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Fébrile sursaut des effectifs malgré le manque d'attractivité de la France

Laura Hendrikx

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Le Leem a dévoilé les résultats de son Enquête Emploi annuelle. Si les effectifs de l'industrie pharmaceutique française se sont stabilisés, le manque d'attractivité de l'Hexagone inquiète les entreprises du médicament.

C'est un constat mitigé que dresse le Leem dans sa récente Enquête Emploi annuelle. Pour la première fois depuis dix ans, les effectifs de l'industrie pharmaceutique progressent en France, avec 98 786 salariés recensés fin 2016. Mais cette progression relève plutôt de la stabilité, étant donné qu'elle se réduit seulement à 0,1 %. Et malgré des premières estimations 2017 annonçant une croissance des effectifs de l'ordre de 0,4 %, Michel Ginestet, président de la Commission des Affaires sociales du Leem, met en garde : « La prudence est de mise : cette stabilité est fragile ». Au coeur des préoccupations des entreprises du médicament, le déficit d'attractivité de la France, distancée par ses voisins européens comme l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie ou l'Irlande. L'Hexagone serait même devenu l'un des pays européens les moins attractifs à l'international ! Le transfert vers l'étranger des activités de production et de R& D est de plus en plus fréquent. En cause, des défaillances au niveau de l'efficience du maillage entre public et privé et de l'accès au marché. « La logique est simple : sans attractivité, pas d'investissement ; sans investissement, pas de recherche ni de production ; et sans recherche et production, pas d'emploi... Il ne peut y avoir de création d'emplois sans perspectives d'avenir et de compétitivité », indique Patrick Errard, président du Leem. Si ce décrochage inquiète, les entreprises du médicament assurent qu'il n'est pas irrémédiable. « Ce qu'il nous manque désormais, c'est une croissance économique du secteur pour soutenir nos industries innovantes et créatrices d'emplois », ajoute Michel Ginestet.

 

L'industrie pharmaceutique mise sur les jeunes

 

L'industrie du médicament représente 3 % de l'emploi industriel français. Les régions Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val de Loire et Normandie concentrent plus de 75 % des effectifs des laboratoires. En 2016, l'industrie pharmaceutique a recruté plus de 6 800 personnes. Parmi ces embauches, 62,6 % avaient moins de 35 ans. Au total en 2016, 14,5 % des employés du secteur avaient moins de 30 ans. L'accord collectif conclu en novembre 2016 entre le Leem et quatre organisations syndicales (la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC et l'UNSA) sur le contrat de génération commence donc à porter ses fruits. Ce contrat de génération engage les entreprises du médicament à augmenter la part des jeunes de moins de 30 ans dans les recrutements à hauteur de 30 % et celle des seniors (50 ans et plus) à hauteur de 10 % d'ici trois ans. Autre échéance pour le Leem : d'ici la fin du quinquennat (2022), les entreprises du médicament devront réaliser 5 000 contrats d'apprentissage ou de professionnalisation par an. Un engagement qui semble en bonne voie : en 2016, ce nombre s'élevait à 4 100, contre 3 536 en 2015. Si les métiers de la production continuent également de progresser, avec 470 collaborateurs de plus qu'en 2015, les effectifs de commercialisation-diffusion encaissent une nouvelle baisse et ne représentent en 2016 plus que 24,8 % de l'emploi du secteur, contre 31 % en 2006. En ce qui concerne la R& D, 61 % des effectifs sont concentrés dans seulement dix entreprises en France. Autre indicateur relevé par le Leem : le taux de féminisation des emplois. En 2016, il s'élevait à 57 %. Mais les femmes sont toujours en reste en ce qui concerne le salaire, avec un écart de 3 % lorsque l'on neutralise l'effet de tous les autres critères explicatifs (âge, ancienneté, taille de l'employeur, classification, etc.).

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