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Dix propositions pour un meilleur usage du médicament

Nicolas Vuidez

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Au moins 10 000 morts, plus de 130 000 hospitalisations et près de 1,3 million de journées d'hospitalisation par an : c'est le lourd bilan du mauvais usage du médicament en France. Un chiffre d'autant plus alarmant que 45 à 70 % de ces situations pourraient être évitées. Ces accidents liés au médicament - on parle aussi de iatrogénie médicamenteuse - recouvrent différents phénomènes : mauvais dosage, mauvaises prises, ou encore interaction entre plusieurs médicaments. Pour sensibiliser à cet enjeu de santé publique, un collectif de professionnels du secteur, dont le Leem et le laboratoire Teva, se sont rassemblés, le 22 mars 2018 à Paris, pour présenter leurs dix propositions en la matière. Le collectif Bon usage du médicament représente en tout plus d'un million d'acteurs de la santé (pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes, représentants des Ehpad, etc.). « Nous avons travaillé sur ce sujet, avec discrétion, on s'est intéressé à toutes les facettes du sujet, ce que nous présentons, c'est une preuve de concept. Nous réalisons des économies et nous faisons bouger les lignes », a présenté en introduction le porte-parole du collectif, Éric Baseihac, par ailleurs directeur des affaires économiques et internationales du Leem. Il appuie ses dires sur une évolution positive dans le nombre de médicaments prescrits par semestre qui est passé de 10,5 en moyenne à 9,4 entre 2014 et 2016, chez les plus de 65 ans. Une période pendant laquelle le collectif avait lancé une vaste campagne de communication à destination du grand public baptisée : « Les médicaments sont là pour vous aider mais... ils ont parfois du mal à vivre ensemble ».

Agnès Buzyn prend position

Une action autour de l'usage du médicament à laquelle n'est pas restée insensible Agnès Buzyn, la ministre chargée de la Santé, venue échanger avec les porteurs de cette tribune. S'appuyant sur son expérience personnelle de médecin spécialiste, elle a rappelé en préambule le drame que pouvait représenter un mauvais usage du médicament. Elle a également répondu à plusieurs propositions formulées par le collectif. À la question de lancer des campagnes de communication grand public sur le sujet, la ministre a rappelé : « La campagne de communication autour des antibiotiques, "Les antibiotiques, c'est pas automatique", a diminué la consommation, mais un an plus tard, les niveaux étaient revenus au point de départ. » Agnès Buzyn a plaidé pour une implication plus grande des professionnels de santé : « Les campagnes sont très chères pour être efficaces, je suis persuadée que seule la parole du professionnel de santé a vraiment un impact au niveau individuel ». Elle a également appelé à renforcer la communication entre les différents acteurs, si besoin par « des logiciels adaptés pour que l'information puisse circuler entre professionnels de santé ». C'est une des pistes proposées par le collectif, qui inclut dans ces 10 propositions la généralisation des outils d'aide à la prescription. L'objectif est de limiter au maximum les risques d'interactions qui surviennent parfois entre les prescriptions spécialistes et généralistes. À l'heure actuelle, la plupart des logiciels d'aide à la prescription n'alertent le médecin que sur les interactions détectées parmi les médicaments prescrits par lui seul. À l'avenir, les logiciels pourraient ainsi intégrer les données fournies par l'Assurance maladie, qui recouvrent l'ensemble des consultations. Au-delà de ses 10 propositions, le collectif souhaite faire perdurer cette action en demandant la création d'une journée nationale du bon usage du médicament, chaque 22 mars. Dès 2019, cette journée prendra la forme d'un congrès réunissant l'ensemble des acteurs concernés par le bon usage du médicament.

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