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Des partenaires pour faire basculer la pharma

L'industrie pharmaceutique tarderait encore à passer totalement à l'industrie 4.0, contrairement à d'autres secteurs industriels. Regards croisés d'Altran, Festo et Rockwell Automation sur cette phase de transition.

Alors que la transformation digitale de l'usine pharma n'en est encore qu'à ses balbutiements, les fournisseurs d'équipements et de solutions veulent apporter un regard différent pour contribuer à son accélération. « Il ne faut pas forcément faire de la stigmatisation sur l'industrie pharma, chaque secteur d'activité a ses propres contraintes, il y aura des opportunités et des limites. L'industrie pharma doit trouver son propre chemin », défend Alain Molina, Manager Life Sciences pour Festo. Un chemin qui pourrait cependant s'inspirer d'autres secteurs, réputés plus en avance. C'est ce que pense Olivier Vallée, Responsable du programme Industrie du Futur pour Rockwell Automation. Il observe que « les cloisons ont tendance à tomber, on se renseigne sur ce qui se fait chez le voisin ». Un point de vue que partage Xavier Duburcq, vice-president Life Sciences pour Altran. « C'est une priorité pour nous de développer des solutions interfilières permettant de partager les meilleures pratiques d'un secteur à l'autre ». En contribuant à décloisonner les projets, les fournisseurs voient les bonnes idées se propager à la pharma.

Des idées à prendre dans d'autres secteurs

« Les secteurs les plus avancés sont ceux confrontés à des difficultés économiques, ils ont fait face à des soucis de personnalisation et de fabrication à la demande », poursuit Olivier Vallée, qui cite en exemple le secteur automobile : « une industrie qui a beaucoup évolué dans la demande client. On configure son véhicule par Internet. Un parallèle peut être fait avec la pharma sur cette personnalisation, on sort d'une logique où les grands industriels produisaient en masse pour aller vers des traitements plus personnalisés ». La bascule se fait d'une offre de molécules à une offre de services : application pour le suivi du traitement, conseils pour la prise des médicaments, un packaging de solutions à peaufiner. « Il faut se différencier sur les services proposés autour de la molécule », souligne Xavier Duburcq pour Altran. Mais la transformation est aussi attendue pour optimiser les procédés de production. « On a développé pour Airbus un "digital twin" de zone de production avec en temps réel des remontées sur les données de vie des équipements. Ce n'est absolument pas spécifique à un seul secteur », poursuit Xavier Duburcq. La donnée (et son exploitation) apparaît ainsi comme un des leviers majeurs de la transformation des usines. « Il y a énormément de données qui sont collectées dans l'usine dont l'utilisation avancée est anecdotique, alors que c'est un puissant outil d'évolution dans la conduite des procédés », souligne également Alain Molina qui mentionne : « Nous avons, par exemple, développé un produit intelligent et communicant, le "motion terminal" qui, pour ajuster les mouvements pneumatiques, analyse, traite et transmet beaucoup de données des équipements industriels ». Des données qui peuvent aussi être utilisées pour la maintenance, comme le détaille Xavier Duburcq : « on a développé des outils spécifiques pour aller récupérer des données, liées à la vibration, liées à la chaleur, pour détecter des pannes dans une logique de maintenance prédictive ». Une approche centrée sur la donnée qui accompagne aussi la mutation de l'industrie vers davantage d'ouverture auprès des jeunes salariés.

L'homme au coeur de la transition

« Un exemple d'application est un "Whatsapp" de la maintenance pour que les opérateurs puissent partager l'information. Cela crée un flux instantané qui permet de réduire les nombres et temps d'arrêts de machine des usines et fait accélérer la résolution de problèmes », détaille Olivier Vallée qui plaide : « Quand on fait la démo de cette application, les jeunes de 25-30 ans la prennent en main très rapidement et cela se traduit par une diminution des coûts de formation et de supervision opérationnelle (...) Aujourd'hui, c'est la première fois que l'industrie est en retard sur le grand public, on a beaucoup de mal à recruter des jeunes ». Une façon de replacer l'homme au coeur de l'usine du futur. « Les hommes doivent être à la base de tout. La transition digitale est une usine où l'humain est au coeur. Des tâches répétitives vont disparaître et l'humain va rester au coeur du sujet », projette Olivier Vallée pour baliser la transition vers l'usine du futur. « Le monde industriel devra changer sa façon de voir son outil de production, de travailler et de penser l'environnement de production. Ne basons pas la "smart industrie" uniquement sous l'égide de l'innovation », prévient Alain Molina.

En conclusion, nos fournisseurs poussent à l'action. « Je pense que l'intelligence artificielle, le "machine learning" ou apprentissage automatique et l'analytique vont jouer un rôle crucial en permettant aux industriels d'avoir un meilleur contrôle de leurs processus de fabrication », projette Xavier Duburcq. « Il faut faire une évolution culturelle, changer les habitudes, les cultures, les points de vue, ce sont des choses à faire de bas en haut en partant de réalisations modestes qui vont servir de laboratoires », indique Alain Molina. Au-delà de l'évolution des équipements, le moteur de l'usine du futur reste la volonté des hommes.

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