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Propos recueillis par Sylvie Latieule

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BJÖRN SCHLOSSER EST LE NOUVEAU PRÉSIDENT D'ISOCHEM.

© © Isochem

En vente depuis plusieurs mois, Isochem, filiale chimie fine du groupe SNPE, a trouvé un repreneur en avril 2010 avec le groupe industriel allemand Aurelius. Promu à la tête d'Isochem, Björn Schlosser dévoile sa stratégie de développement qui s'inscrit dans une perspective de continuité.

Industrie Pharma : Pouvez-vous nous présenter ce groupe allemand Aurelius à qui le Groupe SNPE a cédé Isochem en avril dernier ?

Björn Schlosser : Aurelius n'est pas un fonds d'investissement comme on a pu le lire, mais un groupe industriel coté à la Bourse de Francfort. Aurelius dispose de capitaux propres importants et a pour volonté d'investir dans des sociétés en difficulté avec l'objectif de les redresser, ou dans des activités dont les anciens actionnaires cherchent à se séparer, ce qui était le cas d'Isochem.

Isochem est désormais gérée comme une PME indépendante, profitable et durable. Le niveau des investissements prévus pour l'année 2010, de l'ordre de 5 à 6 millions d'euros, est en ligne avec les montants de ces dernières années. Si de nouveaux projets sont jugés intéressants, des investissements complémentaires pourront être envisagés. Aurelius dispose d'une capacité d'environ 150 millions d'euros pour investir au sein des différents business qu'il détient.

I.P. : Quels sont les contours de cette société Isochem ?

B.S. : Isochem réalise 110 millions d'euros de chiffre d'affaires par an avec un effectif de 530 salariés. La société est divisée en trois business units. La BU pharma qui réalise un peu plus de 50 M€ de chiffre d'affaires regroupe les trois sites de la région parisienne : Gennevilliers, Vert-le-Petit et Pithiviers. Ces trois sites développent et produisent des intermédiaires et des matières actives pharmaceutiques (API). Ils répondent aux normes les plus strictes en matière de cGMP. Deux d'entre eux ont déjà été audités par la FDA et le troisième le sera prochainement.

De son côté, la BU Framochem, basée en Hongrie, est spécialisée dans la phosgénation pour des produits de chimie de spécialité ou la production d'intermédiaires non GMP. Elle réalise un chiffre d'affaires de l'ordre de 25 millions d'euros. Notre troisième BU est spécialisée dans l'agrochimie avec le site de Pont-de-Claix. Cette activité qui représente un chiffre d'affaires de 30 M€ est une activité de grand volume avec des marges plus faibles. En 2010, cette activité s'inscrira en recul par rapport à l'année 2009. En revanche, les résultats de la BU pharma et de Framochem seront en hausse.

I.P. : Avez-vous l'intention de vous démarquer par rapport à la stratégie engagée auparavant ?

B.S. : Au contraire, notre intention est qu'il n'y ait pas de rupture avec le passé. Nous avons la volonté de travailler dans la continuité avec nos clients, avec le management, avec les organisations syndicales, et nos fournisseurs. Isochem est une PME au bilan solide qui n'a aujourd'hui aucune dette.

Notre ambition est d'améliorer encore plus notre service client. Pour cela il nous faut rendre Isochem plus flexible, plus agile, donc moins « bureaucratique » mais il nous faut aussi maîtriser nos coûts et développer les volumes de production. Les meilleures voies possibles pour assurer notre développement sont actuellement à l'étude.

I.P. : Comment comptez-vous vous y prendre pour développer les volumes ?

B.S. : Il s'agit de rechercher des opportunités pour nos produits sur de nouvelles zones géographiques. A titre d'exemple, nous avons l'ambition d'accélérer le développement de notre business aux États-Unis ainsi que dans les pays arabes et en Asie dans le domaine des génériques.

Nous souhaitons intensifier nos positions dans la synthèse à façon en conservant notre grande réactivité dans le choix des projets et en l'améliorant dans la synthèse des premiers échantillons. Nous avons également la volonté de renforcer notre offre sur nos technologies clefs comme celle concernant le phosgène et d'analyser nos segments marchés pour identifier des besoins faisant appel à de nouvelles technologies et/ou groupes de produits pour lesquels nous pourrions envisager d'investir.

Notre idée est de cibler principalement des projets au sein de groupes pharmaceutiques de toutes tailles et ne disposant pas d'installations chimiques ou n'ayant pas les compétences technologiques d'Isochem.

Pour ce qui est des nouvelles molécules, nous avions observé un très fort ralentissement des projets, car les start-up, moteurs principaux d'innovation, avaient des difficultés pour trouver les financements nécessaires au développement des phases cliniques de leurs projets. Il semble que ce marché soit en train de se revitaliser avec l'arrivée de nouveaux projets early stage dans les start-up américaines. Cependant, les projets vraiment intéressants restent très disputés. La notoriété d'Isochem et son excellent service client sont les atouts pour gagner ces batailles.

Fort de notre succès dans le domaine des spécialités, nous identifions que ce segment à besoin des technologies et savoir-faire de nos sites pharma et allons entreprendre une action commerciale en ce sens.

I.P. : Comment gérez-vous la concurrence asiatique à bas coût ?

B.S. : Dans la pharmacie, pour des produits vraiment stratégiques, nous observons un net retour de balancier en faveur de l'Europe. Même si une part du sourcing se fera toujours néanmoins en Asie, nombre de nos clients souhaitent souvent disposer d'une deuxième source avec des partenaires français ou européens fiables pour sécuriser leur supply chain. Dans le domaine des spécialités, nous rencontrons aussi des clients qui s'inquiètent du respect de la propriété intellectuelle en Asie. C'est le cas de certains clients japonais de Framochem qui ne veulent pas confier leurs productions à des sous-traitants chinois, ni produire au Japon pour des questions de coût. Avec Framochem, en Hongrie, nous disposons d'un site « low cost » très compétitif qui est bien placé pour répondre à leurs besoins. Je pense pour ma part que la production en chimie fine ne quittera jamais complètement l'Europe.

I.P. : Vous devez déménager votre siège social qui quittera ainsi les locaux de la SNPE. Où comptez-vous vous installer ?

B.S. : Le siège d'Isochem va s'installer au cours du dernier trimestre sur le site de Vert-le-Petit, dans l'Essonne, dans un bâtiment de 850 m2 que nous réaménageons. Les salariés transférés du siège parisien viendront rejoindre les 80 salariés déjà présents sur le site.

LES GRANDES ÉTAPES DE LA CESSION D'ISOCHEM PAR SNPE

Novembre 2006 : SNPE lance une étude sur l'avenir de sa chimie fine Isochem

Juin 2007 : Cession de la filiale américaine Isochem Inc. au fonds Buckingham Capital Partners

Novembre 2007 : Cession du pôle NeoMPS, spécialisé dans les peptides, à Polypeptide

Juin 2009 : SNPE relance la cession d'Isochem

Avril 2010 : Le groupe Aurelius fait l'acquisition d'Isochem


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