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Janssen France sanctionné

L.H.

L'Autorité de la concurrence a annoncé, mercredi 20 décembre, qu'elle condamnait le laboratoire Janssen-Cilag et sa maison mère américaine Johnson and Johnson à verser 25 millions d'euros pour avoir empêché puis limité le développement des médicaments génériques de Durogesic, son médicament princeps, un puissant antalgique. L'Autorité avait été saisie par le laboratoire pharmaceutique Ratiopharm, aujourd'hui devenu Teva Santé. En octobre 2007, ce dernier avait reçu l'autorisation de mise sur le marché (AMM) de la Commission européenne pour distribuer son générique de Durogesic dans plusieurs États membres, dont la France. Les pays concernés avaient alors 30 jours pour l'autoriser à leur tour. Au cours de la procédure nationale de délivrance de l'AMM, Janssen-Cilag avait écrit à l'Afssaps, devenue l'ANSM, à plusieurs reprises pour remettre en cause la décision de la Commission européenne, qui s'imposait juridiquement à l'agence française. Le laboratoire a questionné la qualité du générique, pourtant établie, et a mis en avant des risques pour la santé publique. L'Afssaps avait alors refusé temporairement de reconnaître le statut de générique aux médicaments concurrents de Durogesic. Elle a fini par leur accorder ce statut fin 2008, avec cependant une mise en garde recommandant une surveillance médicale attentive de certains patients (personnes fébriles, âgées et enfants) en cas de changement de spécialité à base de fentanyl. La réaction de Janssen-Cilag ne s'est pas fait attendre. Le laboratoire a lancé une campagne de communication auprès des médecins et pharmaciens afin de discréditer les génériques concurrents de Durogesic en détournant la mise en garde émise par l'AFSSAPS. En 2008 et 2009, plus de 300 visiteurs médicaux se sont rendus dans la moitié des pharmacies françaises. « Nous avons reçu la visite de Janssen-Cilag au moment de la sortie du générique. La personne qui est venue (...) nous a conseillé de ne pas délivrer le générique », a déclaré à l'Autorité de la concurrence la pharmacie d'un centre commercial de Lyon. L'Autorité évoque des « pratiques graves, de grande ampleur ». Et pour cause : « l'effet d'éviction des concurrents de Durogesic a été quasiment absolu, en rendant impossible la commercialisation des spécialités concurrentes génériques de Durogesic, induisant un manque à gagner pour les laboratoires génériques et un surprix à payer pour les consommateurs, dans un contexte marqué par les déficits chroniques des comptes sociaux. » Ce n'est pas la première fois que l'Autorité de la concurrence sanctionne un laboratoire pharmaceutique pour ce type de pratiques. En 2013, Sanofi-Aventis a dû payer 40,6 ME pour avoir mis en place une stratégie de dénigrement à l'encontre des génériques de Plavix.

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