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Ipsen restructure pour atteindre les 2 Mrds € de chiffre d'affaires en 2020

Aurélie Dureuil

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Ipsen restructure pour atteindre les 2 Mrds € de chiffre d'affaires en 2020

Portefeuille de produits d'Ipsen en 2010

© Source : Ipsen

Le laboratoire français entame un repositionnement de ses activités autour de quatre marchés. Une stratégie qui passe par une spécialisation du groupe et donc par des désinvestissements.

Doubler son chiffre d'affaires, tripler son résultat opérationnel à l'horizon 2020, telles sont les ambitions d'Ipsen, dévoilées par son président Marc de Garidel la semaine dernière. Le chiffre d'affaires total devrait passer de 1,1 Mrd € en 2010 à entre 2 et 2,5 Mrds € en 2020 tandis que le résultat opérationnel (183 M€ en 2010) est attendu entre 500 et 600 M€. Atteindre ces objectifs ne se fera pas sans un repositionnement de l'activité du laboratoire français. Le dirigeant déploiera sa stratégie en deux temps. Une phase d'investissements jusqu'en 2015 sera suivie par une « croissance solide ». Marc de Garidel distingue trois axes stratégiques. A commencer par une « spécialisation accrue ». « Nous devons nous spécialiser pour mieux tirer parti des produits dont nous disposons », souligne Marc de Garidel. Les produits sur lesquels mise le dirigeant seront essentiellement le Dysport en neurologie, et la Somatuline, en endocrinologie, qui devraient voir leurs chiffres d'affaires croître sur la période, pour passer respectivement de 184 M€ à 600 voire 700 M€ et de 170 M€ à 500 voire 600 M€.

Ipsen poursuivra également son développement en uro-oncologie autour du Décapeptyl, et dans l'hémophilie. Dans ce dernier domaine, le laboratoire français compte sur son partenariat noué en 2010 avec Inspiration Biopharmaceuticals (CPH n°494), société pour laquelle Ipsen possède un droit de rachat des 53 % restants, pour « plusieurs millions d'euros voire milliard d'euros à l'horizon 2014-2015 selon les projections », indique Marc de Garidel. Cette spécialisation du laboratoire passe également par une réorganisation de son développement de médicaments autour de deux phases : le regroupement des deux segments recherche et développement jusqu'alors séparés, et les franchises, réparties autour des quatre domaines thérapeutiques et assurant les développements à partir des phases cliniques IIb. Cette spécialisation du laboratoire implique par ailleurs des désinvestissements. Ainsi, en R&D, Ipsen arrête ses programmes sur les protéines et les petites molécules et se concentre sur les peptides et les toxines où « Ipsen tient une place importante au niveau mondial et est peu exposé aux génériques », souligne le président. Six projets de recherche seront stoppés. De même, Ipsen avait annoncé la semaine dernière l'arrêt du développement de son anticancéreux Irustat en monothérapie. Ce produit a fait l'objet d'essais cliniques de phase II, I/II et trois études débutaient dans différentes indications. Par ailleurs, en endocrinologie le programme Coadministration hormone de croissance humaine recombinante + IGF-1 en phase II sera arrêté. Ipsen fermera également son centre de R&D de Barcelone qui compte une centaine de personnes. Toujours dans cette volonté de spécialisation accrue, Ipsen va chercher des partenaires pour une « optimisation commerciale de l'endocrinologie pédiatrique ». Enfin, Ipsen se désinvestit de sa médecine générale, principalement en France. Dans ce domaine, le laboratoire entend poursuivre sa « stratégie de croissance », notamment dans les pays émergents. Par contre, en France le groupe va chercher un partenaire pour le développement des médicaments commercialisés et céder son site de production de Dreux

Un développement aux États-Unis

Deuxième axe de cette stratégie 2011-2020 : investir pour croître. Ipsen entend « utiliser tous les leviers pour permettre au Dysport et à la Somatuline d'atteindre tous leurs potentiels ». Pour ces deux produits, le groupe identifie les États-Unis comme moteur de croissance. Dans le domaine de l'uro-oncologie, Ipsen mise sur le Decapeptyl et le Tasquinimod, pour lequel il a conclu un partenariat avec Active Biotech en avril. Enfin, dans l'hémophilie, le laboratoire attend beaucoup du partenariat avec Inspiration pour se positionner sur « un marché de 8 Mrds $, aux marges élevées », avec notamment deux produits en phase III (OBI-1 et IB1001). Enfin, le dirigeant entend « tirer parti de notre présence mondiale » (115 pays). Aux États-Unis, il prévoit de se focaliser sur les deux produits clés Dysport et Somatuline. « Aujourd'hui nous perdons de l'argent. Mais nous voulons y rester et croître dans le pays », indique Marc de Garidel. Pour les autres produits, le laboratoire devrait chercher des partenaires. Autres zones géographiques sur lesquelles Ipsen veut se développer : les pays émergents. Une stratégie qui vise notamment à « mieux exploiter la présence d'Ipsen » dans ces pays, selon le dirigeant.

Site de production cherche repreneur

En France, le site de Dreux, berceau historique d'Ipsen, cherche officiellement un façonnier pour la reprise de sa partie industrielle. L'activité de 350 personnes produit des médicaments de médecine générale comme Smecta, Forlax... Spécialisé dans la fabrication de sachets, le site affiche des capacités annuelles de 900 M de sachets, 660 M de comprimés, 200 M de gélules et 6 M de flacons. Marc de Garidel estime possible de faire croître les capacités du site de 20 %. Si les discussions ne sont pas entamées selon Christophe Jean, directeur Opérations au Comité exécutif, un accord pourrait être trouvé dans les 6 à 18 mois avec un acteur « plus ou moins important », précise-t-il. Ipsen conserverait quatre sites de production : en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Chine, selon Christophe Jean. Le groupe ne quitte néanmoins pas totalement Dreux. La partie développement pharmaceutique (250 personnes) devrait faire l'objet d'un investissement de plus de 20 M dans les deux ans pour la construction d'un bâtiment afin d'en faire « le centre d'excellence d'Ipsen au niveau mondial en matière de développement pharmaceutique ».

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