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Genopharm contre-attaque

A.F.

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Le laboratoire français, secoué depuis un mois par l'affaire du Thiotepa (CPH n°572), a décidé de riposter. Il a déposé plainte contre X, le 8 décembre, pour tromperie aggravée et falsification, et une seconde plainte contre Riemser pour dénonciation calomnieuse. Ce dernier avait poursuivi en justice Genopharm en novembre, lui reprochant d'avoir sciemment commercialisé des lots périmés de cet anticancéreux et falsifié les dates de péremption (CPH n°571). Des accusations dont se défend le laboratoire puisqu'il ne jouerait qu'un rôle de distributeur. « Le Thiotepa est fabriqué par deux laboratoires allemands : Thymoorgan, qui fabrique les flacons, les remplit et les lyophilise et Riemser qui effectue les contrôles et certifie les lots. Ensuite, les médicaments sont vendus en Suisse au laboratoire Alkopharma qui met les flacons dans des étuis, ajoute une notice et nous les vend. Nous les commercialisons ensuite aux hôpitaux français », explique Valery Monin, le président de Genopharm. Selon ce dernier, le problème de dates de péremption est donc de la responsabilité du Suisse Alkopharma, qui est lié à Genopharm puisqu'ils possèdent un actionnaire en commun. L'agence sanitaire suisse Swissmedic a d'ailleurs suspendu l'autorisation d'exploitation d'Alkopharma le 30 novembre et a de « forts soupçons » de falsification de date de péremption, d'après l'AFP.

Dans le cadre de cette affaire, Genopharm a aussi saisi l'Afssaps, lui demandant d'ouvrir une enquête sanitaire pour sous-dosage du médicament Thiotepa. « Nous avons aussi reçu deux lots de Thiotepa sous-dosés, qui relèvent d'un problème de fabrication se situant entre Riemser et Genopharm », explique Valery Monin. Par ailleurs, le président de Genopharm pointe le fait que Riemser est un concurrent du laboratoire français. Le laboratoire allemand aurait obtenu une AMM pour vendre le même médicament que le Thiotepa dans toute l'Europe, mais commercialisé sous la marque Tepadina à un tarif trois fois plus élevé. Il ajoute que « tant que nous étions titulaires d'une AMM en France pour le Thiotepa, il était impossible pour Riemser de commercialiser le même produit, compte tenu du prix beaucoup plus élevé. Mais le retrait du Thiotepa a conduit l'Afssaps à autoriser la commercialisation en France du Tepadina ». Et cette affaire pourrait peser beaucoup plus pour l'avenir de Genopharm qui est en passe de voir supprimer son autorisation d'exercer en France par l'Afssaps. Il en est de même pour le laboratoire français Alkopharm, basé à Blois (Loir-et-Cher), qui est une société sœur de Genopharm. Ce dernier mentionne cependant que le projet de suspension de licence de pharmacien transmis par l'Afssaps le 12 décembre ne spécifie plus la responsabilité de Genopharm dans l'affaire du Thiotepa et « ne s'appuie plus que sur des considérations purement administratives et le reproche de l'absence d'un pharmacien responsable durant 4 mois ». Il a donc demandé à l'agence française de reconsidérer cette suspension. Si l'Afssaps décide de la maintenir, elle entraînerait très probablement la fermeture de Genopharm et Alkopharm.

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