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Finances : Drug Abuse Sciences veut lever 20 millions d'euros

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Spécialisé dans les traitements contre les dépendances, le laboratoire français Drug Abuse Sciences (DAS) a l'intention de lever 20 millions d'euros par l'intermédiaire d'un placement privé. Une opération qui mettra 40 % du capital de la société aux mains de nouveaux actionnaires, par l'émission d'environ 1,8 million d'actions. À l'issue de cette transaction, les investisseurs actuels (CDC ECI, 3i et Nomura International) verront leur participation réduite à 50 % du capital de DAS, contre 10 % pour ses dirigeants. DAS utilisera ces fonds pour conduire un nouvel essai de phase III sur son projet le plus avancé dans le traitement de la dépendance à l'alcool. Ce médicament, également développé dans l'héroïnomanie (indication dans laquelle il est en phase II), repose sur une formulation de naltrexone à administration mensuelle et intra-musculaire, Naltrexone Depot. Une formulation qui fait appel à la technologie Lactiz, développée par Brookwood Pharma. Ce dernier assure la production du médicament et a accordé à DAS une licence pour son développement. La naltrexone est commercialisée depuis 1984 dans le traitement de ces deux addictions, sous forme orale, en prise quotidienne. Une posologie qui conduit beaucoup de patients à arrêter leur traitement. Mais, sur le marché américain, le produit de DAS sera surtout directement confronté à Vivitrol d'Alkermes et Cephalon, qui est également une naltrexone à libération prolongée à administration mensuelle unique. Un produit qu'Alkermes vient de lancer sur le marché américain dans le traitement de l'alcoolisme, alors que DAS ne pense pas lancer son propre médicament avant 2010 aux États-Unis, et 2011 en Europe. Pourtant, la direction du laboratoire français est sereine. « Le marché du traitement des dépendances est encore très peu développé, avec des ventes mondiales estimées à 300 M€ en 2006, et il y a la place pour deux acteurs », assure Patrick Langlois, président de DAS et ex-vice-président d'Aventis. De plus, « notre essai de phase III devrait apporter la preuve de l'efficacité de notre médicament sur l'abstinence totale, alors que l'AMM de Vivitrol se base sur la réduction de la consommation », précise le dirigeant. Avant d'ajouter que Naltrexone Depot a un dosage deux fois moindre que celui de Vivitrol, ce qui apporterait un avantage pour le profil de sécurité du médicament. Par ailleurs, « avant que nous lancions notre médicament, Alkermes aura fait une grosse partie du travail pour développer le marché du traitement des dépendances », estime Patrick Langlois. Des ventes annuelles comprises entre 300 et 500 Mh pour son premier projet DAS devrait par ailleurs être relativement tranquille sur le marché européen, car, assure ce dernier, « les autorités sanitaires n'accorderont pas d'AMM se basant sur des résultats faisant référence à une réduction de la consommation ». De quoi laisser DAS tabler sur des ventes annuelles comprises entre 300 et 500 Mh pour Naltrexone Depot, uniquement dans le traitement de la dépendance à l'alcool. Dans celui de l'héroïnomanie, il faudra attendre 2012. Reste que pour sa commercialisation, DAS devra faire appel à un partenaire. « Nous avons déjà des contacts, mais la décision ne sera prise qu'une fois les résultats de phase III connus, ce qui nous permettra de mieux valoriser ce produit », commente Mathieu Bigois, directeur financier de DAS. Un partenaire qui prendrait en charge l'un des deux marchés, DAS s'occupant du second. Il est d'ailleurs plus probable que DAS s'associe à un partenaire américain. En marge de Naltrexone Depot, DAS développe deux autres programmes. Le premier partage la même technologie de formulation que Naltrexone, appliquée à la buprenorphine, dans l'addiction aux opiacées. Un produit encore en phase préclinique. Le second, DAS-4311, licencié auprès d'Abbott et en phase II dans le traitement de la cocaïnomanie, pourrait générer des ventes annuelles d'environ 100 M€ selon les analystes de Bionest Partner. Son lancement est attendu pour 2012. Au-delà de ces programmes, DAS compte également acquérir des licences externes. Pourquoi pas auprès de Titan Pharmaceuticals, dont le profil est très proche de celui de DAS, selon Bionest. Et dont la formulation à administration mensuelle de buprenorphine est déjà en essais de phase III. Mais pour financer ces acquisitions, DAS aura besoin de lever de nouveaux fonds.

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