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Glycode humanise les levures pour produire des protéines

Aurélie Dureuil

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Financement

Capital : 155 832 €

Aides : > 1M€

Levées de fonds : 150 euros en 2004 et 3 M€ en 2009

Chiffre d'affaires : 0,1 M€ en 2010

Glycode humanise les levures pour produire  des protéines

Christophe Javaud, cofondateur et p-dg de Glycode.

© Glycode

La société corrézienne mise sur les levures pour la production de protéines glycosylées aux propriétés améliorées.

« Notre métier consiste à fabriquer des levures génétiquement modifiées pour la production de glycoprotéines à usage thérapeutique », définit Christophe Javaud, cofondateur et p-dg de Glycode. La société corrézienne créée en 2004 a développé son savoir-faire autour de la glycosylation des protéines. « Il s'agit d'un phénomène biologique ubiquitaire chez les mammifères notamment. Il consiste à greffer des molécules de sucres à la surface des protéines. La glycosylation des protéines est essentielle à l'acquisition de leur activité biologique (et thérapeutique), à leur repliement, à la prolongation de leur demi-vie, etc. Par exemple, un anticorps thérapeutique doit porter les bonnes molécules de sucres au bon endroit afin de posséder une efficacité thérapeutique optimale », détaille le dirigeant. Et ce phénomène, la société en a fait sa spécialité. Glycode a ainsi développé GlycodExpress, « une technologie brevetée, qui s'appuie sur une collection de levures optimisées pour la production de protéines recombinantes, et dont la glycosylation a été génétiquement humanisée. Il devient dès lors possible d'obtenir tous les types de glycosylation, depuis une structure basique arborant 8 à 9 résidus mannose, jusqu'à des glycanes plus complexes, porteurs en leurs extrémités de résidus galactosylés et/ou sialylés », souligne la société. Le choix des levures pour la production de protéines est déterminant. Comme l'explique Christophe Javaud : « d'abord il s'agit de systèmes biologiques peu coûteux, ce qui permet de réduire de façon importante les coûts de production de protéines par rapport à des lignées de cultures de cellules de mammifères, tout en garantissant une qualité optimale des produits. De plus, nous avons à notre disposition toute une série de souches de levures humanisées qui peuvent être utilisées dans des capacités de fermentation à large échelle ». Et les glycoprotéines produites peuvent être de tous types : hormones, facteurs de croissance, fragments d'anticorps, etc. La société propose de préparer des souches adaptées à l'expression d'une ou plusieurs glycoprotéines, de produire des lots destinés à la recherche et de vendre des licences d'exploitation des souches propriétaires. Aujourd'hui, le dirigeant est en discussions avancées avec des industriels de la pharmacie et des CMO pour la vente de licences et le transfert industriel. La société propose à ses futurs clients de tester dans leurs installations la production à partir des souches propriétaires issues de la technologie GlycodExpress. « Après une étude de faisabilité, nous leur demandons de s'engager en cas de résultat positif à investir dans une licence », note Christophe Javaud qui témoigne des projets déjà avancés. Au total Glycode possède quatre brevets protégeant les différents aspects de sa technologie. Ils concernent par exemple, la manière de modifier génétiquement les levures. La société a aussi protégé des molécules candidates à haut potentiel économique. « Nous avons sélectionné des candidats que nous souhaitons développer et emmener jusqu'aux phases précliniques, essentiellement des nouvelles biomolécules, biosimilaires ou des "bio better". En effet, quand une biomolécule est déjà sur le marché, si on produit la même molécule avec une glycosylation différente, elle est considérée comme une nouvelle molécule. Si de plus, elle présente de meilleures propriétés, on obtient un "bio better" », confie le p-dg de Glycode. La société a travaillé notamment sur de nouvelles glycoformes d'EPO.

Pour tous ces travaux, la société qui emploie 15 personnes est installée à Uzerche (Corrèze) dans des locaux de 250 m2 divisés en deux parties : les bureaux du siège social et le laboratoire, qui a nécessité près de 500 euros d'investissement pour le matériel. Aujourd'hui, le dirigeant confie travailler sur les plans d'un agrandissement. « Nos locaux sont sur deux niveaux et nous avons la possibilité de louer un troisième niveau de 125 m2 », précise-t-il. Cet agrandissement devrait intervenir fin 2011 ou début 2012. Cette extension du laboratoire devrait s'accompagner de deux à trois embauches, « en fonction des contrats que nous pourrons signer d'ici la fin de l'année », tempère Christophe Javaud. Glycode a également embauché un directeur R&D et une directrice Business development en début d'année. Cette dernière est installée au sein du Lyon Biopôle.

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