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Génériques : Les baisses de prix vont freiner la croissance des génériqueurs français en 2006

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Les baisses de prix sur les génériques imposées par le gouvernement en février dernier vont fortement pénaliser la croissance des chiffres d'affaires des acteurs français du marché des médicaments génériques. « Notre chiffre d'affaires ne devrait croître cette année que de 5 %, pour atteindre 325 millions d'euros, selon nos prévisions », estime Pascal Brière, président de Biogaran, deuxième génériqueur hexagonal.
Une croissance bien inférieure à celle enregistrée précédemment par cette filiale de Servier, qui célèbre cette année ses dix ans d'existence. Ses ventes avaient en effet enregistré des hausses de 23 % en 2005, 32 % en 2004 et 58 % en 2003. Un décrochage qui s'explique par la baisse d'entre 15 à 19 % des prix des génériques, décidée par le gouvernement français. Biogaran ne sera pas le seul génériqueur à être mis en difficulté par cette mesure: l'ensemble de la profession devrait ainsi être touché. « Cette situation ne sera pas sans conséquence sur le paysage du marché français des génériques, poursuit Pascal Brière. Quand on sait que seulement deux des dix premiers acteurs sont bénéficiaires (Biogaran et Merck Génériques, ndlr). Nous pourrions ainsi assister à de nouvelles consolidations, que ce soit par fusion ou par acquisition », estime le dirigeant. Une consolidation à laquelle Biogaran ne participera pas, estime Pascal Brière. « Le Dr Servier nous a assuré qu'il ne souhaite pas se séparer de nous. Il considère en effet que les génériques sont une activité complémentaire de celle de la pharmacie d'innovation, cette dernière étant soumise à une plus grande incertitude ». Créé en 1996, Biogaran emploie aujourd'hui plus de 210 personnes, et détient une part de marché de 21 %, derrière Merck Génériques (24 %) qui lui a récemment ravi la première place, mais devant Sandoz (17 %), Teva (9 %) et Ratiopharm (6 %). Malgré le tassement du marché français cette année, ses perspectives de croissance restent positives: il devrait croître de 2,05 milliards d'euros entre 2005 et 2010. En 2006, par exemple, les brevets vont continuer à tomber, correspondant à des ventes potentielles supplémentaires de 851 millions d'euros. Grâce notamment au lancement de génériques d'Elisor-Vasten (pravastatine) de Bristol-Myers Squibb, de Triatec (ramipril) de Sanofi-Aventis ou encore de Fosamax (alendronate) de Merck Sharp and Dohme. Des médicaments qui comptent parmi les plus importants en terme de remboursement par la sécurité sociale. Reste que la part des génériques par rapport au marché pharmaceutique total ne devrait pas exploser: elle restera limitée à 11 % en valeur en 2010, contre 8 % actuellement, selon Biogaran. Une stratégie de développement à l'international singulière pour Biogaran En marge de son développement en France qui reposera cette année sur une cinquantaine de lancements, Biogaran compte prochainement développer sa présence à l'international. « Nous n'allons pas racheter d'acteurs locaux, comme le font les géants mondiaux. Biogaran vient de recruter un collaborateur qui sera chargé de trouver des partenaires dans les pays où nous souhaitons nous installer, un peu sur le modèle de la franchise commerciale », indique Pascal Brière. Parmi les premiers territoires visés, l'Amérique du Sud avec le Brésil, le Maghreb, ainsi que certains pays asiatiques (Vietnam, Cambodge). « Cela nous permettra de mieux répartir le risque de turbulences sur le marché français », ajoute-t-il. Autre voie de diversification, les biosimilaires. « Les sociétés qui les développent ne pourront se passer d'acteurs comme nous. Nous serons leurs bras armés dans la commercialisation de leurs produits », explique Érick Roche, directeur général de Biogaran.

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