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Inventiva s'émancipe d'Abbott

Aurélie Dureuil

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Chiffres clés

- 80 employés

- 12 000 m2 de laboratoires

- Objectif de CA en 2017 : 15 M€

Inventiva s'émancipe d'Abbott

Frédéric Cren, p-dg

© Inventiva

Créée en septembre dernier, la jeune société entend se positionner comme un partenaire de recherche pour l'industrie pharmaceutique. Elle bénéficie d'une expertise dans les régulateurs de transcription du génome.

Une jeune société innovante avec une histoire de près de 15 ans couronnée de succès, c'est ainsi que Frédéric Cren, p-dg, présente Inventiva. Car si la société a vu le jour en septembre 2012, elle possède un fort bagage. Inventiva ne part pas de rien. Elle s'est formée à partir de l'activité R&D des anciens Laboratoires Fournier, qui sont passés dans les mains de Solvay avant de finir dans celles d'Abbott en 2010. Dès 2011, le laboratoire américain annonce son intention de céder ces activités de R&D. C'est alors que Frédéric Cren, ancien directeur général de la recherche des Laboratoires Fournier et son associé Pierre Broqua, précédemment directeur de la recherche du site des Laboratoires Fournier à Daix (Côte-d'Or), décident de se lancer dans l'aventure. Inventiva débute ainsi son activité, avec un effectif de 80 personnes et un pipeline fourni, autour d'une expertise sur les récepteurs nucléaires et les facteurs de transcription. « Notre vocation est de mettre en place des programmes de recherche en partenariat avec des sociétés pharmaceutiques sur des cibles innovantes qui nous mèneront jusqu'en phase clinique, stade à partir duquel notre partenaire prendra en charge le développement », détaille Frédéric Cren, p-dg et cofondateur. Son associé Pierre Broqua est, lui, directeur de la recherche d'Inventiva. Les deux cofondateurs entendent capitaliser sur l'association d'expertises dans la pharma et dans la biotech afin de développer en propre des molécules jusqu'aux phases précoces mais aussi de proposer des services de recherche, notamment de screening à haut contenu biologique, aux industriels et aux laboratoires académiques.

D'Abbott, la société a hérité d'une librairie de 230 molécules qu'elle entend mettre à la disposition de partenaires extérieurs mais aussi utiliser pour la découverte en propre. Outre son expertise dans les domaines thérapeutiques des maladies métaboliques, neurodégénératives et immuno-inflammatoires, Inventiva a renforcé ses compétences dans les aires thérapeutiques de l'oncologie et des fibroses. « Nous avons débuté nos recherches sur les récepteurs nucléaires depuis de nombreuses années. Le récepteur nucléaire est une protéine localisée au niveau du noyau et qui permet la transcription des gènes. Il agit comme un régulateur de la transcription du génome », détaille Pierre Broqua. Avec cette connaissance sur les mécanismes de la transcription, Inventiva se penche sur l'observation des gènes qui peuvent être inhibés ou activés par un défaut de transcription, dans de nombreuses pathologies. « Notre travail consiste à trouver des molécules chimiques avec une action sur ces protéines afin de pallier à ce défaut de transcription », indique le directeur de la recherche d'Inventiva.

Deux programmes avec Abbott

 

La société a déjà des molécules en développement. Inventiva possède ainsi une molécule en phase II d'essais cliniques dans le traitement du diabète et une en phase préclinique avancée dans la maladie de Parkinson. « Pour ces deux candidats médicaments, notre objectif est de trouver rapidement des partenaires », confie Frédéric Cren. La société travaille également autour de trois programmes dans la maladie d'Alzheimer, l'oncologie et les fibroses avec comme objectif de « continuer à travailler en interne tout en prospectant des partenaires potentiels », détaille le dirigeant. Enfin, avant de partir, Abbott a démontré sa confiance dans l'équipe d'Inventiva. Le laboratoire a ainsi signé un partenariat de cinq ans pour deux programmes dans les maladies auto-immunes et la néphropathie diabétique. Dans le premier programme, l'équipe d'Inventiva devra identifier des candidats pré-cliniques pour le traitement de maladies auto-immunes. Le deuxième programme concerne la validation pharmacologique d'une cible pour le traitement de la néphropathie diabétique et l'entrée au stade d'optimisation du lead. « Abbott considère que nous possédons les connaissances nécessaires notamment sur les facteurs de transcription, ajoute Pierre Broqua. Les coûts fixes sont couverts par Abbott qui nous versera ensuite des milestones en fonction de critères établis ». L'accord de cession comprend par ailleurs la couverture pendant cinq ans des frais de fonctionnement de la société. « Cet accord nous sécurise pendant les cinq prochaines années. Nous allons utiliser cette période pour construire notre société avec l'objectif de trouver trois à quatre partenaires supplémentaires dans ce délais et d'enregistrer un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros en 2017 », ambitionne Frédéric Cren.

Une croissance qui reposera également sur le laboratoire de 12 000 m2 situé à Daix. La jeune société y dispose de quatre unités de biologie, chimie, pharmacocinétique et pharmacologie. « Une des forces du site est d'être présent sur toutes les phases de recherches. De plus, nos équipes sont composées de docteurs et de techniciens de laboratoire avec une forte connaissance du métier de chercheurs. Ils ont en moyenne 15 ans d'expérience dans ce métier, ce qui procure un grand avantage dans l'application des process et standards de l'industrie pharmaceutique », se félicite Frédéric Cren. Le site a par ailleurs bénéficié d'investissements ces dernières années. « En moyenne, 1,5 million d'euros ont été investis chaque année sur le site depuis 2006, notamment dans des laboratoires de niveau 2 et dans un système robotisé de stockage de la chimiothèque », précise le dirigeant. Les deux partenaires semblent ainsi avoir toutes les cartes en main pour faire prospérer une activité dont les laboratoires traditionnels n'ont pas voulu...

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