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Génériques: Merck Generics tombe dans le giron de Mylan

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Génériques: Merck Generics tombe dans le giron de Mylan

Le génériqueur américain s'empare du quatrième acteur mondial du secteur. Il devient ainsi leader du marché français, dans le cadre d'une opération de plus de 4,9 Mrds € .
Fin du suspens. C'est finalement l'américain Mylan Laboratories qui l'a emporté dans la course à l'acquisition du troisième génériqueur mondial, Merck Generics, devançant les deux autres derniers industriels encore en lice, l'israélien Teva et l'allemand Stada (CPH n°381). Le montant de cette opération atteint la bagatelle de 4,9 milliards d'euros (6,7 Mrds $) en numéraire, dont une partie sera financée par une augmentation de capital de 1,5 à 2,5 Mrds $ (1,1 à 1,8 Mrd €), soit 14,6 fois l'excédent brut d'exploitation de la cible en 2006 et 2,7 fois son chiffre d'affaires. Une somme qui est supérieure à la capitalisation de Mylan, et qui a surtout été considérée comme trop élevée par Actavis et Teva, avec lequel l'Américain a lutté jusque dans les dernières heures de la négociation. Teva, du fait de sa taille déjà importante au niveau mondial, n'aurait pas dégagé autant de bénéfices que Mylan en reprenant une entité de la taille de Merck Generics. Mylan veut réduire le recours à la sous-traitance Mylan passe ainsi du huitième au troisième rang mondial du secteur, devançant Actavis (Islande), Ratiopharm (Allemagne) et surtout son compatriote Barr Labs (voir graphe). Malgré l'ampleur de cette opération, Mylan estime qu'il atteindra le point mort dès la fin de la deuxième année, et que cette acquisition « bénéficiera significativement à notre résultat par action » dès la troisième. Côté synergies, ce sont 250 M$ (185 M€) d'économies annuelles qui sont attendues dans les trois ans. Pour atteindre cet objectif, Mylan a identifié plusieurs leviers. S'il estime pour l'instant « qu'aucune restructuration significative ne sera lancée », le nouveau numéro trois mondial veut tout d'abord intégrer les activités de Merck en amont dans la synthèse de principes actifs, en se reposant sur les actifs de l'indien Matrix, dont Mylan avait acquis 71,5 % du capital en septembre 2006 pour environ 736 M$ (573 M€). Cette intégration avait déjà été l'un des motifs de ce précédent rachat. Autre piste d'action, Mylan va internaliser la production de certains de ses médicaments qui était jusqu'alors sous-traitée. Une mauvaise nouvelle pour les façonniers et autres acteurs de la synthèse à façon. Toujours au niveau industriel, le rapprochement devrait ainsi permettre un meilleur remplissage des usines du nouvel ensemble, dont le réseau va également être revu, comme ce sera aussi le cas des structures de R&D. Une place de numéro un en France et au Portugal Mais au-delà des synergies, le rachat de la filiale de Merck va permettre à Mylan de renforcer sa stature hors des États-Unis. En Europe, où il était entré suite à la reprise de Matrix, il profitera des positions de leader de Merck en France (462 M$, soit 342 M€ de ventes annuelles en 2006) et au Portugal (56 M$, soit 41 M€) tout en devenant second au Royaume-Uni (150 M$, soit 111 M€). Merck est par ailleurs bien placé en Espagne (trosième) et en Italie (quatrième). Hors du Vieux Continent, Merck est troisième au Canada, quatrième au Japon, et réalise un chiffre d'affaires de 654 M$ aux États-Unis, via sa filiale Dey Laboratories. Cette dernière est spécialisée dans les génériques destinés au traitement de maladies respiratoires et allergiques, à plus forte valeur ajoutée. Cette mutation géographique lui permet d'accéder à des marchés où les systèmes de tarification des génériques sont plus favorables qu'aux États-Unis, avance Mylan. Outre sa couverture géographique, le groupe américain élargira également sa palette de formes, avec notamment les inhalables, les liquides stériles et les injectables, dont certaines lui permettront d'entrer dans des niches pour lesquelles les barrières à l'entrée sont plus élevées et donc les marges un peu plus confortables. Pour le reste, Mylan a prévu de maintenir à sa place l'actuelle direction de Merck Generics, dont son président Hank Klakurka, considérant que cette équipe est un élément essentiel de sa réussite. Rappelons qu'à ce chapitre, le français Didier Barret est directeur régional EMEA de Merck Generics, et dirige aussi la filiale hexagonale. Il affiche un optimiste de rigueur dans sa capacité à réussir une aussi importante intégration, qui doit lui permettre, selon ses projections, d'afficher à long terme une croissance annuelle de ses ventes de plus de 10 % par an, et de 30 % de son résultat net. C.M.

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