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Investissement d'avenir : Lyonbiopôle crée un IRT d'infectiologie

À LYON, CHRISTIAN GUYARD

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ACCINOV SE DÉVELOPPE SUR 6 000 M2

A proximité de l'immeuble Domilyon qui abrite le centre d'infectiologie, la plateforme acCInov occupera un bâtiment de 6 000 m2, construit dans le même esprit d'hôtel pour accueillir quelques années des start-up et PMI. La surface est répartie en 3 zones : une zone de bioproduction de 1 110 m2 (lignée cellulaires, protéines recombinantes, anticorps monoclonaux... ) surmontée de deux étages de plateaux techniques de 2 040 m2 avec bureaux et une vingtaine de laboratoires d'analyse biologique. L'ensemble sera opérationnel en juin 2013.

Investissement d'avenir : Lyonbiopôle crée  un IRT d'infectiologie

PRÉPARATION D'ÉCHANTILLON CHEZ PX'THERAPEUTICS, DANS LES LOCAUX DU CENTRE D'INFECTIOLOGIE.

© © Lyonbiopôle

Un Institut de Recherche Technologique en infectiologie ? Quand on parle technologie, on ne pense pas spontanément à l'infectiologie. C'est pourtant le défi que veut relever Lyonbiopôle. En argumentant sur le fait que l'IRT ne serait pas une création mais la prolongation des efforts développés depuis 2005 et que toutes les parties prenantes, industrie, universités et recherche, collectivités locales sont main dans la main pour créer de la valeur localement, à destination mondiale.

La présentation à la presse du projet d'Institut de Recherche Technologique IRT, mi-janvier, a été une démonstration de la cohésion des partenaires : Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon et président du Grand Lyon, Philippe Archinard, président de Lyonbiopôle, Michel Lussault, président de l'Université de Lyon, Alain Mérieux, président de l'Institut Mérieux, et d'autres partenaires, comme François Martin, directeur du centre d'infectiologie. Gérard Collomb a insisté sur la capacité à agir ensemble des partenaires de la recherche, de l'industrie et des collectivités locales comme le prouvent des projets en cours. Il a souligné la dimension structurante de ce projet pour l'agglomération lyonnaise qui réorganise ses hôpitaux. Michel Lussault, en géographe, insistait sur le « climat lyonnais » original depuis plus d'un siècle (Mérieux, mais aussi autres activités industrielles), la proximité de Saint-Étienne (métropole Lyon-Saint-Etienne) et le rôle essentiel de la localisation, de la proximité pour développer de la confiance autour de projets partagés. Les études menées ont montré le potentiel lyonnais en recherche (École Normale Supérieure, Inserm), en formation de très haut niveau, en valorisation et production. Pour Michel Lussault, « Lyon est un des quelques sites mondiaux qui comptent en infectiologie un "hub" localisé, mais très ouvert et attractif. » Le projet est très lisible, articulé avec l'Institut Pasteur de Paris pour la souchothèque ; la densité de PME est élevée. Alain Mérieux a rappelé que l'investissement en bioproduction est compétitif au niveau mondial, qu'il n'y a donc pas à le délocaliser et surtout qu'il est essentiel de conserver les centres de décision et de fabrication dans son pays. Une exigence guidée par les longs délais de développement et la durée de fabrication de ces produits sur plusieurs décennies. Il soulignait aussi l'importance de développer les entreprises de taille moyenne, « faire en sorte que plus de sociétés, grâce aux outils locaux du futur IRT, aillent plus loin dans la chaîne de valorisation, ne fassent pas seulement du développement qui profite à d'autres. » Or aujourd'hui, nombre de PME n'ont pas les plateformes techniques pour pousser leurs idées plus loin donc grandir et capitaliser de l'expérience.

Le contexte général de la santé est aussi en évolution : le dogme de ces dernières années, avec des "big pharmas" à la recherche de blockbusters, qui achètent un brevet ou une société, est remis en cause. L'IRT se veut un projet en rupture, basé sur une approche collaborative et interdisciplinaire avec une forte implication des PMI immergées dans les collaborations entre recherche publique et industrielle. Un nouveau schéma de création de valeur se met en place.

Des retombées économiques dans 3 à 5 ans

L'IRT basé à Lyon fera appel à la souchothèque de l'Institut Pasteur à Paris. Il se décline en cinq plateformes : 1) connaissance et caractérisation des pathogènes, 2) caractérisation et monitoring de la réponse - statut de l'hôte, 3) bioproduction par le design, conception de la production 4) développement de produit et prototypage 5) management des données. Le programme immobilier envisagé en deux tranches représentera une surface de l'ordre de 40 m2 sur le site de Gerland, auxquels s'ajoutent près de 4 000 m2 à l'Institut Pasteur de Paris, les deux sites étant très complémentaires. Le budget visé est de l'ordre de 400 M€. Les retombées économiques et industrielles devraient intervenir dans un délai de 3 à 5 ans.

La proposition d'IRT peut surprendre, l'infectiologie n'étant pas a priori une technologie. Mais localement, les idées sont claires, tant sur l'opportunité que sur les moyens. Opportunité car les maladies infectieuses sont toujours une réalité et se développent ; d'autre part, 70 % des infections sont d'origine animale, or Lyon est bien dotée en compétences animales (école vétérinaire, sociétés de production). Les porteurs du projet situent les enjeux : 14 millions de décès par an dans le monde dus aux maladies infectieuses à 90 % dans les pays en développement ; 1,4 million d'infections nosocomiales par jour dans le monde ; 1,77 million de morts par tuberculose en 2007 ; des pathogènes émergents et ré-émergents (grippes, hépatites, etc). Les enjeux sont autant au Nord qu'au Sud et les deux sont très liés avec l'accroissement des mouvements de population !

Le marché des maladies d'origine infectieuse recouvre les tests diagnostics, les biothérapies et vaccins, les molécules anti-infectieuses. D'un point de vue économique, le retour sur investissement de la R&D en infectiologie est bien meilleur qu'en pathologie classique avec des taux de succès en développement de 24 à 28 %. L'IRT vise deux types de marchés à fort potentiel de croissance : les services biopharmaceutiques (nouvelles technologies de R&D et bioproduction) et les produits de lutte contre les maladies d'origine infectieuse avec une dimension de personnalisation des thérapies.

L'IRT renforcerait les moyens en place et en développement (plateforme acCInov de 6 000 m2 en construction). Depuis 2005, 75 projets de R&D collaboratifs pour un montant de 439 M€ (à 40 % public) ont été menés à Lyonbiopôle. Dont certains en infectiologie, dont le centre a été initié dès 2005 lors de la labellisation du pôle et a ouvert ses portes en avril 2009 sous la forme d'un hôtel à projets de près de 2000 m2 pour accueillir des sociétés pour 2 à 3 ans. Cet espace est réparti en 7 modules comprenant chacun 2 laboratoires P2, un laboratoire à empoussièrement contrôlé (les poussières sont vecteurs des bactéries et virus), un laboratoire de chimie analytique. A cela, s'ajoutent trois laboratoires P3 et deux P2, des locaux communs à accès contrôlé pour des équipements courants (congélateurs), un local informatique et toute la partie technique de traitement d'air et fluides. Les occupants actuels sont le laboratoire Inserm U 851, Finovi, Platine (plateforme européenne d'immunomonitoring), Transgène, IM Access, PX Therapeutics, Biomnis. Le choix des IRT interviendra en avril ; retenue ou pasn la dynamique infectiologie est lancée à Gerland et donnera lieu à des investissements.

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IRT, UN OUTIL D'EXCELLENCE DÉDIÉ

Les Instituts de Recherche Technologique ont été conçus dans le cadre de l'action Investissement d'avenir (ex Grand Emprunt, loi de finances rectificative pour 2010). Ces instituts thématiques interdisciplinaires rassemblent les compétences de l'industrie et de la recherche publique dans une logique de co-investissement public-privé pour renforcer les écosystèmes constitués par les pôles de compétitivité. Autres exigences : couvrir l'ensemble du processus d'innovation depuis la recherche jusqu'à la démonstration et au prototypage industriel et veiller à la valorisation économique des travaux. Tout ceci au meilleur niveau international. Il ne s'agit pas de faire une structure de plus, mais de créer une démarche, avec une localisation bien identifiée pour favoriser les échanges directs entre recherche, industrie, commercial, entreprises grandes et petites et in fine la réactivité. Globalement, l'État prévoit une enveloppe de 2 milliards € aux IRT sur 10 ans (25 % consomptibles). La lutte sera dure car il est prévu 4 à 6 IRT. Résultats, courant avril.

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