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Interview : François Loos: « Il faut encore intensifier les efforts de R&D dans la chimie »

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Alors que la deuxième réunion du Conseil d'orientation stratégique des industries chimiques (Cosic) vient de se tenir, François Loos, ministre délégué à l'Industrie, fait le point sur l'avancée des travaux menés par les industriels et le gouvernement. Il répond aussi aux interrogations des industriels sur le prochain Plan national d'allocation des quotas d'émissions de gaz à effet de serre (PNAQ 2).
Chimie Pharma hebdo: Quel bilan tirez-vous du dialogue qui s'est instauré entre les industriels de la chimie et le gouvernement ces derniers mois ? François Loos : Le bilan est très positif et le dialogue est de qualité. On réunit les industriels de la chimie et l'ensemble des parties prenantes à ce secteur: parlementaires, clients, syndicats, partenaires publics de R&D, pouvoirs publics et cela donne un véritable échange, déjà fructueux, sur l'avenir du secteur. Lors de la première réunion du Cosic, en novembre dernier, nous avions arrêté plusieurs initiatives. Depuis, l'ensemble des projets a été entrepris, dans le calendrier prévu. Les décisions annoncées, ressortant pour beaucoup du rapport Garrigue, ont été mises en œuvre: le lancement des pôles de compétitivité du secteur chimie, l'organisation du Prix Pierre Potier pour “l'innovation en chimie au service de l'environnement”, avec la profession et la Société française de chimie, le lancement d'une campagne de communication sur l'image de la chimie et la signature du consortium sur les électro-intensifs, pour ne citer que quelques exemples. Le projet de réglementation Reach est en deuxième lecture au Parlement européen. Êtes-vous satisfait des modifications du texte? Y-a-t-il des points sur lesquels vous souhaiteriez voir apporter de nouveaux changements ? Le texte issu du Conseil est un bon compromis, qui intègre la majeure partie des demandes françaises. Il faut voir comment la deuxième lecture au Parlement va le faire évoluer, mais j'ai le sentiment que tout le monde souhaite aboutir assez vite sur ce dossier. Maintenant, l'enjeu d'avenir, c'est que notre industrie soit bien préparée à Reach: celui qui se prépare le mieux à une bonne application du règlement bénéficiera forcément d'un avantage compétitif. C'est pourquoi nous avons mis en place avec l'UIC l'opération “Visa Reach” qui va préparer 800 PME sur deux ans. Nous avons aussi mis en place un groupe de travail, sous la houlette du ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, pour identifier les besoins en écotoxicologie et disposer en temps utile des compétences nécessaires. L'UIC s'est récemment inquiétée d'une éventuelle réduction des quotas d'émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre du PNAQ 2, portant sur la période 2008-2012. Comment réagissez-vous à ces inquiétudes ? La définition du PNAQ 2 est dans sa phase ultime de préparation avec une proposition complète qui est soumise à consultation publique actuellement. Toutes les industries ont naturellement vocation à répondre à cette consultation et nous verrons à l'issue, avec le ministère en charge de l'Écologie, ce que nous notifierons à Bruxelles. L'industrie en général, et la chimie en particulier, a bien joué le jeu de la réduction des émissions dans la période passée, et cela est unanimement reconnu. Le plan proposé par les pouvoirs publics en tient d'ailleurs compte: il prévoit une augmentation des émissions de l'industrie entre aujourd'hui et 2008-2012. Cette augmentation est de 10 % pour les combustions de la chimie, alors que les émissions globales de la France devront rester stables. L'accès à l'énergie à des prix compétitifs est une préoccupation importante des industriels. Vous avez contribué à la création du consortium des électro-intensifs. Ses fondateurs ont toutefois souligné que l'intérêt de ce consortium dépendait du niveau des offres remises aux industriels. Où en est-on sur ce point ? C'est vrai, je me suis beaucoup engagé, notamment lors du vote de la loi de finances rectificative l'an dernier, pour que l'on trouve un processus de marché qui permette aux électro-intensifs d'accéder à des prix compétitifs. C'est indispensable, car je suis convaincu que ces industries, au même titre que la chimie, ont un avenir sur notre territoire. Le cadre légal a été mis en place, les choses ont avancé. Grâce à l'énergie déployée par les industriels, le consortium Exeltium est créé et a lancé son appel d'offres auprès des producteurs. Pour ce qui est du niveau des offres, l'issue du processus d'appel d'offre le dira: nous sommes dans un processus de marché. Vous vous êtes fortement impliqué dans la relance de l'innovation du secteur, que vous jugiez insuffisante il y a quelques mois, lors des rencontres parlementaires “Chimie et société”. Estimez-vous que le message est passé ? Effectivement, une prise de conscience et une dynamique se mettent en route. Le bilan des pôles de compétitivité du secteur chimie, l'existence d'un dossier ayant trait à la chimie parmi les projets A2I (Biohub porté par Roquette sur les bioemballages) en témoignent. Au total, 55 millions d'euros de soutiens publics ont portés ces projets en 2006. La machine est lancée, il faut encore intensifier les efforts. Plusieurs projets stratégiques ont d'ailleurs été évoqués sur les bioemballages ou sur les nanotechnologies lors du Cosic. Le dialogue entre industriels de la chimie, la filière aval, donc les clients, et les partenaires publics de R&D est particulièrement utile: c'est en créant ces synergies, comme on le fait dans les pôles de compétitivité, qu'on renforcera l'effort de R&D du secteur. Propos recueillis par Cédric Ménard

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