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IDD investit en bioproduction

À DARDILLY SYLVIE LATIEULE

HISTORIQUE

2003 : Reprise d'IDD (3 collaborateurs).

Conseil stratégique et réglementaire - coordination de programmes de développement.

2003-2005 : 5 réindustrialisations.

2005 : Site de Schering Plough à Dardilly (23 collaborateurs).

2008 : Plateforme ex-OPI-Eusa à Dardilly (9 collaborateurs).

2009 : Plateforme ex-R&D GSK à Évreux (15 collaborateurs) et reprise de l'équipe d'Axcell Biotech (8 collaborateurs).

2010 : Ex-site de développement de Novartis à Orléans (20 collaborateurs).

IDD investit  en bioproduction

HÉLÈNE ROUQUETTE, PRÉSIDENTE ET FONDATRICE DU GROUPE IDD.

© © IDD

La société lyonnaise ajoute la production de petits lots biotech à un large savoir-faire dans le domaine du développement pharmaceutique.

Dans la pharmacie, la tendance à l'externalisation continue de prendre de l'ampleur. Ce mouvement, qui a démarré avec la production, touche aujourd'hui de très nombreuses activités, la recherche et le développement n'y échappent pas. C'est en partant de ce constat qu'Hélène Rouquette, une ancienne dirigeante de l'industrie pharmaceutique, a entrepris de bâtir un nouveau modèle de société qui rassemble à la fois la recherche, avec la mise au point de nouvelles entités thérapeutiques, et la prestation de services pour le développement et la production de lots cliniques.

L'histoire commence en 2003 avec le rachat de la marque IDD et la création d'une entité parisienne IDD-Consulting, spécialisée en affaires réglementaires et en stratégie de développement. « J'ai très vite réalisé que pour mettre en place des stratégies de développement innovantes, il fallait mettre en œuvre des programmes de recherches en laboratoire. Nous avons commencé à le faire avec l'aide de prestataires exterieurs. Et assez rapidement, j'ai eu la conviction qu'il fallait se renforcer dans ce domaine. Puis l'opportunité du rachat du site de R&D de Schering Plough à Dardilly en Rhône-Alpes s'est présentée. Je l'ai saisie » explique Hélène Rouquette. C'est ainsi qu'après un an de négociation et la constitution d'une équipe resserrée de 23 personnes, le site a pu redémarrer en 2005 après quelques mois d'interruption. Quelques années plus tard sont venus se joindre à cette première plateforme, le site de R&D de GlaxoSmithKline basé à Évreux (2009), puis celui de Novartis à Orléans (2010), pour former l'ensemble IDD-Tech.

Aujourd'hui ces trois plateformes GMP ont chacune leur spécialité. Dardilly est plus orientée vers les formes stériles, la lyophilisation, les formes liquides et semi-solides non stériles. Depuis l'an dernier, le site a même reçu un agrément de la FDA pour la production d'un médicament orphelin, commercialisé aux États-Unis. Évreux est spécialisée dans les formes respiratoires, aérosols et les poudres à inhaler ainsi que dans la physique des poudres. Orléans présente une forte expertise et de grandes capacités dans le développement des formes solides.

« Ce type de plateforme technologique s'adresse à la fois aux grands groupes pharmaceutiques qui ont besoin d'importantes capacités à proximité de leur marché historique », explique Hélène Rouquette. Mais elles visent aussi les sociétés de biotechnologies qui sont dépourvues de toutes infrastructures opérationnelles. «De nombreux projets collaboratifs ont été favorisés ces dernières années. Ils ont donné naissance à des biotech qui ne disposent pas de plateformes de développement pharmaceutique. J'ai pensé qu'il était pertinent d'offrir à ce type de sociétés des plateaux techniques très complets et de haut niveau d'expertise. Au passage, Hélène Rouquette souligne que le développement de sa société a toujours été autofinancé. J'ai cherché une alternative au modèle « pure biotech » avec la participation d'acteurs financiers qui imposent un retour sur investissement très rapide et très ambitieux. IDD-Tech est d'abord un projet entrepreneurial pour créer de la valeur et des emplois en réindustrialisant des sites d'où se sont désengagés des grands groupes et qui s'inscrit dans la durée ».

Mais qui dit société de biotech dit aussi travail sur les grosses molécules. Et IDD, au départ orienté essentiellement vers le développement de petites molécules chimiques, n'a pas raté son virage vers les biotechnologies. En effet, alors que le site de Dardilly disposait de locaux inutilisés, Hélène Rouquette a eu l'idée dès 2006 de les louer au laboratoire OPI-Eusa ; aux avant-postes, IDD s'est naturellement porté acquéreur de la société lorsqu'elle a été mise en vente par ses actionnaires en 2008.

L'ensemble a contribué en 2008 à la création d'IDD-Biotech, société de R&D dotée d'une bibliothèque de près de 1 000 anticorps monoclonaux avec un potentiel d'application pour des indications majeures en oncologie et pour les maladies auto-immunes. Cette équipe était constituée de 9 collaborateurs, chercheurs en biologie moléculaire, en immunologie ainsi que d'une équipe experte dans la maîtrise des procédés de bioproduction. C'est au sein d'IDD-Biotech que le groupe mène ses propres projets de drug discovery avec deux candidats-médicaments dont un dans le domaine de la leucémie, au stade de la preuve de concept in vivo (stade préclinique). Le groupe est d'ailleurs engagé dans trois programmes de recherche collaborative en région lyonnaise. Le projet Pravic, initié en 2005 et labellisé par le pôle de compétitivité Lyonbiopôle, a réuni différentes compétences régionales comme les Hospices Civils de Lyon, le Centre Léon Bérard et PX'Therapeutics. Il s'inscrivait dans une volonté de proposer des solutions thérapeutiques adaptées au traitement de lymphopathies malignes viro induites, basées sur l'utilisation d'anticorps monoclonaux. Compte tenu des résultats très prometteurs, 3 brevets ont été déposés en juillet 2010 dans cette indication. Le projet se poursuit aujourd'hui via Ipromah labellisé par le pôle Clara.

Plus récemment, le projet Gliadys date de septembre 2009. Il est le fruit d'un projet collaboratif qui réunit des partenaires industriels comme la société de biotech Indicia et des partenaires académiques (Inserm et CNRS) et porte sur le développement d'anticorps thérapeutiques contre différentes formes de gliomes. Un troisième projet vient tout juste d'être déposé en partenariat notamment avec le CEA dans le cadre d'un programme FUI.

Aujourd'hui ce pôle IDD-Biotech fait l'actualité avec l'annonce d'un investissement de 1,5 million d'euros à Dardilly, afin de se doter de capacités de bioproduction. « Nous allons créer une zone de bioproduction de 300 m2 et ce à l'horizon 2011, explique Hélène Rouquette. Nous avions déjà des compétences en bioproduction à l'échelle de 20 litres pour les étapes de recherche et nous allons maintenant pouvoir passer au stade de 200 litres pour la production de lots cliniques de protéines recombinantes et d'anticorps monoclonaux » ajoute la dirigeante.

Outre ce focus sur la bioproduction, c'est encore le site de Dardilly qui bénéficiera en 2011 d'investissements supplémentaires destinés à l'aménagement d'une autre aile du bâtiment. Ce nouveau projet est porté cette fois par IDD-Tech et il vise à renforcer le site dans le domaine du remplissage et du conditionnement de produits stériles (fill and finish). « Nous avions besoin d'une deuxième plateforme stérile sur ce site » commente Hélène Rouquette. En contrepartie, la dirigeante envisage de renforcer certaines compétences dans les formes sèches sur le nouveau site d'Orléans dont les capacités dans le domaine sont quatre fois supérieures à celles de Dardilly. Car après ces nombreuses opérations de croissance externe, Hélène Rouquette confie que l'heure est aujourd'hui à la consolidation des activités et à la spécialisation de ces trois plateformes de R&D autour d'une offre complète de développement pharmaceutique qui couvre toutes les formes pharmaceutiques, stériles ou non-stériles, ainsi que les grosses et petites molécules.

Sur l'exercice 2010, la société devrait, selon toutes vraissemblances, enregistrer un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros pour un effectif global de 135 personnes. Avec l'intégration de ses derniers actifs, elle devrait dès 2011 franchir la barre des 10 millions d'euros.

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