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France Biotech plaide pour un déplafonnement de la JEI

Aurélie Dureuil

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France Biotech plaide pour un déplafonnement de la JEI

ÉVOLUTION DES INTRODUCTIONS EN BOURSE DEPUIS 2005

L'ASSOCIATION PUBLIE SON PANORAMA ANNUEL DU SECTEUR. L'OCCASION DE PRÉSENTER SES RECOMMANDATIONS POUR SOUTENIR L'INNOVATION DANS LE DOMAINE.

« En France, nous sommes les pionniers des biotechnologies. Mais nous avons besoin de faire grandir nos sociétés », souligne André Choulika, président de France Biotech. Il a ainsi rappelé la création de Cayla en 1977, un an avant celle de Genentech aux États-Unis. La société toulousaine compte aujourd'hui 65 employés et développe des traitements de thérapie génique tandis que Genentech a été acquis par Roche en 2009 pour 46,8 milliards de dollars. Pour aider à la croissance des sociétés innovantes de biotechnologies, France Biotech entend « veiller à ce que tous les plafonds de la JEI disparaissent », note André Choulika qui cite l'exemple des sociétés de 49 employés maximum.

L'association demande également un allongement de la durée du statut de JEI de 8 à 15 ans. Si l'association demande une augmentation de la durée de ce statut, elle veut aussi durcir l'obtention du statut. Elle suggère un passage de 15 à 20 % des dépenses de R&D nécessaires pour obtenir le statut. Enfin, France Biotech plaide pour une exonération totale de l'impôt sur les plus-values. « Ces actions peuvent permettre de renforcer un cycle très fort et à long terme pour faire de la R&D », souligne le président de l'association. Afin de « créer un tissu industriel », André Choulika soutient la création d'un CIR collaboratif pour « inciter fiscalement les petites et grandes sociétés à travailler ensemble ». Enfin, France Biotech demande au gouvernement de « diriger obligatoirement 5 % de l'assurance-vie » vers les JEI ou les PME sorties depuis moins de 5 ans du statut de JEI car « le capital-risque et le marché boursier ne peuvent être l'unique source de financement ».

Les JEI spécialistes de la santé

 

Ces axes de modifications du statut de JEI et de l'environnement pour l'innovation ont été soutenus par France Biotech lors de la présentation de son panorama annuel. Avec 186 entreprises retenues, l'association note une bonne répartition sur le territoire. Les entreprises sont concentrées « essentiellement autour des centres académiques et des pôles de compétitivité », note André Choulika qui souligne l'absence de sociétés de biotechnologie en Basse-Normandie et en Corse. L'étude révèle par ailleurs la maturité du secteur avec 33 % des entreprises ayant passé le cap des 10 ans et 38 % ayant entre 6 et 10 ans. Ces entreprises issues à 54 % de la recherche académique restent néanmoins de petites tailles. Ainsi seuls 4 % comptent un effectif supérieur à 100 salariés. 30 % d'entre elles comptent 1 à 5 employés et 27 % sont des entreprises de 6 à 10 salariés. En moyenne, les sociétés de biotechnologie emploient 22 personnes. « Les sociétés n'arrivent pas à grossir », déplore André Choulika. En termes d'activité, elles sont principalement tournées vers la santé (humaine 31 % et animale 14 %). Pourtant, le secteur de l'environnement, de l'énergie, de la production végétale et des biotechnologies vertes se développe pour atteindre 18 % des activités des 186 entreprises interrogées. Dans le domaine de la santé, les 95 sociétés ayant des produits thérapeutiques en développement affichent un pipeline concernant l'oncologie (29 %), les maladies infectieuses (17 %) et les maladies du système nerveux (9 %). En 2012, 26 produits ont été commercialisés tandis que 4 étaient en cours d'enregistrement. Au niveau des essais cliniques, les 95 sociétés comptaient 57 produits en préclinique, 34 en phase I, 34 en phase II et 8 en phase III.

Du côté des financements, l'année 2012 a été marquée par une croissance de 27 % à 364 M €, restant néanmoins en dessous de l'année 2010 (472 M €). Ces financements sont répartis entre des introductions en Bourse (146 M €), des levées de fonds auprès du capital risque (138 M €) et les refinancements (80 M €). « Nous avons assisté en 2012 à une reprise du capital risque. Pour le début de 2013, nous sommes déjà au-dessus de 2009 et proche de 2011. En termes d'introduction en Bourse, c'est plus lent que l'année dernière. Le capital risque est en train de prendre le relais, ce qui compense le nombre moindre d'introductions en Bourse », détaille André Choulika qui voit dans les introductions en Bourse des dernières années un facteur pour accroître la visibilité du secteur. « Avec des entrées en Bourse, tout le monde connaît le secteur et les sociétés sont obligées de communiquer », souligne-t-il.

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