % des ordonnances totales d’opioïdes prescrites en Oklahoma et aux États-Unis ».

Il s’agit du premier jugement civil contre un laboratoire dans le cadre de cette crise sanitaire aux États-Unis. Dans le pays, 2 000 plaintes ont été déposées contre des laboratoires fabriquant des opioïdes par plusieurs Etats, comme l’Ohio ou le Mississipi. Précédemment, des homologues de Johnson & Johnson impliqués dans cette épidémie, comme Purdue, qui commercialise de l’Oxycotin, ou encore Teva, avaient préféré éviter le procès, en réglant l’affaire à l’amiable en négociant des versement de respectivement 270 M$ et 85 M$. Purdue a d’ailleurs indiqué être toujours en négociations afin d’éviter une bataille judiciaire. Selon la chaîne américaine NBC le laboratoire serait prêt à débourser une somme allant de 10 à 12 milliards de dollars pour mettre fin aux plaintes déposées contre lui, le montant n’a toutefois pas été confirmé par Purdue.

En 2017, l’addiction aux opioïdes a causé la mort par overdose de plus de 70 000 personnes, d’après les Centers for disease control and prevention.

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