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DHL assure la sécurité des produits pharmaceutiques

À L'AÉROPORT DE ROISSY-CHARLES- DE-GAULLE, FLORENCE MARTINACHE

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UN BASCULEMENT DE L'AÉRIEN VERS LE MARITIME

Malgré un nombre croissant de clients, le chiffre d'affaires de DHL Global Forwarding généré par l'industrie pharmaceutique est « plutôt stable », d'après Jean-Paul Michel, vice-président Marketing et Sales pour la France. La raison : le succès croissant du maritime, une solution plus économique que l'envoi par avion. « Le rapport de chiffre d'affaires est presque de 1 à 10 », précise le responsable des ventes. La transition présente donc un avantage économique certain, mais elle ne se fait pas sans mal. « Cela prend beaucoup de temps, entre 12 et 16 mois souvent car il y a beaucoup de protocoles à respecter. C'est une démarche interne qui est très lourde chez un client, parce qu'en passant de l'aérien au maritime, le cycle d'approvisionnement change », note Jean-Paul Michel. Avec le maritime, les durées de transport sont en effet plus longues et les aléas plus fréquents que dans l'aérien. Le passage de l'un à l'autre comporte donc des risques et ne convient pas à toutes les marchandises. Cédric Porte note toutefois que « ce n'est pas uniquement le fret peu cher » qui emprunte la voie maritime, « nous commençons à avoir du vaccin ». Le volume de produits pharmaceutiques reste tout de même anecdotique dans ce mode de transport car il faut également composer avec les réticences des compagnies maritimes qui rechignent à transporter du fret d'aussi grande valeur.

DHL assure  la sécurité  des produits pharmaceutiques

SCANNER À RAYONS X PLACÉ DANS UNE CHAMBRE FROIDE.

© © DHL Global Forwarding

DHL Global Forwarding, la branche de DHL chargée des transports aériens et maritimes, dispose sur le site même de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle d'un entrepôt de transit aérien dédié aux produits pharmaceutiques.

« Nous avons accès aux pistes ici. » Gilbert Blanchet, responsable des Opérations aériennes chez DHL Global Forwarding, confirme ce que la proximité des avions laissait pressentir à l'approche de l'entrepôt. Grâce à son emplacement privilégié au sein de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, cette plateforme de DHL dédiée aux produits pharmaceutiques réduit au maximum la durée entre la remise du fret à la compagnie aérienne et son embarquement. « Nous réduisons ainsi ce laps de temps durant lequel l'envoi n'est plus tracé dans les systèmes d'informations », argumente Jean-Paul Michel, vice-président Marketing et Sales pour la France chez DHL Global Forwarding. Au sein de l'entrepôt, les colis de produits pharmaceutiques sont traités avec le soin qu'ils nécessitent. Le site est sécurisé, les accès contrôlés et l'ensemble du personnel (de quai, des opérations et commercial) est formé aux bonnes pratiques de distribution pharmaceutiques. Pour cela, un pharmacien responsable du groupe DHL vient régulièrement dispenser une formation basée sur les lignes directrices établies en 2004. La dernière remonte à octobre et les changements attendus en 2013 pour ces guidelines devraient donner lieu à de nouvelles mises à niveau. A cela s'ajoutent des audits de clients deux à trois fois par an.

Une température contrôlée en permanence

 

Dès leur livraison par camion, les colis sont pesés et mesurés dans la zone de préparation de 190 m2. Celle-ci n'est pas sous température dirigée, les colis n'y passeront que quelques minutes. Après avoir été scannés aux rayons X, ils sont transférés dans des entrepôts de transit sous douane. Ici, la température est soigneusement contrôlée « 365 jours/365 avec contrôle à distance des hyperchambres, et il y a une alarme sur internet en cas de problème », précise Gilbert Blanchet. Les données récoltées sont enregistrées et gardées en mémoire plusieurs années. L'espace est découpé en trois zones bien distinctes correspondant à trois plages de température. 1 500 m2 sont ainsi dévolus aux produits devant être conservés entre 15 et 25 °C et 400 m2 à ceux devant être stockés entre +2 et +8 °C. La plateforme compte également 10 m2 maintenus à -20 °C. Les produits nécessitant une température aussi basse étant peu nombreux, cette dernière zone sert surtout à stocker les « gel packs » de DHL. Ces poches remplies d'un gel réfrigérant sont utilisées pour la confection de « colis autonomes », c'est-à-dire des boîtes à l'intérieur desquelles il régnera une certaine température durant une durée déterminée pour des conditions données, cela sans le secours d'un refroidissement mécanique ou externe. Le tout pouvant être complété par des couvertures de survie recouvrant le colis. Ce type de conditionnement est constitué soit par le laboratoire pharmaceutique lui-même, soit par DHL. Pour les colis non autonomes, la société de transport dispose de containers spéciaux dans lesquels des gels packs sont glissés à des emplacements prévus afin de maintenir l'intérieur à la température requise.

Une autre solution, plus coûteuse pour l'expéditeur, est l'emballage actif. Il s'agit des Envirotainers, des conteneurs équipés d'un système de ventilation et d'une batterie pour réguler la température. « Pendant un temps, les Envirotainers étaient très utilisés, mais maintenant nous avons beaucoup de packagings autonomes car l'Envirotainer revient très cher. Il représente déjà une masse à vide de 750 kg uniquement pour le volume », souligne Cédric Porte, business development manager Life sciences and Healthcare chez DHL Global Forwarding. Dès sa réception, chaque colis est identifié avec une étiquette « On hand » signifiant qu'il est désormais entre les mains de DHL. Le numéro qui y est inscrit correspond à un dossier tenu à jour pour chaque opération réalisée sur l'envoi. DHL établit ensuite la lettre de transport aérien (ou air waybill), qui constitue le contrat de transport avec la compagnie aérienne. Une seconde vignette comportant le numéro du vol qu'empruntera la marchandise est alors apposée aux côtés de la première. « Dans notre système d'exploitation, tout est tracé. A chaque étape du transport, un message apparaît automatiquement dans le suivi du colis, consultable sur le site internet de DHL », détaille Cédric Porte.

La société de transport propose également d'installer un dispositif d'enregistrement de la température à l'intérieur du colis. Du nom de Smartsensor RFID, cet enregistreur ne nécessite pas de déballer le colis pour accéder aux données. Lorsque le paquet est réceptionné à destination, l'historique des températures est mis à disposition de l'expéditeur sur le site internet de DHL. « Même si le client met ses propres enregistreurs, nous mettrons parfois les nôtres aussi, si nous voulons contrôler ce qui se passe sur une destination difficile, par exemple », précise Cédric Porte.

Enfin, pour les expéditions de produits très sensibles, tels que les produits issus de biotechnologies ou les produits destinés à des essais cliniques, DHL propose un service supplémentaire : LifeConEx. « C'est un service proactif. Au lieu d'aller sur Internet pour voir où en est l'expédition, le client reçoit des messages à chaque étape du transport », détaille Cédric Porte. L'avantage étant la rapidité, puisque les opérateurs de LifeConEx vont chercher les informations à la source.

Pour l'heure, l'embarquement des produits reste classique. Une fois flanqué de ses deux étiquettes, le colis est installé avec ses congénères sur une « palette avion ». L'opération revient aux compagnies aériennes dans le cas courant, mais DHL peut décider de s'en occuper, puisque la société dispose de palettes avion ainsi que d'une fosse pour palettiser : ce type de palette pouvant atteindre trois mètres de haut. Solidement amarrées dans la soute, les palettes sont alors prêtes à s'envoler pour rejoindre leur destination.

Des investissements continuels

 

D'autres services sont en réflexion au sein de la société de transport. DHL ambitionne de devenir un acteur incontournable dans le secteur du transport et de la logistique pharmaceutiques. De ce fait, il ne lésine pas sur les investissements. La plateforme de Roissy a, par exemple, vu sa taille doubler en 2009. Celui-ci est la seule infrastructure de ce type dont DHL dispose en France actuellement. Mais « peut-être que demain nous en aurons d'autres en fonction de la demande de nos clients », projette Jean-Paul Michel. En 2011, six nouveaux hubs aériens DHL ont d'ailleurs vu le jour un peu partout dans le monde. La compagnie met également l'accent sur l'innovation, puisqu'elle possède un centre d'innovation basé à Bonn (Allemagne). Le Smartsensor est l'une de ses créations.

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DHL DANS LE SECTEUR PHARMACEUTIQUE

La société de transport et logistique possède des infrastructures réparties dans le monde entier pour servir le secteur de la santé :

- 28 centres de fret aérien avec des compétences en sciences biologiques ;

- 4 hubs régionaux basés à Singapour, Dubaï, Istanbul et à Panama City proposant des services d'entreposage au sein de zones de libre échange ;

- 23 cellules proposant des environnements pour la logistique des essais cliniques ;

- 4 hubs situés à Banbury (Angleterre), Mulhouse (France), Milan (Italie) et Grimbergen (Belgique) constituant un réseau de transport routier européen respectant la chaîne du froid pour les petits volumes de fret ;

- Environ 4 000 collaborateurs dédiés à ce secteur.

Pour DHL Global Forwarding, le secteur pharmaceutique représente entre 7 et 10 % des flux. Côté maritime, les volumes restent marginaux (moins d'1 %) au regard du volume total de marchandises transportées.

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