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Aurélie Dureuil

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Joël Crouzet, directeur général et cofondateur d'InnaVirVax.

© InnaVirVax

La société implantée au Genopole s'est créée autour de la découverte d'une dérégulation du système immunitaire. Des résultats qui ont permis de développer un vaccin thérapeutique destiné aux patients victimes du VIH

«Aujourd'hui dans le traitement du VIH (virus de l'immunodéficience humai-ne), les antirétroviraux s'attaquent au virus, mais ne l'éradiquent pas. Avec notre produit, nous nous attaquons aux conséquences de l'infection par ce virus, c'est-à-dire l'effondrement des lymphocytes T CD4. Nous protégeons ces cellules », indique Joël Crouzet, directeur général et cofondateur d'InnaVirVax. La société créée en mars 2008 s'appuie sur « une découverte de rupture » issue des travaux de Patrice Debré et Vincent Vieillard, au sein de l'unité mixte Inserm/UPMC U945, "Immunité et infection". La rencontre des chercheurs avec Joël Crouzet, alors directeur général d'Inserm Transfert, la cellule de valorisation de l'organisme de recherche, va leur permettre de participer à la création d'InnaVirVax. « Ils ont observé une dérégulation du système immunitaire inné. Or, le VIH orchestre une dérégulation de cette même immunité », détaille le dirigeant. La société travaille à la conception et au développement d'un vaccin thérapeutique pour les malades infectés par le VIH. « Notre vaccin sera complémentaire des traitements avec des antirétroviraux. Il nécessitera une injection intramusculaire par an. Il s'agit d'éduquer le système immunitaire à produire certains anticorps afin de renforcer le système immunitaire en bloquant la chute des CD4 », souligne Joël Crouzet. La société teste actuellement son vaccin VAC3S chez l'animal afin de « voir dans un premier temps son innocuité et sa capacité à protéger les lymphocytes », indique le dirigeant. Le plan de développement de ce vaccin a été validé par l'Afssaps dans le cadre d'une rencontre "Innovation", selon la société. Joël Crouzet affiche son objectif de débuter une étude clinique de phase I d'ici à la fin de l'année, avec comme but d'amener ce candidat vaccin jusqu'en étude clinique de phase II début 2013. Afin de financer de telles études, le dirigeant confie être « en période de recherche de financements, entre 3,5 et 5 millions d'euros ». Cette levée de fonds servira également pour plusieurs autres projets plus en amont dans leurs développements. « Nous avons un biomarqueur complémentaire des marqueurs existants qui sont le taux de CD4 et la charge virale », indique Joël Crouzet. Nommé DIAG3S, il pourra être utilisé dans le pronostic de l'évolution de la maladie ainsi que la réponse aux traitements. Ce test sera ensuite licencié à un partenaire industriel du diagnostic courant 2012. « Le marché du diagnostic des tests VIH est très atomisé, aussi bien en termes d'acteurs que de tests commercialisés et des technologies utilisées. Il n'y a pas de tests prédictifs à l'évolution de l'infection. Le test DIAG3S aura une réelle utilité pour les praticiens en tant que biomarqueur permettant d'anticiper la mise sous traitement des patients évoluant plus rapidement vers le Sida », souligne le dirigeant. Un autre projet concerne une biothérapie complémentaire du vaccin VAC3S. Nommée STOP3S, elle a pour objectif de faire remonter les CD4 chez les patients en immunodéficience avancée et en échec thérapeutique. « Dans un premier temps, le candidat médicament doit être obtenu. Il sera développé jusqu'à une entrée en clinique programmée en 2014 », prévoit la société. Pour ces trois développements, InnaVirVax table sur des marchés pour VAC3S, DIAG3S et STOP3S respectivement de 690, 25 et 460 millions de dollars annuels. « L'originalité de la découverte se décline dans le caractère unique des produits développés en termes de mécanisme d'action et de réponse à des besoins médicaux non satisfaits », indique la société. Et InnaVirVax ne se limite pas aux solutions thérapeutiques dans le cadre du VIH. « La dérégulation du système immunitaire observée ouvre la voie à des interventions thérapeutiques dans d'autres maladies infectieuses et les cancers », confie le dg d'InnaVirVax.

La jeune société affiche ainsi clairement son ambition de « continuer à se développer en tant que société biopharmaceutique développant des produits thérapeutiques en clinique. Cette maturation de la société la rendra très attractive pour des partenariats ou une fusion acquisition ». Le dirigeant qui confie « commencer à approcher des laboratoires pharmaceutiques » se dit « sûr qu'à terme nous établirons un partenariat », probablement en fin d'essais cliniques de phase I-II ou en cours de phase II. Une étape décisive pour la société qui « n'a pas vocation à fournir une prestation de services » et donc ne prévoit pas d'enregistrer de chiffre d'affaires d'ici-là.

Chiffres clés

- Mars 2008 : création

- 1,6 million d'euros de subventions

- 1,1 M levé en juin 2009

- 7 salariés

- 1 licence sur 2 familles de brevets l 2 demandes de brevet

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