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Isochem regarde au delà de la pharmacie

Sylvie Latieule

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ISOCHEM EN BREF

- 100 millions d'euros de chiffre d'affaires

- 500 collaborateurs

- Filiale de la société munichoise Aurelius depuis 2010

- 5 sites de productions :

- Pithiviers (45) - Vert-le-Petit (91)

- Gennevilliers (92) - Pont-de-Claix (38)

- Framochem (Hongrie)

- Siège à Vert-le-Petit

Isochem regarde au delà de la pharmacie

LE SITE DE VERT-LE-PETIT ABRITE AUJOURD'HUI LE SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ.

© © Isochem

Même si les fondamentaux restent bons dans le secteur de la chimie fine pharmaceutique, la société Isochem est à la recherche de relais de croissance dans d'autres domaines. Le segment de la chimie du végétal figure en pole position.

« L'an dernier, les résultats ont été légèrement supérieurs au budget et cette année, nous ferons au moins aussi bien », estime Xavier Jeanjean, directeur commercial d'Isochem. Malgré une visibilité réduite à moins d'un an, le carnet de commande de sa société est relativement bien garni et le taux de remplissage des unités est en hausse, même si Isochem a encore la capacité d'absorber de nouveaux projets. La société doit son salut à une grande diversification de ses activités, notamment dans le secteur pharmaceutique. Dans le domaine du custom manufacturing, ce sont les petites sociétés ou les start up qui ont désormais besoin de matières actives (API), tandis que les grands laboratoires pharmaceutiques sont davantage en demande d'intermédiaires qu'ils ne sont pas en mesure de produire, explique Xavier Jeanjean. Ainsi, sur ce segment des intermédiaires, Isochem tire parti au maximum de sa capacité à mettre en œuvre du phosgène, une technologie que très peu de chimistes européens maîtrisent. Isochem est aussi un producteur de génériques qui s'est déjà constitué au fil du temps un petit catalogue de produits. « Nous avons pour le moment des molécules anciennes sur lesquelles nous avons apporté une innovation procédé ou technologique pour réduire les coûts de production, comme dans le cas de l'antiarythmique amiodarone », résume Xavier Jeanjean. « Mais à plus long terme, nous envisageons de nous positionner sur le marché des nouveaux génériques en figurant parmi les premiers déposants », a t-il ajouté. Les équipes de R&D ont déjà identifié des molécules qui tomberont dans le domaine public en 2017-2018 et qu'elles pensent pouvoir produire à bas coût grâce à une innovation forte au niveau de la synthèse. Un brevet est d'ailleurs en préparation sur une de ces molécules en vue de protéger sa nouvelle voie de synthèse. Et puis, la grande référence d'Isochem dans le domaine des génériques reste le pantoprazole, une molécule que la société a longtemps produite sous contrat pour le compte de Nycomed et qui est maintenant tombée dans le domaine public. Nycomed qui a lancé sa propre version générique continue de s'approvisionner auprès d'Isochem, tout en lui laissant la liberté de commercialiser cette molécule à des tiers. Ainsi, Isochem exporte du pantoprazole sur le marché mondial y compris vers des pays en voie de développement.

Sur ce segment de la chimie fine pharmaceutique, Xavier Jeanjean estime que la tendance est bonne. Pour les acteurs européens, le marché des génériques est en croissance à l'export, mais pas forcément sur le continent européen. Le dirigeant confirme ce phénomène de retour de sourcing de l'Asie vers l'Europe, tant dans les intermédiaires que dans les API. « Ce sont principalement les Américains qui recherchent à nouveau une source européenne plus fiable », explique Xavier Jeanjean. Cette tendance s'appuie sur des analyses de risques qui mettent clairement en évidence le danger de disposer d'un fournisseur unique, surtout lorsque celui-ci est chinois.

Quant aux pays émergents, ils sont de plus en plus à la recherche d'une vraie qualité BPF. « De nombreux pays émergents recherchent des qualités comparables à l'Europe. Soit en raison d'exigences gouvernementales, soit parce qu'il existe une médecine à plusieurs vitesses dans le pays, comme dans le cas de l'Inde », analyse Xavier Jeanjean.

Ces bonnes perspectives dans le secteur pharmaceutique n'empêchent pas Isochem de se tourner vers de nouveaux marchés. « Un de nos axes de développement stratégique vise à nous diversifier dans le non pharma, tout en gardant cette approche de façonnier », confie Xavier Jeanjean. Et déjà, la société a posé ses premiers jalons dans le secteur de la chimie du végétal.

La chimie du végétal en ligne de mire

 

Dans ce domaine émergent, la biotechnologie a pignon sur rue, mais Xavier Jeanjean estime qu'elle ne pourra pas tout faire. Il est parfois plus simple de réaliser une ou deux réactions chimiques classiques pour fonctionnaliser une molécule. « Ces deux technologies sont complémentaires. Aussi, nous pouvons jouer le rôle de chaînon manquant dans ce domaine de la chimie du végétal », estime-t-il. Isochem fait déjà état de projets au stade pilote avec des partenaires qui ont trouvé de nouvelles molécules de spécialité et ont besoin d'une intervention de chimiste, avec une approche verte. « Ce secteur est plus sensible que la pharmacie à la maîtrise des impacts environnementaux des procédés, ce qui constitue pour nous un challenge intéressant en matière d'innovation », ajoute Xavier Jeanjean. Pour capter ces nouveaux marchés, Isochem a démarré une démarche marketing depuis plus d'un an et embauché un business manager dédié qui part en quête de ces sociétés innovantes qui développent de nouvelles molécules sur base végétale. « Au départ, nous n'étions pas sûrs du résultat. Mais nous avons déjà remporté quelques premiers succès et nous avons un peu d'avance sur notre plan de marche ». Des trois sites de production français - Pithiviers, Vert-le-Petit ou Gennevilliers - aucun ne sera dédié à ces nouvelles activités. Tout dépendra de la chimie à mettre en œuvre car chaque site a sa spécialité : hydrogénation à haute pression pour le premier, phosgénation pour le deuxième ou chimie à très basse température pour le troisième. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle activité tournée vers la chimie du végétal pourrait à moyen terme représenter 10 % du chiffre d'affaires.

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