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Ineos menace de fermer Grangemouth

Julien Cottineau

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Jim Ratcliffe va au bras de fer. Le patron d'Ineos a multiplié les déclarations dans la presse britannique début septembre au sujet d'une possible fermeture du site de Grangemouth (Écosse), le plus important complexe mondial raffinage-chimie du groupe avec ses 1 200 salariés et ses capacités de 2 millions de tonnes par an de produits pétrochimiques et chimiques. « Pour s'offrir un futur, le site a besoin de matières premières bon marché et d'une structure de coûts raisonnable. Si nous ne pouvons répondre à ces défis, nous devrons fermer », a asséné Jim Ratcliffe au Financial Times. Insistant sur le fait que Grangemouth se trouvait ainsi à la « croisée des chemins ». Dans les colonnes du Telegraph, le p-dg a ajouté que le site avait « perdu environ 200 millions de livres ces trois dernières années », et que la structure de coûts n'était pas compétitive, jugeant qu'elle était principalement plombée par des coûts salariaux trop élevés, 65 % d'entre eux étant liés aux retraites. Ces déclarations interviennent alors qu'Ineos négocie pour un vaste projet de développement et de restructuration à Grangemouth. En réalité, il semble que le géant chimique britannique, qui n'avait pas hésité au milieu de la crise de 2009 à transférer son siège social du Royaume-Uni en Suisse pour alléger ses coûts (CPH n°505), souhaite accentuer la pression qu'il exerce aussi bien auprès du gouvernement britannique et des autorités locales, qu'auprès des partenaires sociaux.

« Pression sur le gouvernement britannique et les partenaires sociaux »Le projet sur la table, évalué à 150 M£ (178 M€) selon la presse britannique, serait de fermer le plus vieux et petit des deux vapocraqueurs, et d'alimenter le plus récent et grand craqueur en éthane bon marché, tout en construisant des structures de stockage d'éthane et en aménageant les docks (CPH n°642). Un projet similaire à celui en cours sur le complexe d'Ineos à Rafnes, en Norvège, qui sera alimenté en éthane issu des gaz de schiste et importé des États-Unis dès 2015. Le groupe négocie avec les politiques pour obtenir des conditions avantageuses et des garanties pour faire de même à Grangemouth. Désormais, Jim Ratcliff insiste sur le fait que le projet ne se concrétisera pas sans une aide des pouvoirs publics car le « chèque est trop gros pour Ineos ». En parallèle, il souligne que le Royaume-Uni n'est pas un des pays les plus attractifs pour l'industrie manufacturière, fustigeant les tergiversations du gouvernement au sujet des gaz de schiste et du nucléaire qui permettraient d'alléger les factures énergétiques. Et encense les États-Unis, un marché colossal avec des matières premières bien meilleur marché.

Jim Ratcliffe met aussi la pression sur les partenaires sociaux. Dans les grandes lignes, il conditionne aussi le futur de Grangemouth à des structures de coûts plus favorables pour le groupe. Donc à des revendications moindres de la part des syndicats sur certaines conditions sociales, notamment en matière de retraites. Or les partenaires sociaux de Grangemouth sont engagés depuis un certain temps dans une bataille avec la direction du site pour améliorer justement les conditions de retraite. L'intervention du p-dg par voie de presse a ainsi fait hurler les syndicats, lesquels dénoncent cette tactique. En parallèle, Jim Ratcliffe n'a pas été à une pique près, en esquissant simultanément une comparaison entre la main-d'œuvre au Royaume-Uni et celle en Allemagne, qui serait bien plus qualifiée. L'incendie allumé par le patron d'Ineos a été en partie atténué par le groupe qui, dans un communiqué publié dans la foulée, a assuré œuvrer pour sécuriser un avenir à long terme à Grangemouth. Se gardant bien d'agiter la menace de fermeture cette fois.

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