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Incertitudes chez Pierre Fabre après le décès de son fondateur

Audrey Fréel
Incertitudes chez Pierre Fabre après le décès de son fondateur

La répartition du capital des Laboratoires Pierre Fabre en 2012

© Source : Pierre Fabre

La mort de Pierre Fabre, fondateur et président des laboratoires éponymes, laisse le groupe dans l'expectative puisqu'aucun successeur n'a été officiellement nommé.

Quid des Laboratoires Pierre Fabre après le décès de son fondateur le 20 juillet, à l'âge de 87 ans ? Pierre Fabre laisse derrière lui un empire pharmaceutique qu'il avait bâti depuis 1961. Mais aucun dauphin n'a été clairement désigné pour lui succéder. Si Pierre Fabre avait officiellement cédé la direction générale pour ne conserver que la présidence il y a plus de dix ans, il avait en réalité toujours la main mise sur le laboratoire basé à Castres (Tarn). En témoigne le défilé presque incessant de directeurs depuis une décennie. La direction générale avait d'abord été confiée en 1999 à Jean-Luc Bélingard, aujourd'hui p-dg de Biomérieux. Roch Doliveux, actuellement p-dg de d'UCB, l'avait remplacé en 2003 mais n'était resté que quelques mois à la tête du groupe. Jean-Pierre Garnier, ancien p-dg de GSK, prend la relève en 2008. Il quitte précipitamment le groupe deux ans plus tard et est brièvement remplacé par Olivier Bohuon. C'est ensuite au tour de Jacques Fabre, neveu du fondateur, de prendre la relève en février 2011. Enfin, depuis octobre 2012, la direction générale des Laboratoires Pierre Fabre est assurée par Didier Miraton, qui a fait ses armes chez Michelin. Pour autant, d'autres candidats pourraient prétendre à la succession de Pierre Fabre. Plusieurs échos dans la presse placent notamment Pierre-Yves Revol au premier rang. Homme de confiance de Pierre Fabre et ancien directeur du club de rugby Castres Olympique (détenu par le groupe), il a toujours assuré l'intérim entre deux directeurs généraux, selon l'AFP. Il est actuellement vice-président du laboratoire castrais. Le nom d'Éric Ducournau, directeur général de la branche dermo-cosmétique, revient également. Mais pour le moment, les Laboratoires Pierre Fabre n'ont pas fourni d'informations précises quant à la future marche à suivre. L'entreprise a simplement indiqué qu'elle « poursuivra l'aventure initiée par Monsieur Pierre Fabre en 1961. Elle communiquera prochainement les dispositions prises pour le faire dans les meilleures conditions possibles et dans le respect des valeurs et des volontés de son président et fondateur ».

Capital du laboratoire verrouillé

 

En revanche, une chose est claire : l'indépendance du groupe familial, chère à son fondateur, ne sera pas menacée. En effet, en 2008, Pierre Fabre a fait don de la majorité de ses parts à la Fondation Pierre Fabre, reconnue d'utilité publique. Elle est chargée de veiller au maintien de la pérennité de toutes les activités du groupe « dans le respect de ses valeurs, de son indépendance capitalistique et de ses implantations régionales ». Mais, de par son statut, elle ne peut pas posséder directement la majorité des actions du groupe ni assurer la gestion opérationnelle. Elle détient donc une grande partie du capital des Laboratoires Pierre Fabre de façon indirecte, via Pierre Fabre Participations. Aujourd'hui, le groupe pèse 1,98 milliard d'euros de chiffre d'affaires (donnée 2012). 54 % des ventes sont générées à l'international et 46 % dans l'Hexagone. Son activité est séparée en deux branches : pharmaceutique (923 M€ soit 47 % des ventes totales) et dermo-cosmétique (1,04 Mrd soit 53 % du CA total). Il emploie 10 000 salariés dont la majorité (67 %) est basée en France. Le reste des effectifs est réparti en Europe (20 %), Amérique (8 %), Afrique (3 %) et en Asie/Océanie (2 %). Après plus de 50 ans d'existence, le groupe se hisse aujourd'hui à la place du troisième laboratoire en France, derrière Sanofi et Servier.

 

 

 

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