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DMLA : Roche s'oppose fermement à l'utilisation de l'Avastin

C.B.

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Roche a annoncé s'opposer à l'utilisation de l'anticancéreux Avastin dans le cadre du traitement de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge), entrée en vigueur mardi 1er septembre. Le laboratoire suisse a indiqué engagé des recours « d'une part, contre le décret instituant ce nouveau régime de RTU (Recommandation temporaire d'utilisation, ndlr.), et d'autre part, contre la décision de l'ANSM le mettant en oeuvre ». L'arrêté publié au Journal officiel par le ministère de la Santé fin août validait en effet la RTU délivrée deux mois plus tôt par l'ANSM. Grâce à cette décision, les médecins peuvent désormais prescrire l'Avastin, enregistré pour le traitement de certains types de cancer par voie intraveineuse, en lieu et place du Lucentis (Novartis) et de l'Eylea (Bayer), principaux traitements remboursés dans le cadre de la DLMA. Une mise en oeuvre temporaire qui oblige le laboratoire à effectuer le suivi des patients inclus dans le protocole. « Cela est obligatoire dans le cadre d'une RTU, procédure qui n'est jamais déposée par le laboratoire lui-même, mais par un tiers (ministère, associations, médecins...), nous précise l'ANSM. Le laboratoire devra s'assurer qu'il n'y a pas d'effets indésirables pour les patients ». Du côté de Roche, pas question d'endosser une telle responsabilité. « Cet usage hors AMM d'Avastin dans la DMLA ne peut être réalisé que sous la seule responsabilité de l'État ou de tout tiers habilité par l'État - médecins, pharmaciens qui le reconditionnent... », précise le laboratoire. Avec la mise en place de cette RTU, le ministère de la Santé entend réaliser d'importantes économies. Car l'Avastin coûterait 10 euros par injection contre 739 euros pour le Lucentis de Novartis. Ce traitement représenterait d'ailleurs le premier poste de dépenses de la Sécurité sociale pour la DMLA avec 428 millions d'euros remboursés pour l'année 2013, selon Le Monde. Le journal soulève également que l'Avastin en tant que nouveau traitement pour la DLMA serait un vrai manque à gagner pour Roche. Car ce dernier a développé le Lucentis et touche des redevances sur les ventes, hors États-Unis, de la part de Novartis. En 2014, Roche a d'ailleurs empoché 1,6 milliard de dollars grâce au traitement phare de la DLMA (Novartis a généré 2,4 Mrds $ de son côté). Les deux laboratoires sont aujourd'hui dans le viseur de l'Autorité de la concurrence française, qui les soupçonne « d'avoir mis en oeuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la commercialisation des traitements de la DMLA » et qui a mené l'année dernière des perquisitions aux sièges des deux groupes en France. Le dossier est toujours en cours d'instruction. En mars 2014, l'autorité italienne de la concurrence avait déjà infligé une amende record de 1,2 Mrd $ pour les mêmes raisons.

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