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« Investir sur le site français pour le redynamiser »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

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Arrivé à la tête de la filiale française de VWR International depuis une douzaine d'années, Daniel Wiezmann a travaillé sur le positionnement du site de production de Briare-le-Canal. En 10 ans, 17 M€ ont été injectés sur le site dont la production a plus que doublé.

Pouvez-vous présenter la filiale française de VWR ?

Daniel Wiezmann : Notre métier est d'être un distributeur de produits et équipements scientifiques pour le laboratoire. Nous avons également une activité de prestations de services associés. Nos clients sont les laboratoires de recherche et d'analyses biomédicales. Nous comptons par ailleurs une activité de conditionnement de réactifs pour le laboratoire, ce qui fait notre spécificité sur le marché de la chimie en France. Dans l'Hexagone, nous comptons 575 collaborateurs. Nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 247,9 millions d'euros en 2015. Nous comptons 23 000 clients donneurs d'ordres et 887 fournisseurs pour la France. Nous avons deux sites principaux : le siège à Fontenay-sous-Bois œndlr, Val-de-Marneæ et notre usine à Briare-le-Canal œndlr, Loiretæ.

 

Justement, sur votre site de Briare, vous avez multiplié les investissements ces dernières années...

D.W. : Effectivement. Il y a 12 ans, le site de Briare-le-Canal était en devenir. C'était un site qui ne produisait pas assez. Il n'y avait pas eu d'investissement depuis près de 10 ans. La situation était très difficile. Il a fallu convaincre l'actionnaire américain de VWR qu'il ne fallait absolument pas fermer ce site mais plutôt réinvestir. Ainsi, depuis 2002, le site a reçu d'énormes investissements, au total 17 M€. Il est reparti dans une bonne dynamique. Nous sommes très fiers en tant que Français du résultat. Nous sommes considérés comme un site vitrine au sein du groupe.

 

Pouvez-vous détailler ces investissements ?

D.W. : Nous avons beaucoup investi en automatisation des machines. En 2002, nous avons commencé par un investissement de 5,3 M€ pour la logistique. Puis, entre 2007 et 2008, 4,1 M€ ont été consacrés à la production des produits inflammables et à la sécurité. Entre 2013 et 2014, nous avons procédé à plusieurs extensions de la production et du magasin pour des montants d'environ 1 M€. La dernière extension en 2015 a concerné la production toujours avec un montant de 3,9 M€. Les travaux démarrent cet été. Nous sommes en cours de planification de futurs investissements. Près de la moitié de ces investissements concernent la sécurité et le réglementaire. Ainsi, dans le Loiret, nous sommes plutôt montrés comme un site pilote par les autorités.

 

Quelle est aujourd'hui l'activité de Briare ?

D.W. : La production a plus que doublé pour passer de 1,12 million d'unités en 2004 à 2,7 millions d'unités en 2015. Et cette année, nous dépasserons les 3 millions d'unités. Il s'agit d'un centre de distribution et de conditionnement de produits chimiques. Nous avons également procédé à des embauches. Nos effectifs ont augmenté de 113 employés en 2013 à 142 personnes en 2015. L'activité concerne le conditionnement de réactifs liquides (solvants, acides...) dans des packagings allant d'un demi-litre à 1 000 litres. Nous disposons d'un catalogue d'environ 1 200 molécules.

 

Quels sont les marchés servis ?

D.W. : Nous avons beaucoup développé l'export. Il y a 10 ans, 70 % de la production étaient distribués sur le marché français et l'export concernait la Belgique et le Royaume-Uni. Aujourd'hui, la France ne représente plus que 30 % du chiffre d'affaires. Nous n'avons pas réduit les volumes en France, mais nous exportons dans de nombreux pays. La majorité de la production s'écoule en Europe, mais nous allons également vers les États-Unis, l'Inde, l'Australie, la Chine...

 

Le groupe VWR a également entamé depuis quelques années une stratégie de croissance externe avec trois objectifs. Le premier concerne l'expansion géographique. Quelle est la couverture internationale de VWR ?

D.W. : Depuis 2007, le groupe a procédé à de nombreuses acquisitions pour un montant total de 650 M$. Plusieurs objectifs ont été suivis. Il y a d'abord les opérations pour entrer sur un territoire ou renforcer notre présence. Au total, on dénombre une quinzaine d'opérations de croissance externe dans cet axe stratégique. Aujourd'hui, nous avons des filiales dans 35 pays et nous exportons dans 134 pays. Notre chiffre d'affaires est réalisé à 55 % aux États-Unis. La France est la 3e filiale derrière les États-Unis et l'Allemagne.

 

Le deuxième objectif de votre stratégie de croissance concerne le portefeuille de produits. Quelles sont les évolutions ?

D.W. : D'autres opérations visent à renforcer notre offre « produits ». C'est le cas de Labonord en France et sa filiale Switch en Belgique, acquis en 2012. Et plus récemment de Hichrom au Royaume-Uni, en avril 2015. VWR possède le plus large choix de produits au monde. Nous comptons 1,5 million de références et plus de 4 000 fournisseurs. Nous sommes une société très orientée vers les consommables. Ils représentent 45 % de notre portefeuille. Viennent ensuite les réactifs chimiques, qui comptent pour 28 % de notre chiffre d'affaires. Nous avons également des équipements et instrumentation (18 %), puis des services (4 %).

 

VWR a entamé une diversification de ses activités. Pouvez-vous détailler cette stratégie ?

D.W. : Depuis 2011, VWR a orienté ses acquisitions vers l'univers de la production, avec une douzaine d'opérations dans ce sens. Une stratégie qui s'est intensifiée depuis avril 2012 avec le rachat de Basan. Rien qu'en ce début d'année 2016, nous avons acquis Therapak aux États-Unis, et sa filiale au Royaume-Uni, en janvier, puis JM Separations aux Pays-Bas. Enfin, début juillet, c'est PAW BioScience Products qui est passé dans le giron de VWR.

 

Historiquement, VWR est connu pour son activité pour le laboratoire. Pourquoi ce virage vers la production ?

D.W. : Nous évoluons sur un marché où il existe deux acteurs mondiaux dans la distribution pour le laboratoire. Tous nos autres concurrents sont locaux et spécialistes. Sur un marché potentiel de 51 Mrds $, nous réalisons un chiffre d'affaires de 4,3 Mrds $. Nous avons d'abord développé notre gamme de produits pour le laboratoire, puis nous avons ajouté le service. Aujourd'hui, nous pouvons aller jusqu'à vendre et installer des laboratoires complets pour lesquels nous sommes maître d'oeuvre. Une des stratégies depuis 10 ans a été d'entrer dans la production. Et maintenant sur les bioprocess. Dans la production, nous avons une croissance à deux chiffres depuis 7 à 8 ans.

VWR France en chiffres

- 550 collaborateurs - 5 implantations : siège à Fontenay-sous-Bois, usine à Briare-le-Canal, et trois bureaux à Pessac (33), Strasbourg (67) et Seclin (59). - 247,89 M € de chiffre d'affaires en 2015 - 2,73 M unités de produits chimiques fabriquées en 2015 - 23 000 clients - 887 fournisseurs

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