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Drug discovery : Neorphys part à la reconquête du désir féminin

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Drug discovery : Neorphys part à la reconquête du désir féminin

Le nîmois a fait le choix audacieux de traiter les troubles du désir féminin et de la douleur avec une nouvelle génération de morphinique. Il vient de lever 450000 euros.
Quand en mai 2005, Synt:em, une société nîmoise spécialisée dans la vectorisation peptidique de médicaments, se résout à un licenciement économique, l'équipe R&D sur la sellette opte pour la création d'une autre société. Les tiroirs pleins de candidats au développement pharmaceutique dans les domaines de la douleur et des troubles du désir sexuel, Roger Lahana (p-dg) et Karine Larbouret (directrice des opérations) créent en septembre 2005 Neorphys pour aboutir ces développements par un travail d'optimisation. La société s'installe en décembre 2005 dans l'incubateur de l'UFR de médecine de Nîmes. Leur laboratoire est équipé de ses propres outils, rachetés à Synt:­­em (HPLC analytique, spectromètre de masse etc.) L'incubateur leur donne accès à une animalerie. « Nous faisons la synthèse chimique de nos composés dans notre laboratoire et avec l'animalerie, nous pouvons réaliser tous les tests in vivo de prévalidation préclinique », souligne Karine Larbouret. La société compte 6 salariés, dont 5 chercheurs. Après avoir levé 450000 euros en été 2007, les dirigeants s'attaquent d'ores et déjà au deuxième tour de table. Objectif: lever quelques millions d'euros pour les premières phases réglementaires et la suite du développement clinique. L'équipe sera ensuite complétée de deux directeurs, l'un en charge de la préclinique réglementaire et l'autre des finances, et d'un ou deux techniciens. Les séries « Neorphine »
La molécule la plus avancée est un analgésique dérivé d'opioïde. « Notre travail d'optimisation vise à conserver l'efficacité de la morphine tout en réduisant ses effets secondaires », souligne Karine Larbouret. Les chercheurs partent de molécules déjà utilisées chez l'homme ou du moins déjà validées cliniquement, mais qui entraînent de nombreux effets secondaires, tels que la dépression respiratoire, la constipation, les vomissements et les nausées. La plupart de ces effets sont liés à la distribution de la molécule dans l'organisme ainsi qu'à l'interaction et l'équilibre entre les trois types de récepteurs à la morphine répartis entre le cerveau et le reste de l'organisme. « Nous essayons de cibler les récepteurs cérébraux et de contrôler un passage lent dans le cerveau pour éviter des effets secondaires », explique-t-elle. La Néorphine développée par la start-up devrait entrer en préclinique réglementaire à la fin de l'année dans le traitement de la douleur aigüe post-opératoire. La molécule sera ensuite testée dans le cadre des douleurs chroniques, comme les neuropathies et les douleurs inflammatoires. « Cela sera testé en parallèle de nos essais. Nous comptons, pour le moment, développer la molécule jusqu'en phase IIb dans la douleur aigüe. Pour la douleur chronique, nous apporterons une preuve de concept sur plusieurs modèles animaux », ajoute-elle. Le portefeuille de produits analgésiques compte deux séries différentes, constituées d'une dizaine de molécules. Un désir qui naît dans le cerveau C'est en ciblant des récepteurs neuronaux que les chercheurs de Neorphys tentent de traiter les troubles du désir féminin, se détachant ainsi de la piste hormonale la plus couramment suivie et qui intéresse davantage les femmes ménopausées ou ovariectomisées. Procter & Gamble, Merck, Glaxo et Pfizer ont saisi l'aubaine et se sont lancés dans cette course pour un marché aussi considérable qu'en attente. Beaucoup se sont cassés le nez en chemin. Le nîmois possède 4 séries de Néoxytines d'une vingtaine de molécules. La tête de série, la mélanotane-2, cible les récepteurs MC-3 et MC-4 à la mélanocortine qui interviennent dans le désir sexuel. « Notre approche vaut autant pour l'ensemble des femmes que pour les hommes, y compris pour d'autres espèces animales », détaille Karine Larbouret. « Nous travaillons cela de façon à conserver son activité tout en augmentant sa durée d'action », souligne-t-elle. Une molécule équivalente est déjà en développement, la bremelanotide (Palatin) en phase II. « Ce qui nous distingue de nos concurrents est un rationnel chimique et des structures chimiques plus stables », précise Karine Larbouret. Ces traitements sont des dérivés peptidiques synthétisés chimiquement et délivrés par voie intranasale. Celui qui est en phase II pose des problèmes de durée d'action et provoque des nausées. « Nous cherchons à améliorer ces paramètres », ajoute-elle. La molécule est en phase d'optimisation, elle devrait entrer en préclinique dans les 24 prochains mois. Nadia Timizar

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