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Isaltis, un nouvel acteur pour le marché des sciences de la vie

Sylvie Latieule

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QUELQUES SELS DE LA GAMME D'ISALTIS

GLYCÉROPHOSPHATES

- calcium (sensibilité dentaire, ostéoporose, anémie... )

- magnésium (fatigue chronique, stress, alimentaire... )

- sodium (neurasthénie, anémie... )

GLUCOHEPTONATES

- applications similaires aux glycérophosphates

GLUCONATES

- zinc (dermocosmétiques, alimentaire... )

- lithium (dépression)

Isaltis, un nouvel acteur pour le marché des sciences de la vie

JEAN-MICHEL ALARCON, PRÉSIDENT D'ISALTIS.

© © Isaltis

Métier de niche, la fourniture de sels minéraux pour l'industrie des sciences de la vie est un créneau porteur. Le nouvel Isaltis s'en est fait une spécialité en regroupant sous sa bannière deux sociétés : Bernardy et Givaudan-Lavirotte.

Isaltis est un nouveau venu dans le paysage français de la chimie fine pharmaceutique. Le groupe est né en fin d'année 2011 de la scission des activités sciences de la vie de la Société des Produits Chimiques d'Harbonnières (SPCH), d'abord filialisées en juillet sous le nom de Bernardy, puis apportées à Isaltis en novembre. Un mois plus tard, Isaltis se portait acquéreur de la société Givaudan-Lavirotte, rachetée à Seppic (filiale du groupe Air Liquide). Derrière ce projet, se cache un industriel bien connu dans le monde de la chimie, Jean-Michel Alarcon. Après avoir fait carrière chez Hoechst, Clariant, puis Minakem, il est entré en 2009 chez SPCH en tant que directeur de la stratégie et du développement pour devenir ensuite directeur général, poste qu'il continue d'occuper. Dans ce projet, il est soutenu par le fonds d'investissement Orium, spécialisé dans la reprise d'entreprises industrielles françaises.

Isaltis pèse ainsi 23 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un effectif de 110 personnes. Son capital est détenu à 75 % par le fonds Orium, 20 % par SPCH et 5 % par le management.

La spécialité d'Isaltis consiste à proposer des sels minéraux de haute pureté, à partir de métaux alcalins comme le lithium, le sodium, le potassium, ou alcalino-terreux comme le magnésium, le calcium, le strontium, le baryum. Des métaux que l'on trouve en abondance dans la croûte terrestre, notamment sur le continent européen. Mais ces produits ne s'adressent pas à tous les marchés. « Nous avons choisi de nous concentrer sur les marchés des sciences de la vie, comme la nutrition, la pharmacie, la cosmétique. Tout ce qui touche au bien-être, en fait, et qui revient à opérer sur des métiers de niche, par comparaison avec d'autres débouchés dits de masse pour lesquels pureté du produit et qualité de la fabrication sont moins cruciaux », explique le dirigeant. Dans un environnement économique global difficile, le créneau reste donc porteur, notamment en Asie où la consommation de produits de bien-être croît avec le niveau de richesse de la population.

C'est ainsi que les deux sites de production du groupe basés à Thénioux (Cher) pour Bernardy et à Lyon (Rhône-Alpes) pour Givaudan-Lavirotte, sont tous deux agréés GMP. Si Givaudan-Lavirotte officie de longue date sur le marché des sciences de la vie, pour Bernardy, ce virage est plus récent. Spécialisé au départ dans le traitement de métaux et en particulier de jus cuivriques issus de l'industrie électronique, le site a entamé sa reconversion à partir de 2009. « Cela a nécessité un changement technologique, mais aussi culturel de grande envergure », a-t-il ajouté.

De nouvelles lignes de production GMP

 

Aujourd'hui, le site n'est pas à 100 % GMP car il conserve encore 1/3 d'activités non GMP. L' « upgrade » des installations doit se poursuivre. Néanmoins, le dirigeant souhaite conserver la production de quelques produits de niche pour le domaine des spécialités, comme les sels pour le déclenchement des airbags, la pyrotechnie en général et les additifs. Du coup, dans les mois à venir, l'effort d'investissements sera orienté vers la construction de nouvelles lignes de production GMP. Le site de Givaudan-Lavirotte n'est pas en reste, Jean-Michel Alarcon évoque un projet structurant d'augmentation de productivité.

Givaudan-Lavirotte était une cible idéale pour la construction d'Isaltis, compte tenu de sa complémentarité avec Bernardy. En effet, l'ex-filiale de Seppic produit essentiellement des sels à matrice organique, comme des glycérophosphates ou glucoheptonates de calcium, particulièrement appréciés en Asie pour pallier des carences de calcium dus à la faible consommation de produits laitiers, ou des gluconates de lithium pour lutter contre la dépression. Dans ces gammes de produits, les contre-ions organiques sont le plus souvent d'origine naturelle, dérivés de différents sucres comme le glucose, le fructose ou le dextrose, ou de la glycérine. En revanche, le site de Bernardy est spécialisé dans les sels minéraux, de type nitrates, hydroxydes, peroxydes ou chlorures voire organiques simples comme les acétates ou oxalates. Les applications pharmaceutiques visées étant, entre autres, le traitement de l'ostéoporose ou les dentifrices contre l'hypersensibilité dentaire. A noter également que ces deux sites pratiquent une chimie simple, dans l'eau. Ils sont en revanche équipés de nombreuses technologies pour la préparation de poudres (séparation, purification, séchage, atomisation, broyage, tamisage... ). C'est là effectivement que réside le savoir-faire du groupe. Jean-Michel Alarcon cite le cas du nitrate de baryum pour applications pyrotechniques qui est proposé dans une quinzaine de références granulométriques différentes.

Pour les années à venir, « Isaltis va être amené à croître de façon organique », explique le dirigeant. Déjà, des équipes de R&D vont être installées sur les deux sites industriels pour élargir les gammes de produits. Isaltis met aussi en place un réseau commercial, sous la direction de Valérie Lepoultel, directrice marketing/ventes du groupe. Plusieurs accords de distribution ont déjà été conclus. Isaltis a choisi Safic-Alcan comme distributeur au Benelux en Espagne et au Royaume-Uni, Seppic comme distributeur au Brésil, Tropag en Allemagne, Suisse, Autriche, KUK pour l'Europe de l'Est, Avel pour la Grèce et les Balkans, Shine pour l'Asie du Sud-Est et enfin Seppic Inc. et Worldmetal pour couvrir le continent nord-américain. Mais Isaltis regarde également des dossiers d'acquisition. « L'idéal serait de nous développer sur d'autres gammes de produits, mais toujours sur des métiers de niches dans les sciences de la vie. Nous regardons de préférence les produits issus de ressources naturelles minérales ou végétales. Mais tout dépendra des opportunités », ajoute le dirigeant. Et puis, après avoir assis la structure de son groupe, le dirigeant n'exclut pas « dans une étape N+1 » de partir installer des filiales de production sur les marchés émergents pour accompagner ses plus gros clients. « Aujourd'hui, nous livrons des produits sur les cinq continents. A terme, cela deviendra compliqué de croître tout en continuant de transporter des produits à travers la planète. Il nous faudra des moyens de production locaux, notamment pour ne pas laisser la place libre à des producteurs émergents », conclut Jean-Michel Alarcon.

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