Nous suivre Industrie Pharma

Investissements d'avenir : Une opportunité pour la pharmacie

Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

, ,
Investissements d'avenir : Une opportunité pour la pharmacie

© © IMT

Alors que les appels à projets dans le cadre du Grand Emprunt se succèdent, les acteurs du secteur de la santé et des biotechnologies se positionnent. L'occasion d'accélérer la valorisation industrielle des recherches académiques.

« L'industrie de la santé et des biotechnologies doit progressivement se développer et permettre à la France de valoriser ses forces académiques et industrielles sur un marché en plein essor ». Afin de répondre à cet objectif, le secteur Santé et biotechnologies bénéficie d'un programme spécifique dans le cadre des Investissements d'avenir, lancés en décembre 2009 par le gouvernement. Au total, une enveloppe de 1,55 milliard d'euros, gérée par l'ANR, est allouée au secteur (hors Instituts hospitalo-universitaires). 7 autres groupes peuvent aussi concerner partiellement les acteurs du secteur qui ont ainsi pu postuler pour les Équipements d'excellence (EquipEx), Laboratoires d'excellence (LabEx), IRT-IEED, Initiatives d'excellence, etc. (voir tableau). Alors qu'une partie des appels à projets ont débuté depuis juin 2010, les premiers résultats ont été publiés en ce début d'année. Ainsi, pour les EquipEx, sur les 52 projets retenus, 15 concernent le secteur de la Biologie-santé. Des projets portés par le CHU d'Amiens, le CEA, l'Inserm, ou encore le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) de l'université de Lyon sont sélectionnés. Si les industriels ne sont pas mentionnés dans les porteurs de ces projets, Pierre Teillac, président de l'Alliance pour la recherche et l'innovation des industries de la santé (Ariis), y voit une opportunité pour les industriels de « s'impliquer considérablement », notamment dans les techniques de diagnostic.

Au sein du programme Santé et biotechnologies, plusieurs appels à projets ont été lancés successivement en 2010. Le premier concerne les Cohortes qui « permettent d'étudier les déterminants biologiques, sociaux, comportementaux, économiques et environnementaux de la santé, mais également, de comprendre l'évolution des maladies et d'étudier l'interaction entre facteurs génétiques et environnementaux. A terme, ces études à grande échelle permettront d'optimiser les politiques de santé publique et les pratiques médicales, et de positionner la France au meilleur niveau international », selon le Commissariat général à l'investissement. Au total, 10 projets ont été retenus et recevront 200 millions d'euros. Portés principalement par des organismes publics de recherche et des universités, ils concernent des pathologies comme les cancers, la sclérose en plaques, les maladies rares, etc. Un autre appel à projets a concerné les Infrastructures nationales en biologie-santé afin de « permettre le développement des infrastructures d'envergure nationale en biologie et en santé et d'accélérer la mise en œuvre des feuilles de route nationale et européenne des très grandes infrastructures de recherche en sciences du vivant ». 9 projets ont été dotés de 220 M€. Là encore, les porteurs de projets sont issus du public. Pourtant, Pierre Teillac identifie pour ces deux projets des possibilités pour les industriels « d'accélérer leur recherches en exploitant les données issues de ces biobanques. En effet, les biobanques ne peuvent pas appartenir à des industriels. Il faudra une très bonne corrélation entre les Cohortes, les infrastructures nationales et les industriels pour que ces derniers puissent voir où il y a des lacunes, où les traitements se déroulent bien, etc. ». Pour les projets Bio-informatique et Nano-technologie, dont les résultats étaient attendus en avril, le président de l'Ariis y voit « des outils très importants » pour l'industrie de la santé. Toujours dans le programme santé biotech, l'appel à projets Démonstrateurs pré-industriels a permis de doter 2 projets de 20 M€ chacun. Le premier, PGT, est porté par le Généthon-Inserm et concerne la production de vecteurs viraux. Le second, TWB, issu de l'Inra, propose la mise en œuvre d'une plateforme pour le développement de procédés biotechnologiques. Ce projet soutenu par le pôle Cancer-Bio-Santé n'est pourtant pas « uniquement santé », comme le précise Jean-Pierre Saintouil, directeur général du pôle. Au total, le pôle a soutenu 10 projets.

Des appels à projets à venir

 

Les acteurs du secteur de la santé ont par ailleurs été concernés par les LabEx, ces laboratoires seront dotés de « moyens significatifs pour leur permettre de rivaliser dans les meilleures conditions avec leurs homologues étrangers, d'attirer des chercheurs et des enseignants-chercheurs de renommée internationale et de construire une politique de recherche, de formation et de valorisation de haut niveau ». Au total, une enveloppe de 1 Mrd € sera distribuée à 100 projets de LabEx. 23 concernent le secteur de la Biologie-Santé. « Il s'agit de réseaux auxquels participent les industriels », précise Pierre Teillac. Les financements qui n'ont pas encore été détaillés concernent notamment le LabEx MAbImprove porté par le Pres Centre-Val-de-Loire Université. Il vise à « travailler sur les effets des anticorps », indique Franck Teston, responsable du projet. Soutenu par Polepharma, le projet qui associe entre autres les universités de Tours, Orléans et l'IMT, s'intéressera à la « création d'agrégats d'anticorps pour comprendre comment cela fonctionne et cela influe sur le traitement de pathologies », détaille Patrick Hibon de Frohen, directeur général de l'IMT. En complément de ce projet, les partenaires envisagent de présenter un projet complémentaire au Pôle d'excellence. L'Institut des biomédicaments et des cosmétiques du Centre (IBC) pourraient accueillir les formations prévues dans MAbImprove ainsi que de nouvelles formations. Ce projet comprendrait un plateau technique ainsi qu'un pôle d'hébergements des étudiants. Enfin, les acteurs du secteur de la santé se positionnent pour les Sociétés d'accélération de transfert de technologie (SATT), les IRT et les Instituts Carnot. « Nous comptons beaucoup sur les SATT, confie Pierre Teillac (Ariis). Concernant les IRT, nous devons positionner le secteur au niveau des filières économiques en France ». Outre la première vague de financements, les acteurs de la filière se préparent pour répondre à de futurs appels à projets. A l'exemple de Polepharma qui soutient le projet BIOGalenic Expert, une plateforme dédiée au développement galénique des bioproduits, à Dreux. « Nous venons de confier à Alcimed la réalisation d'une étude afin de confirmer le manque que nous avons identifié dans le développement de la formulation des biomolécules », confie Fabien Riolet, directeur général de Polepharma. Les résultats attendus en juillet permettront de préciser le business model et de l'orienter pour correspondre à un des deux appels à projets identifiés par Fabien Riolet.

Les acteurs du secteur de la santé semblent donc fortement concernés par les Investissements d'avenir. Une opportunité pour la France. « Nous avons pris du retard sur les biotechnologies, soit on le considère irrémédiable, soit on en fait un atout. Finalement, nous n'avons pas essuyé les plâtres des développements. Nous pouvons maintenant être plus vite sur les bons coups, mieux nous positionner, etc. Les Investissements d'avenir constituent d'ailleurs une vraie prise de conscience du gouvernement de l'importance de ce secteur », analyse Fabien Riolet (Polepharma). Pierre Teillac de l'Ariis y voit « un énorme coup d'accélérateur à la valorisation, notamment dans les domaines de l'oncologie, des infectieux, et des technologies. Les Investissements d'avenir vont également permettre de montrer au plan international le dynamisme d'une recherche d'excellent niveau en France ».

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Les Philippines poursuivent Sanofi pour le Dengvaxia

Les Philippines poursuivent Sanofi pour le Dengvaxia

Le gouvernement philippin a annoncé, le 1er mars, son intention d'engager des poursuites contre des responsables de Sanofi Pasteur pour « négligence grave ayant entraîné la mort » concernant le[…]

Nouvelles recommandations de l'ANSM pour les médicaments à base d'argile

Nouvelles recommandations de l'ANSM pour les médicaments à base d'argile

Scott Gottlieb, le n°1 de la FDA démissionne

Scott Gottlieb, le n°1 de la FDA démissionne

Délais raccourcis pour les essais à design complexe et thérapie innovante

Délais raccourcis pour les essais à design complexe et thérapie innovante

Plus d'articles