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Désaccord entre l'Afipa et l'ANSM

L.H.

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Désaccord entre l'Afipa et l'ANSM

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Des substances actives plus visibles, au détriment des marques. C'est ce que prône l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans sa recommandation du 28 février. Celle-ci visait à standardiser les conditionnements de certains médicaments dans le cadre du plan initié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour réduire de moitié les erreurs médicamenteuses dans le monde. Pour ce faire, l'ANSM suggère de revoir l'emplacement des mentions sur les différentes faces des boîtes, le choix de la police et de la taille d'écriture, les couleurs et l'apposition de pictogrammes. Une recommandation à caractère non obligatoire contre laquelle s'est insurgée l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa), le 31 mai. Celle-ci dénonce une moindre lisibilité, une plus grande ressemblance entre les emballages, mais aussi le fait que l'ANSM avance un chiffre, de 30 % d'erreurs médicamenteuses présentées en lien avec les conditionnements, mais sans préciser le contexte de survenue de ces signalements. L'Afipa y oppose les chiffres du Bulletin Vigilances d'octobre 2016 de l'ANSM, selon lequel sur les 186 types de confusion recensés depuis 2005, seuls 5 sont dus à des types de confusions de médicaments d'automédication par voie orale entre eux. « Quand on sait que les médicaments d'automédication représentent un médicament vendu sur sept à l'officine, ce taux extrêmement bas démontre l'incohérence de cette mesure qui ne se justifie pas au vu de ces chiffres », déplore l'association dans son communiqué. Pour appuyer son argument selon lequel cette recommandation apporterait au contraire une plus grande confusion pour le patient, l'Afipa évoque une étude, réalisée en avril 2018, par l'institut Opinionway. Menée sur un échantillon représentatif de la population de plus de 1 000 personnes, celle-ci aurait apporté « la preuve du danger pour les patients que représente la recommandation sur les packagings » : environ un quart de la population identifiera moins bien l'indication des médicaments avec des packs conformes à la recommandation de l'ANSM, plutôt qu'avec les conditionnements actuels, conclut-elle. Les nouveaux packagings ont été jugés moins faciles à lire (34 % vs 52 %), moins faciles à comprendre (32 % vs 50 %), moins faciles à trouver en officine (22 % vs 41 %) ou dans l'armoire à pharmacie familiale (24 % vs 45 %) et mettant moins clairement en avant l'indication (36 % vs 54 %). Enfin, jusqu'à 96 % des personnes interrogées ignoraient le nom de la substance active ou à quoi elle sert précisément. L'Afipa a donc proposé à l'ANSM d'assurer la bonne lisibilité de la dénomination des actifs, qu'elle reconnaît être une information nécessaire au bon usage du médicament, mais sans toutefois minimiser le nom de la marque. Ce à quoi l'ANSM a répondu que « les recommandations n'incitent pas à la suppression du nom de marque du médicament, mais insistent sur le fait que la marque ne devrait pas apparaître de façon prédominante par rapport aux mentions nécessaires pour le bon usage du médicament car il est essentiel que les patients puissent identifier facilement ce que contient le médicament sans se fier uniquement à la marque ». Après avoir rappelé qu'elle ne souhaite « en aucun cas » la mise en place d'un « paquet neutre », terme employé par l'Afipa.

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