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Ferring poursuit son internationalisation

À Saint-Prex, Camille Boulate

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Le laboratoire pharmaceutique fête cette année ses 65 ans. L'occasion pour le Suisse de dévoiler sa stratégie. Ferring entend poursuivre son expansion internationale avec l'ouverture de deux sites de production aux États-Unis et en Inde.

Nouveaux sites de production, nouveaux médicaments et nouveaux marchés... Alors qu'il fête ses 65 ans et les dix ans de son site de Saint-Prex, en Suisse, le laboratoire pharmaceutique Ferring, spécialisé dans la synthèse de peptides, continue de voir les choses en grand. Courant 2016, ce sont deux nouveaux sites de production qui seront opérationnels, l'un aux États-Unis dans le New Jersey, l'autre en Inde près de Bombay. « Chacun de ses sites sera un doublon d'une de nos usines existantes », assure Michel Pettigrew, président du conseil d'administration et chef des opérations (COO) de Ferring. En effet, le site américain sera la copie conforme de l'usine allemande située à Kiel et produira les mêmes produits injectables (Menopur, Misodel, Bravelle et Firmagon). L'usine indienne, quant à elle, bâtie sur le modèle du site de Copenhague (Danemark) produira l'API destiné à la production du Pentasa, médicament destiné au traitement des maladies inflammatoires de l'intestin (maladie de Crohn). « C'est important pour Ferring de mettre en place cette stratégie afin de protéger sa production », souligne Michel Pettigrew. Aux États-Unis, Ferring a investi 130 millions d'euros dans la réhabilitation et l'agrandissement de son site de R&D du New Jersey afin d'y implanter sa première usine américaine. Après trois ans de travaux, les premiers salariés, essentiellement les équipes commerciales et R&D, ont investi le site en 2014. L'usine, qui comprend une ligne de production et une ligne de conditionnement pour le moment, n'attend plus que l'autorisation de la FDA pour mettre en route la production de ses premiers médicaments. « Sur ce nouveau site, une centaine de personnes seront dédiées à la production des médicaments », indique Lars Peter Brunse, vice président Senior-Product Supply de Ferring. Sur les quatre médicaments produits dans l'usine du New-Jersey, trois auront une formulation spécifique (le Menopur, le Bravelle et le Misodel) pour le marché nord-américain, y compris le Canada. Ces trois médicaments seront en effet dédiés au marché nord-américain, tandis que le Firmagon est destiné à l'international. Une façon pour Ferring de booster son chiffre d'affaires outre-Atlantique, qui représentait 30 % des ventes en 2014.

Et si la majeure partie des capacités américaines vont être destinées au marché local, le positionnement n'est pas le même en Inde, où Ferring a investi pour muscler ses capacités mondiales d'API pour le Pentasa. Néanmoins, le laboratoire réfléchit déjà à une seconde implantation tournée vers le marché local. « Cette fois-ci, ce serait un site plus complet, dédié aux besoins locaux, assure Michel Pettigrew. Nous sommes à la recherche de la localisation pour pouvoir lancer le projet ». Concernant le site d'API, déjà sorti de terre, 25 millions d'euros ont été nécessaires pour sa construction. Cette usine devrait produire, à pleine capacité, à hauteur de 60 % de la capacité de sa grande soeur danoise. Ferring ne précise pas pour autant quelles sont les capacités du site situé à Copenhague (Danemark). À terme, l'usine indienne, la onzième du groupe, permettra à Ferring de booster sa production de Pentasa, uniquement formulé sur le site de Saint-Prex. Aujourd'hui en travaux, la partie dédiée à la production du Pensata en Suisse - 200 millions de médicaments unitaires chaque année - doit gagner en efficacité et doubler sa capacité de production.

 

En 10 ans, Saint-Prex a changé d'envergure

 

Le site de Saint-Prex, qui produit 20 millions de boîtes de médicaments par an, devrait connaître d'autres aménagements. « Dans un premier temps, nous allons mettre en service notre bâtiment biotech, destiné aux produits recombinants, qui n'est toujours pas opérationnel. Et nous agrandirons le site, sur lequel nous avons la possibilité de multiplier la capacité par deux », estime Michel Pettigrew. Pour le moment, l'entreprise se garde d'évoquer un éventuel calendrier pour ces travaux. Mais en dix ans déjà, le site a pris une autre envergure. Lors de son inauguration en 2006, Ferring annonçait que le nouveau siège administratif accueillerait quelque 300 personnes, dont une centaine dédiée à la production. Aujourd'hui, ces chiffres ont doublé, portant le nombre de salariés travaillant sur le site helvète à 640. Une vingtaine de personnes s'occupent de la R&D et 200 salariés sont destinés à la production du Pentasa et du Minirin, deux produits best-sellers de Ferring. À Saint-Prex, sont également conditionnés 65 % des médicaments que Ferring produit dans ses neuf usines mondiales. « Désormais, ce sont trois équipes qui se relaient, indique Éric Bertrand, directeur du site. L'usine tourne 24 h/24. », Au total, le laboratoire compte aujourd'hui plus de 6 000 salariés.

Après l'Argentine, la République Tchèque, la Chine et bientôt l'Inde, l'entreprise entend par ailleurs investir de nouveaux marchés. « Le Brésil et le Japon font partie des pays sur lesquels nous allons nous focaliser, ces prochaines années, indique Michel Pettigrew Notamment le Brésil qui est un gros marché potentiel avec une forte population (200 millions de personnes). » Ferring, qui a généré un chiffre d'affaires de 1,5 Mrd € en 2014, table sur un revenu de 1,8 Mrd € cette année. Une bonne performance en partie due « au taux de change favorable aux États-Unis », conclut Michel Pettigrew.

44 % DU CHIFFRE D'AFFAIRES GÉNÉRÉ PAR LA SANTÉ REPRODUCTIVE

Le laboratoire Suisse s'est focalisé sur cinq aires thérapeutiques : la santé reproductive (44 %), l'urologie (19 %), la gastro-entérologie (24 %), l'endocrinologie (4 %) et l'orthopédie (9 %). Avec près de la moitié des revenus et un ensemble de 12 produits (lutte contre l'infertilité, contre les grossesses prématurées...), la santé reproductive représente un axe stratégique de développement pour Ferring. « Nous voulons être numéro un dans ce segment d'ici à 10 ans », indique Michel Pettigrew. Pour y parvenir, le groupe compte notamment sur le Menopur, médicament destiné à stimuler l'ovulation réalisant entre 400 et 500 M€ de revenus avec une croissance annuelle de 12 %. « Nous nous situons juste derrière Merck Serono et son Gonal F, assure Michel Pettigrew. Même si aux États-Unis, nous arrivons en tête en termes de volumes ». Pour se distinguer de ses concurrents, Ferring mise également sur de nouvelles molécules. Au total, 600 personnes sont focalisées sur la recherche et le développement de ces nouveaux produits. « Chaque année, nous investissons environ 16 % de nos revenus en R&D », assure Per Falk, vice président exécutif et directeur scientifique. Outre son portefeuille d'une vingtaine de produits commercialisés, le laboratoire suisse possède dans son pipeline 24 produits en cours d'élaboration dont 80 % sont en phase III. « L'un de nos gros projets actuels reste le Rekovelle, produit destiné à stimuler l'ovulation chez les femmes, que nous espérons pouvoir commercialiser fin 2016 en Europe », indique Per Falk.

LES CHIFFRES CLÉS

Nombre d'employés : 6 000 Chiffre d'affaires : 1,5 Mrd € en 2014 (1,8 Mrd € prévus en 2015) Nombre de produits commercialisés : 27 Nombre de produits en développement : 24, dont 80 % en Phase III Nombre d'usines : 9 (Suisse, Argentine, Chine, République tchèque, Danemark, Allemagne, Israël, Mexique et Écosse) et 2 ouvertures courant 2016 (États-Unis et Inde)

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