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Genomic Vision amorce la phase de commercialisation

Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

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Chiffres clés :

- Création en 2004

- 40 employés

- 1er CA en 2011 (3,8 M€)

- CA 2012 : 3,7 M€

- 2 000 m2 de locaux à Bagneux (92)

- 11 M€ levés au total dont environ 5 M€ de subventions nationales et internationales.

Genomic Vision amorce la phase de commercialisation

Aaron Bensimon, p-dg et fondateur de Genomic Vision

© Genomic Vision

Après la mise sur le marché en 2012 de son premier test en France, la jeune société française entame la commercialisation à l'échelle européenne voire mondiale. Elle poursuit en parallèle ses développements de tests utilisant le peignage moléculaire.

L'année 2012 a été riche en développements scientifiques pour Genomic Vision. L'année 2013 s'annonce comme celle de la montée en puissance du développement et de la commercialisation. Créée en 2004, la société a débuté ses activités en janvier 2006 après une 1re levée de fonds de 2 millions d'euros. En avril 2012, son premier test de diagnostic, basé sur le peignage moléculaire, a été commercialisé en France via le département de génétique médicale du Pr Nicolas Lévy, à l'hôpital de la Timone à Marseille. Environ 300 tests ont été vendus en 2012. Ils permettent de confirmer ou invalider le diagnostic de la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD), une myopathie. « Nous sommes les spécialistes mondiaux de la technique du peignage moléculaire. A partir de cette dernière, nous développons des tests de diagnostics. Pour cela, nous nous associons avec des médecins, des hôpitaux qui connaissent la pathologie, les technologies existantes et leurs limites », souligne Aaron Bensimon, p-dg et fondateur de Genomic Vision. Le test de Genomic Vision est ensuite mis à la disposition des hôpitaux et des médecins. La société a déjà entamé les discussions avec l'Institut de génétique humaine du Centre de biologie de l'Université de Würzburg en Allemagne pour la diffusion de son test FSHD dans le pays. L'objectif est d'installer entre 10 et 15 plateformes de ce type en Europe. Le déploiement commercial européen s'accompagnera du lancement du test de la FSHD aux États-Unis par Quest Diagnostics, leader mondial des tests de diagnostic. Le géant américain est entré au capital de Genomic Vision en 2010 et a signé un accord de commercialisation exclusive aux États-Unis des tests de diagnostic de la société française. « Cette année, nous allons générer les premiers revenus de cette alliance stratégique. L'arrivée de Quest, il y a bientôt 3 ans, a validé l'intérêt sur le plan industriel de notre technologie innovante, ce qui nous apportera une réelle valeur ajoutée en nous ouvrant maintenant le marché américain. Cela nous rend également plus attractif auprès d'autres sociétés qui voudraient commercialiser nos kits de diagnostic », se félicite le dirigeant.

Les tests diagnostics développés par Genomic Vision reposent sur le peignage moléculaire, une technique découverte par l'équipe qu'Aaron Bensimon dirigeait à l'Institut Pasteur. Elle consiste à étirer les molécules d'ADN afin de visualiser de façon plus précise le génome. « Nous mettons une solution avec l'ADN dans un réservoir à usage unique. Nous faisons ensuite tremper dans cette solution une lame de verre traitée avec du silane. Les molécules d'ADN vont alors s'ancrer sur la lame. Quand on retire la lame de la solution, les molécules attachées par une extrémité sont étirées et scotchées de manière irréversible sur la surface », détaille le p-dg de Genomic Vision. Cette technique est appliquée sur l'ADN des chromosomes. Elle permet d'aligner les molécules d'ADN et de positionner les gènes dans un ordre bien clair.

L'analyse d'images indispensable

 

La société a ensuite développé une méthode « d'analyse structurale et visuelle du génome, baptisée Code Morse génomique ». Cette méthode, brevetée en 2012, consiste à marquer des gènes ou séquences spécifiques du génome du patient avec des balises de couleurs différentes, visibles par fluorescence. La lecture de l'enchaînement des balises avec leur taille, leur espacement et leur couleur permet ensuite une comparaison avec le génome d'une personne saine. Genomic Vision développe les systèmes de peignage moléculaire, de marquage génomique et de lecture. Une visite des 2 000 m2 de locaux à Bagneux (Hauts-de-Seine) suffit pour comprendre l'importance de l'informatique pour la lecture et l'interprétation des tests. « Il est important d'aller vite en analyse d'image », souligne le dirigeant. Les équipes de Genomic Vision travaillent ainsi sur la mise au point de leur propre lecteur à haut débit. Du côté du diagnostic, la société poursuit ses développements. Le p-dg prévoit la commercialisation en 2014 des tests sur le cancer du sein et le cancer du colon non héréditaire et, en 2015-2016, un test sur le cancer du col de l'utérus déclenché par le virus HPV. Outre ses tests de diagnostics de pathologies, Genomic Vision se targue d'être « une société de diagnostic moléculaire qui peut suivre le développement de molécules pour trouver les compagnons diagnostic », indique Aaron Bensimon. Il précise avoir deux projets en cours pour « aider l'industrie pharmaceutique à cibler le développement de molécules en fonction de l'empreinte génétique des patients, trouver les bons outils pour identifier le groupe d'individus qui seront répondant au médicament ». Un premier projet concerne le développement d'un inhibiteur pour le cancer du pancréas par AB Science. Ce projet est notamment subventionné par Oséo. Pour son deuxième projet, Genomic Vision travaille avec Cellectis pour contrôler l'action des méganucléases développées par la start-up française. La société d'Aaron Bensimon décline donc sa technologie de peignage moléculaire pour diverses applications de diagnostic. Afin de financer son déploiement commercial en Europe ainsi que ses travaux pour l'automatisation de ses procédés et de la lecture des résultats, la société prévoit une dernière levée de fonds d'une dizaine de millions d'euros en 2013-2014. « Nous pensons que ce sera la dernière avant une probable entrée en Bourse », conclut le p-dg.

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