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Ingénierie cellulaire : Procréer sans mâle ?

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Ingénierie cellulaire : Procréer sans mâle ?

Une technique de différenciation cellulaire permet de diriger la spécialisation d'une cellule embryonnaire souche en spermatozoïde. Le Graal des amazones ?
Une technique de différenciation cellulaire permet de diriger la spécialisation d'une cellule embryonnaire souche en spermatozoïde. Le Graal des amazones ? Qu'on se rassure, la possibilité reste théorique. Des scientifiques britanniques de l'université de Newcastle et de l'Institut de recherche sur les cellules souches de Northeast England ont réussi à concevoir du sperme humain dans un labo- ratoire à partir de cellules souches embryonnaires humaines. Karim Nayernia, un des auteurs de l'étude, a décrit des cellules sexuelles mobiles. L'évocation d'un sperme artificiel dérivé d'une cellule souche, voire même demain, d'une cellule de peau d'homme comme de femme est assez inquiétante. Amusante également parce qu'on ne peut s'empêcher d'imaginer ce que serait un monde d'humains sans genre masculin. On ne peut s'empêcher de penser à la joie de ces femmes qui souhaitent enfanter sans pour autant s'embarrasser du géniteur ou encore aux amazones hostiles à toute forme de masculinité. Et les hommes dans tout ça ? Imaginent-ils que leur précieuse semence soit produite en laboratoire ? Hors des testicules donc. Et la science dans tout ça ? Quelle est la finalité de telles recherches ? Cette publication scientifique est avant tout le travail de chercheurs intéressés par les techniques de procréation médicalement assistée. Et depuis plus de 20 ans, un des axes de recherche porte sur la création de spermatozoïdes artificiels. On pensait que l'obsession de la transmission des gènes animait l'inconscient d'animaux sauvages en lutte pour leur survie. Si les hommes subissent différemment la pression du darwinisme, aucun scientifique n'avait envisagé une telle évolution de la reproduction humaine. Quid de la course finale du spermatozoïde le plus prompt à féconder ? Quid du hasard et de la nécessité ? Ces techniques entraînent des questions éthiques et soulèvent la controverse. Cela a été le cas de ce travail qui a suscité de nombreux commentaires Outre-Manche. Les scientifiques se défendent en considérant que leur technique répondait au désir d'hommes de procréer avec leurs propres gènes. Et elle soulage accessoirement les donneurs de sperme. La technique repose sur l'utilisation d'une cellule souche embryonnaire humaine. Placée dans un milieu de culture spécifique, la cellule entre en division cellulaire, selon le processus de méiose qui aboutit à la production de deux cellules contenant la moitié des chromosomes (23 chromosomes au lieu de 46). Les chercheurs ont constaté que les cellules changeaient de morphologie, avec l'apparition d'une queue, d'une tête et d'une certaine mobilité. Les cellules ont même produit des protéines spécifiques des spermatozoïdes, comme par exemple, celle responsable de l'activation et de la fertilisation d'un œuf. La caractérisation est loin d'être achevée. Le Y nécessaire au sperme mature La prochaine étape de ces travaux sera de vérifier si ces cellules sont de fait capables de féconder des ovocytes. La même expérience avait été réalisée par l'équipe de Newcastle sur des souris. La fertilisation des œufs de souris a bien abouti à la naissance de petits. Petit hic : tous les bébés souris sont morts après quelques mois. Utiliser un embryon sain et viable pour en faire un gamète, c'est quelque peu farfelu. Pour contourner cette limite, les chercheurs ont déjà annoncé qu'ils seraient en mesure dans les cinq ans de produire des spermatozoïdes à partir de cellules de peau, humaine, assurément mais sans distinction de genre. Quels sont les enseignements de cette étude ? Tout d'abord, elle permet de décortiquer le processus de spermatogénèse dans l'espoir de trouver des réponses à l'infertilité. Puis, l'idée est de générer des modèles cellulaires de recherche sur l'infertilité et sur les maladies héréditaires. Cela permettra de comprendre également comment les cellules sont affectées par les toxines, comme par exemple, chez les jeunes garçons atteints de leucémie, rendus stériles par leur thérapie. Autre enseignement assez rassurant : le « Y » sauve le genre masculin. L'équipe a bien réussi à fabriquer du sperme à partir de cellules souches embryonnaires de femmes, mais immature, ce qui laisse penser que la présence d'un chromosome Y reste indispensable à l'obtention d'un sperme mature. En attendant de comprendre le rôle du Y, la production des spermatozoïdes reste confinée dans les testicules. Nadia Timizar

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