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Grandes manœuvres dans les génériques

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Grandes manœuvres dans les génériques

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

Actualité majeure dans le domaine des génériques. L'Américain Watson Pharmaceuticals rachète son concurrent Actavis d'origine islandaise pour un montant de 5,6 milliards de dollars (4,25 Mrds €) alors que ce dernier n'a réalisé que 2,5 Mrds $ de chiffre d'affaires en 2011. Ensemble ils vont former un groupe de 8 Mrds $ qui se hissera à la troisième place du marché mondial des génériques derrière les deux grands leaders l'Israélien Teva et le Suisse Sandoz, filiale de Novartis. Cette opération de vaste envergure pour Watson intervient après une série d'acquisitions dont le groupe Arrow en 2009 et plus récemment Specifar et Ascent Pharmahealth. Dans ce domaine des génériques, Watson n'est pas le seul à passer à l'offensive. Mi-2010, Teva a mis la main sur l'Allemand Ratiopharm, moyennant 3,6 Mrds €, avant de faire l'acquisition de Cephalon un an plus tard. La consolidation du secteur est donc engagée. Et c'est loin d'être une surprise. L'une des explications est la pression exercée sur les prix par les organismes payeurs dans de nombreux pays touchés par la crise. Aussi pour préserver leurs marges, les génériqueurs se tournent vers les fusions, espérant faire des économies d'échelle. En 2010, Teva annonçait 400 M$ de synergies dans le cadre de son opération sur Ratiopharm. Watson justifie l'opération Actavis par 300 M$ de synergies à partir de la troisième année.

Si les acteurs des génériques animent aujourd'hui le marché, des laboratoires pharmaceutiques plus traditionnels cherchent à leur voler la vedette. Pfizer au départ réfractaire au sujet, - et pour cause il a perdu gros avec des expirations de brevets-, a fini par se pencher sur la question. Il a d'abord conclu des accords avec les Indiens Aurobindo et Claris Lifesciences pour la fourniture de produits mature à bas coût qu'il commercialise ensuite dans les pays émergents, puis il est entré dans le capital du génériqueur brésilien Teuto. Il faut dire que la part de gâteau est copieuse. Selon le cabinet IMS health, le marché mondial des génériques est promis à un bel avenir à raison de 400 -430 Mrds $ à l'horizon 2015, soit autour de 40% du marché pharmaceutique total.

Pour le moment, derrière ce marché des génériques se cachent des petites molécules qui ont perdu leur brevet. Mais bientôt ce seront les grosses molécules biologiques qui tomberont dans le domaine public, ouvrant la voie au marché des biosimilaires. Il n'y aura probablement qu'un petit nombre de génériqueurs capables de se positionner sur ce marché. Ils devront être en mesure de produire ou sourcer correctement ces macromolécules, tout en repassant par la case des essais cliniques. Bref, si le marché français des génériques a « toussoté » l'an dernier, la tendance à long terme est favorable en France et dans le monde. Les big pharma donnent l'impression d'avoir digéré la « pilule du générique » et les autres détracteurs pourraient finir par se résigner. En période d'austérité budgétaire, le générique et son cousin le biosimilaire offrent la promesse d'un accès au médicament pour le plus grand nombre. Serait-il raisonnable de s'en priver ?


Watson devient le numéro 3 mondial des génériques.

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