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Isovation imagine des emballages autonomes plus durables

Sylvie Latieule

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ISOVATION EN BREF

- Siège : Avignon

- Dirigeant : Philippe Carles

- Effectif : 12 personnes

- Chiffre d'affaires : 3 M€ dont 50 % d'export

Isovation imagine des emballages autonomes plus durables

UN EMBALLAGE AUTONOME ASSURE UN MAINTIEN EN TEMPÉRATURE SANS RACCORDEMENT À UNE SOURCE D'ÉNERGIE.

© © Isovation

L'industrie pharmaceutique commence à surveiller l'impact environnemental de ses opérations de transport et de logistique. Fournisseur d'emballages autonomes, la société Isovation se prépare à cette mutation à travers la recherche de nouveaux matériaux pour construire ses boîtes. Mais difficile d'égaler en performance le polystyrène.

Spécialiste de l'emballage autonome, la société Isovation basée à Avignon se définit comme un fournisseur de solutions isothermes. Son métier consiste à assurer le maintien en température de produits pharmaceutiques thermosensibles, lors d'un circuit d'expédition, sans raccordement à aucune source d'énergie. Julien Bathias, responsable commercial, explique que le cahier des charges de ses clients dans le domaine pharmaceutique peut se résumer à trois paramètres : un volume de produits à transporter, une durée de transport et un intervalle de température. Dans le domaine pharmaceutique, 90 % des expéditions se font dans la plage de température de 2-8 °C, ce qui n'exclut pas quelques demandes pour un maintien dans la fourchette +15/25 °C, -80 °C, ou -20 °C. L'autonomie va de quelques heures à quelques jours. En conséquence, l'emballage autonome est surtout privilégié en transport aérien ou pour les petit trajets routiers. Pour répondre à ses donneurs d'ordres, la société Isovation conçoit donc des emballages sur mesure, tant au niveau de la boîte extérieure que de son agencement intérieur. Car cet emballage va contenir plusieurs éléments : le produit à transporter, mais aussi des accumulateurs de froid et des barrières thermiques. Chaque emballage est ensuite qualifié dans l'enceinte climatique dont s'est dotée la société, dans le respect de la norme NF S99-700. Les accumulateurs de froid sont en général des accumulateurs à eau qui délivrent une température de 0 °C. Ceci impose une séparation physique avec le produit qui doit être maintenu entre 2 et 8 °C et ne doit pas geler. « Avec l'utilisation de paraffines ou de solutions salines, tous les paliers eutectiques sont théoriquement possibles, selon Philippe Carles, président de la société Isovation. Mais les temps de délivrance sont en général plus courts, le prix est plus élevé et le risque de migration de ces substances fait qu'elles sont peu utilisées ».

A noter que les tailles de ces emballages peuvent être très variables. Philippe Carles entrevoit une tendance à la mutualisation des envois. Par conséquent, les tailles de caisses ont tendance à augmenter pour atteindre des formats de palettes.

Pour ce qui est du matériau d'emballage, Isovation a fait le choix d'utiliser le polystyrène. Et plus précisément, un polystyrène expansé et extrudé (XPS) de 2 à 5 mm d'épaisseur qui est ensuite recouvert de films de quelques microns d'épaisseur en PET aluminisé. Ce matériau, baptisé Isostrat, est fabriqué sur mesure pour chaque emballage. Il présente l'avantage d'avoir un coefficient de conductivité particulièrement bas, pour un prix de revient relativement faible. Philippe Carles précise que ce XPS expansé est un matériau issu de l'industrie du bâtiment. Dans le domaine de l'emballage autonome, outre le polystyrène, d'autres types de matériaux sont utilisés, à commencer par la mousse de polyuréthane. Mais Philippe Carles estime que le polystyrène possède une meilleure empreinte écologique, sans compter sa plus grande facilité de découpage. En effet, chez Isovation, l'une des matières premières est réceptionnée sous forme de plaques de polystyrène expansé dont les épaisseurs peuvent varier de 20 à 60 mm. Selon les cahiers des charges des emballages, les opérateurs sont amenés à réaliser des découpes. Avec la possibilité de découpages avec une scie ou un fil chaud, le polystyrène expansé se révèle plus facile à manipuler.

Pour ce qui est des accumulateurs de froid, ils sont fournis par une société extérieure, mais Isovation compte bien développer sa propre marque, justifiant que c'est un des rares éléments de l'emballage qui est réutilisable.

Diminuer l'empreinte carbone

 

Pour autant, la société s'interroge en permanence sur l'amélioration de ses emballages et des matériaux qui les constituent, en vue d'améliorer leur empreinte carbone. En effet, les emballages autonomes sont des produits à usage unique qui deviennent donc des déchets après leur utilisation. D'où l'importance de travailler sur la fin de vie de ces emballages. Par exemple, en essayant d'améliorer leur recyclabilité au lieu de les incinérer. Ainsi, la société Isovation réfléchit à améliorer son matériau Isostrat en remplaçant les films de PET aluminisés par des films de polystyrène, pour passer d'un produit composite à un emballage en polystyrène à 100 %, capable d'emprunter les filières de recyclage du PS existantes. Isovation travaille aussi à un broyage de son matériau composite Isostrat avec en vue une réutilisation comme matière première dans la fabrication de béton.

Et pour améliorer encore plus radicalement l'empreinte carbone de ses emballages autonomes, la société Isovation n'écarte pas un changement radical de matériau. « Nous recherchons activement une solution avec des biomatériaux 100 % biosourcés, 100 % biodégradables et avec des propriétés thermiques et mécaniques proches du polystyrène », explique Philippe Carles. Sur ce sujet, la société se fait épauler par une équipe de chercheurs de l'École des Mines d'Alès. L'idée étant de développer des emballages à partir de matériaux, comme la ouate de cellulose, qui sont moins polluants, à la fois à la fabrication et à l'élimination. « Pour l'instant, les matériaux ne sont pas au point. Les coefficients de conductivité que nous obtenons ne sont pas assez bas, et les prix de revient des matériaux sont trop élevés », regrette le dirigeant. « Mais nous avançons », ajoute-t-il.

Jusqu'à présent, les acheteurs de la pharmacie étaient davantage préoccupés par le coût de la solution que par son empreinte écologique. Mais les mentalités commencent à évoluer. Déjà, Philippe Carles note que la notion de traçabilité thermique des produits pendant le circuit d'expédition prend de l'ampleur. Les traceurs de température sont de plus en plus complexes et des applications Smartphone ont même été développées. L'emballage écologique sera probablement le prochain grand sujet de préoccupation des acteurs de la chaîne du froid.

 

Développer des emballages à partir de matériaux moins polluants, à la fois à la fabrication et à l'élimination.

 

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