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Eviagenics crée des usines cellulaires

Aurélie Dureuil

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Chiffres clés

Création : Début 2010

Effectifs : 9 personnes

Chiffre d'affaires prévus en 2014 : 4 M€

Nombre de brevets : 3

Capital : 52 005 €

Levée de fonds à la création: 1,3 M €

Aides et prix obtenus : Oseo, AIR, AIMA

Eviagenics crée des usines cellulaires

Rudy Pandjaitan, dirigeant d'Eviagenics

© Eviagenics

La société de biotechnologie ne se contente pas de l'optimisation d'une enzyme. Elle propose de travailler sur une voie métabolique complète à l'intérieur de la cellule. Une piste pour la mise au point d'usines du futur.

Passer de quelques années à quelques mois pour développer et optimiser une usine cellulaire, c'est ce que propose Eviagenics. La jeune société, issue d'une entreprise de biotechnologie autrichienne qui développe des enzymes, a pris son autonomie début 2010 pour se concentrer sur l'optimisation des voies métaboliques, comme le confie Rudy Pandjaitan, son dirigeant. « Les voies métaboliques sont des séries de réactions biochimiques se produisant dans une cellule. Dans chaque voie de biosynthèse, un substrat est modifié par plusieurs réactions chimiques. Ces réactions sont catalysées par des protéines spéciales appelées enzymes. La totalité des biocatalyseurs qui exécutent une série de réactions chimiques interdépendantes pour transformer un métabolite simple, comme le sucre ou la graisse, dans un métabolite final, comme l'éthanol et les stéroïdes, forment donc une voie métabolique. Les cellules qui peuvent synthétiser un métabolite d'intérêt commercial sont appelées usines cellulaires (cell factories), par analogie avec les usines chimiques », détaille-t-il. La société ne veut pas se contenter de travailler sur une enzyme mais une voie métabolique pouvant compter jusqu'à une quarantaine d'enzymes qui interagissent les unes avec les autres. Et ça, dans un délai très court. « Les méthodes qui existent pour optimiser les enzymes prennent entre trois et six mois par enzyme. Notre technologie permet de travailler sur une voie métabolique pendant moins d'un an », se félicite le dirigeant qui souligne les avantages d'une telle technologie : « L'amélioration de l'usine cellulaire est plus importante qu'avec les autres techniques et nous optimisons l'aspect "time to market". Notre technologie permet en effet de tester plusieurs hypothèses très rapidement et de décider laquelle est la meilleure. Elle permet de réduire les risques et donc les coûts ». Cette technologie repose sur la recombinaison in vivo dans les cellules. « Des mécanismes qui contrôlent la recombinaison in vivo ont été mis en évidence et étudiés de manière intensive par le Pr. Miroslav Radman à la faculté de Médecine Necker (Paris). Fondamentalement, la recombinaison homéologue est contrôlée et limitée par le système de réparation des mésappariements (MMR pour "mismatch repair"). Les travaux du professeur Miroslav Radman et de ses collaborateurs ont permis de comprendre le fonction- nement de ce mécanisme et ils ont montré que le MMR permettait d'éviter la recombinaison entre espèces proches ou distinctes », indique le dirigeant. Eviagenics s'est basé sur ces mécanismes pour développer une banque de recombinants dont la société souligne la qualité.

Cette technologie, Eviagenics la propose aux industriels de la santé mais aussi pour la transformation de la biomasse (bioéthanol, bio- matériaux, etc.). « Pour l'industrie pharmaceutique, nous sommes en relation avec des sociétés qui cherchent à identifier des molécules avec des nouvelles propriétés thérapeutiques. Elles peuvent utiliser notre technologie pour optimiser une voie métabolique identifiée », note Rudy Pandjaitan. Le business model de la jeune société parisienne repose sur deux axes : la commercialisation de sa technologie pour aider ces entreprises à optimiser leurs usines cellulaires et le développement de ses propres produits dans les domaines des arômes, des vitamines et des acides aminés. Si les noms des sociétés restent confidentiels, le dirigeant confie avoir « déjà établi des contacts avec les pionniers de l'activité de biologie synthétique de R&D du côté de la recherche, et du côté des entreprises ».

La société qui entend rester discrète sur son chiffre d'affaires propose déjà des prestations de services qui devraient lui permettre de réaliser un premier chiffre d'affaires en 2011 et atteindre 4 millions d'euros d'ici à 2014. Et dès 2015, le dirigeant table sur des premiers revenus de licence de ses propres produits qui seront « plus importants que ceux provenant des activités de services ». « Eviagenics a comme premier objectif de devenir le leader dans le domaine de l'évolution de voies métaboliques, et veut générer déjà ses premiers revenus en 2011. Plus tard, Eviagenics développera ses propres métabolites, qui seront proposés sous licence ou utilisés pour notre propre production. D'un point de vue financier et à court terme, cette stratégie nous procurerait une source de revenu constante, provenant des collaborations technologiques. A long terme, l'accent mis sur les produits internes génèrerait des revenus plus importants, c'est-à-dire après qu'un projet soit arrivé au stade de développement d'un processus déterminé », précise Rudy Pandjaitan. La société qui emploie neuf personnes devrait également renforcer ses effectifs pour les doubler en 2012 et atteindre 28 salariés en 2013.

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