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Fusion : Sanofi absorbe Aventis pour 55 Mrds $

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Comme le pronostiquaient depuis trois mois les marchés financiers, le laboratoire français Sanofi-Synthélabo a dû relever son offre pour mettre la main sur son concurrent franco-allemand Aventis. Il faut dire qu'une contre-offensive de Novartis se faisait de plus en plus menaçante. De fait, cette victoire ne s'est faite qu'au prix d'un renchérissement de l'offre de 6,7 milliards d'euros, « entièrement en espèces », ce qui porte à 55 milliards d'euros le montant total de l'acquisition, soit 68,93 euros par action contre 60,43 d'euros dans la première offre. Dans la pratique, les actionnaires d'Aventis pourront échanger six de leurs titres contre cinq titres du nouveau groupe et 120 d'euros en numéraire. En conséquence, Sanofi s'endettera à hauteur de 16 milliards d'euros pour son mariage et ne retrouvera une situation nette positive que d'ici à cinq ans. Cette opération donne naissance à Sanofi-Aventis, numéro trois mondial de la pharmacie, derrière Pfizer (Etats-Unis) et GlaxoSmithKline (Grande-Bretagne). Une opération qui a largement reçu la bénédiction du gouvernement français et le feu vert de la Commission européenne sous de faibles conditions. Le nouveau groupe sera présidé par l'actuel patron de Sanofi, Jean-François Dehecq, tandis que le conseil d'administration sera composé au total de 17 membres dont 8 choisis par Aventis. Et contrairement à ce qui avait été annoncé au départ, Igor Landau pourrait continuer à conseiller la direction. Il n'est pas exclu qu'il entre au conseil d'administration. Toutes les réserves émises par Aventis sur la cohérence du projet ont finalement été gommées à coup de millions d'euros. Igor Landau n'a pas davantage réussi à faire passer son idée d'assurance pour couvrir le risque Plavix (antihrombotique de Sanofi soumis à une menace prématurée de génériqueurs en Amérique du Nord). Par ailleurs, Sanofi a annulé le programme "Carve-out" d'Aventis, correspondant à la cession partielle d'un portefeuille de produits non stratégiques, représentant 1,5 Mrd ¤ de chiffre d'affaires. Sanofi se bornera à céder les quelques produits pour lesquels la commission européenne a identifié des problèmes de concurrence. Le principal point de blocage se situe au niveau des antithrombotiques Fraxiparine et Arixtra. Mais Sanofi a largement anticipé cette question. Des cessions demandées par Bruxelles Dès le lancement de son offre, il s'est engagé à vendre l'ensemble des activités de développement, de production et de commercialisation relatives à ces deux produits. Sanofi a même eu le temps de négocier la cession avec GlaxoSmithKline qui récupèrera dans le lot le site industriel de Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Maritime). Parmi les autres produits qui vont faire l'objet de cessions partielles ou totales, citons Campto d'Aventis dans le traitement du cancer colorectal, Imovane d'Aventis dans le traitement de l'insomnie, les décontractants musculaires Adalgur N et Coltramyl d'Aventis, l'antirhumatismal Plaquinol, le Naxy d'Aventis contre les infections ORL, la vitamine B12 de Delagrange, un générique de la vancomycine et Perfan d'Aventis dans l'insuffisance cardiaque. Après le dur combat que s'est livré le management des deux groupes, les salariés n'ont plus d'autre choix que de s'entendre et de réussir l'intégration. Juridiquement, ce rapprochement sera effectif à la fin du second semestre, mais d'un point de vue opérationnel, il faudra attendre le début 2005. De son côté, le patron de Sanofi-Synthélabo Jean-François Dehecq a affirmé qu'il « ne regrettait rien » sur la manière dont s'est déroulée l'offre sur son concurrent Aventis, passant ainsi d'hostile à amicale. « Si je n'avais pas bougé l'offre, Novartis serait là. Je ne regrette rien », a-t-il ajouté. En termes de prix, « on est resté dans une fourchette raisonnable » a déclaré J.-F. Dehecq, avouant toutefois qu'initialement il avait prévu de mettre « un peu moins ». « On a payé un peu plus de 30 % de prime » sur la base de la moyenne du cours d'Aventis au cours des trois derniers mois.

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