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Façonnage : Hermes Pharma privilégie les formes orales

À WOLFRATSHAUSEN, SYLVIE LATIEULE

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Sondage à l'appui, Hermes Pharma apporte la preuve que pour améliorer l'observance des traitements oraux, il faut faciliter la prise des médicaments. D'où sa spécialisation sur les formes effervescentes, à croquer et à sucer, produites notamment dans son usine allemande de Wolfratshausen.

Wolfratshausen est une petite ville de Bavière, située au sud-ouest de Munich sur la route de la station alpine de Garmisch-Partenkirchen. C'est dans cet environnement verdoyant, parsemé de lacs, qu'est installé l'un des deux sites de production de la société pharmaceutique familiale Hermes Arzneimittel. Plus que centenaire, cette entreprise de 160 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui emploie 700 personnes, est connue sur son territoire pour ses spécialités d'automédication. Citons le magnésium Biolectra, n°2 en Allemagne dan sa catégorie, ou le complément alimentaire Cevitt qui renforce le système immunitaire. Cependant, depuis les années 80, elle possède une autre division, Hermes Pharma, chargée de produire une partie de ses propres références, mais aussi de proposer son savoir-faire industriel à des sociétés tiers. Cette entité, qui gère donc les activités de production de formes posologiques orales solides du groupe, compte parmi ses clients le top15 de l'industrie pharmaceutique mondiale.

À Wolfratshausen, Hermes Pharma opère chaque année quelques milliers de batchs avec un effectif de 217 collaborateurs. Sa spécialité se situe dans les formes posologiques orales, plus simples à avaler que les comprimés ou gélules. En particulier, les comprimés effervescents, mais aussi des comprimés à croquer ou les pastilles à sucer qui sont conditionnés dans des sachets de type « strip » ou dans des tubes. Sur son second site de Wolfsberg en Autriche, Hermes Pharma produit en complément des granulés à dissoudre dans l'eau ou à dissolution orale. Ces produits sont alors conditionnés en sachets ou stick pack (sachets en forme de bâtonnets). De façon générale, on peut solliciter Hermes Pharma pour la production de toute forme pharmaceutique plus simple à absorber. À noter que la société est aussi spécialisée dans le masquage de goût grâce à sa maîtrise de techniques d'enrobage.

Sur toutes ces formes posologiques, la particularité d'Hermes Pharma est d'avoir développé ses propres technologies qui sont proposées le plus souvent dans le cadre de contrats incluant un développement spécifique. « Nous accompagnons nos clients sur toute la chaîne de valeur, du développement de nouveaux concepts de produits ou de formulations à la production sans oublier un support au niveau du sourcing, du réglementaire et de la logistique », liste Thomas Hein, senior vice-president sales, marketing and business development.

D'ailleurs, lorsque l'on visite ce site de Wolfratshausen, la technologie qui attire le plus l'attention est la granulation sous vide. La société a investi dans 8 granulateurs « one-pot » qui sont abrités dans 8 cellules de production au premier étage du bâtiment. Ils utilisent une technologie baptisée TOPO qu'Hermes Pharma est la seule société à exploiter. Ces appareils d'une capacité de 1 200 litres sont entièrement automatisés. Ils sont capables de traiter 600 kg de matière première pour produire des granulés effervescents. Ce processus de granulation n'utilise pas de solvant organique, mais une faible quantité d'eau (de l'ordre de 3 litres). Celle-ci permet de modifier la surface des granulés et leur confère une résistance accrue à l'humidité, bien qu'ils restent faciles à dissoudre. Les comprimés qui en découlent ont alors une durée de conservation plus longue, ce qui est particulièrement appréciable dans les régions tropicales où les taux d'humidité sont importants. Ces granulés sont préparés à partir d'un mélange d'excipients standard, de l'acide citrique et des carbonates. Principes actifs et arômes sont ajoutés soit directement dans le granulateur, soit en post-addition dans l'un des trois mélangeurs dont le site est équipé.

Au niveau de la préparation de ces matières premières, tout se joue dans l'un des deux centres de pesée entièrement automatisés que compte le site. Sachant que les deux conteneurs d'acide citrique et de carbonate de calcium, qui sont les matières les plus consommées sur le site, sont directement alimentés par l'extérieur du bâtiment depuis de gigantesques silos.

C'est ensuite au deuxième et troisième étages du bâtiment qu'ont lieu les étapes de finition et de conditionnement. Le site dispose de 7 suites équipées d'une presse à comprimés et d'une ligne de remplissage de tubes et de 4 suites dotées d'une presse et d'une ligne de conditionnement sous strip. Ces lignes se caractérisent également par leur fort niveau d'automatisation. Le site autrichien compte 6 granulateurs TOPO supplémentaires ainsi que deux unités de flux continu de granulation et un nouveau matériel d'enrobage (pour HMC -Hot Melt Coating), ajoute Thomas Hein. Cette dernière technologie est tout spécialement utilisée pour l'enrobage de granulés à dissolution orale, lorsqu'il faut apporter un masquage de goût au principe actif.

Dernière particularité de l'usine de Wolfratshausen, son centre de stockage des matières premières et produits finis. Entièrement automatisé, il est piloté de l'extérieur par des opérateurs.

Pour avoir une idée de l'importance des flux qui entrent et sortent chaque année de ses usines, Hermes Pharma annonce que les sites de Wolfratshausen et de Wolfsberg traitent 7 000 tonnes de matière première par an et réalisent 8 000 batchs, correspondant à la production de 40 millions de boîtes de médicaments. Ces produits sont exportés à 75 % en Europe et dans le monde. « La France est un marché important », ajoute le vice-président. Et pour maintenir à niveau les standards de qualité, Hermes Pharma, qui est certifié GMP, consacre à chacun de ses sites 2,5 millions d'euros d'investissement par an. Depuis cinq ans, la société est aussi engagée dans une démarche « lean » pour améliorer sa performance durablement.

HERMES ARZNEIMITTEL EN QUELQUES DATES

1907 création de la société 1960 mise au point de la première vitamine effervescente Fin 80 établissement de Hermes Pharma 1994 construction de l'usine de Wolfratshausen 2000 extension de l'usine de Wolfratshausen 2003 rachat du site autrichien à Viatris (ex filiale santé de Degussa) 2010 lancement d'ibuprofène en gel

PLUS D'UNE PERSONNE SUR DEUX AVALE DIFFICILEMENT SES COMPRIMÉS

Hermes Pharma a choisi de marquer sa différence en se concentrant sur la production de formes solides plus facilement absorbables. Mais pour valider le bien-fondé de cette stratégie, la société s'est appuyée sur l'institut de sondage Spiegel Institut qui a réalisé une étude auprès de patients allemands et américains sur leur rapport aux comprimés et gélules. Le tout premier enseignement de cette étude est que 50 % des Américains et 60 % des Allemands ont des difficultés à avaler des comprimés et gélules. Cette difficulté touche à la fois les jeunes génération (70 % des 16-34 ans) et les plus âgées (44 % de plus de 65 ans). Pour contourner cette difficulté, plusieurs stratégies sont alors adoptées : absorption d'une large quantité d'eau, coupe du comprimé, écrasement du comprimé et dissolution dans l'eau, absorption du comprimé avec un aliment... Plus grave, 5 % des Allemands et 10% des Américains ont révélé qu'ils renonçaient à prendre leur traitement, lorsque le comprimé était trop difficile à avaler. Hermes Pharma a donc décidé de transformer cette difficulté en opportunité. « En produisant des médicaments plus simples à avaler, nous contribuons à améliorer le ressenti du patient, mais nous améliorons aussi l'observance, ce qui accroît l'efficacité des traitements et diminue les coûts de la santé », précise Thomas Hein.

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