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Des équipements dédiés à la pharmacie émergent à l'Achema

À FRANCFORT, AURÉLIE DUREUIL ET DINHILL ON

Les équipementiers pour l'industrie pharmaceutique et des biotechnologies avaient rendez-vous en juin à Francfort (Allemagne) pour présenter leurs innovations. L'occasion de faire un état des lieux des technologies et des tendances.

Le salon des procédés chimiques et pharmaceutiques s'est tenu à Francfort (Allemagne) du 15 au 19 juin. Pour cette nouvelle édition, le salon a accueilli plus de 166 000 participants au cours de ces cinq jours autour des 3 813 exposants et des conférences techniques. Cet événement, organisé tous les trois ans, a cette année été le témoin de l'émergence de nouvelles solutions pour le process. Avec deux halls dédiés au packaging et de nombreux exposants disséminés dans les halls thématiques, la pharmacie et les biotechnologies ont ainsi pris un peu plus d'ampleur.

Dans ce domaine, les équipementiers ont ainsi proposé toujours plus de solutions à usage unique. « L'acceptation des systèmes à usage unique dans les productions biopharmaceutiques a considérablement augmenté au cours des 15 dernières années. C'est particulièrement le cas pour tous les procédés qui impliquent des cultures de cellules animales (...). Il est probablement prudent d'affirmer que les systèmes à usage unique sont utilisés dans 2/3 des nouveaux designs de procédés pour ces applications », observe les organisateurs du salon. Le confinement des opérations semble également faire l'objet d'une attention croissante des laboratoires pour répondre aux réglementations de plus en plus strictes. « C'est un marché en pleine croissance car la fabrication sous isolateur est en train de devenir la norme », constate Thierry Girard, président de Getinge La Calhène. Le fabricant d'isolateur enregistre ainsi une croissance de marché de 3 à 5 % par an, selon les régions du monde. Afin de répondre à la demande et aux exigences croissantes, la société a engagé un programme de modernisation de son outil de production pour une période allant jusqu'en 2018. Getinge La Calhène construit notamment une salle blanche ISO 5 pour les opérations de production de ces équipements de confinement et investit dans un laboratoire de microbiologie pour renforcer ces développements dans les méthodes de validation, confie le dirigeant. Une tendance que confirme Fabrice Escourrou d'Optima. Le groupe a développé une ligne de conditionnement de flacons prévue pour être montée au niveau de la cloison d'une salle stérile, ce qui permet d'installer un RABS d'un seul côté et de réduire l'encombrement de la ligne. « Aujourd'hui, en milieu aseptique, le RABS est le minimum. La direction claire est d'aller vers les isolateurs. D'ici 5 à 10 ans, l'utilisation des isolateurs sera généralisée. Le virage est pris. Malgré l'investissement initial, l'isolateur à terme présente un coût moins important qu'une salle stérile avec son coût d'exploitation », souligne-t-il. Le groupe allemand Bosch Packaging Technology mise également sur les technologies de confinement. Il a ainsi présenté à Achema une ligne de conditionnement d'anticorps pour un traitement du cancer dans laquelle un isolateur a été intégré. « Quand on travaille avec des anticorps, la protection autant pour les employés que pour le produit est absolument essentielle. Pour cette raison, nous avons intégré un isolateur fabriqué par notre nouvelle coentreprise avec Klenzaids », s'est félicité Uwe Harbauer, responsable de l'activité Pharma de Bosch Packaging Technology.

Autre sujet, le conditionnement, où les solutions de sérialisation et de lutte contre la contrefaçon progressent. Alors que les réglementations concernant la sérialisation se développent à travers le monde, les fabricants de machines de conditionnement ont tous présenté leur modèles permettant de faire de la sérialisation à la boîte, et pour certaines lignes, d'aller jusqu'à l'agrégation. À l'exemple de Marchesini qui a lancé plusieurs machines en fonction des formats. Les fournisseurs de solutions d'impression, de vision et de systèmes informatiques étaient également représentés. La société française Adents a dévoilé les évolutions de sa plateforme logicielle de sérialisation et agrégation. Hapa du groupe Coesia a présenté ses modules d'impression. « Les machines deviennent de plus en plus complexes. Nous avions besoin d'un système qui puisse être utilisé de nombreuses années », souligne Jean-Luc Devenoge, responsable senior Ingénierie d'Hapa. La solution d'Hapa s'appuie sur des modules avec différentes tailles qui peuvent être combinés.

Si la plupart des fabricants proposent des solutions liées aux évolutions réglementaires, d'autres vont plus loin avec des systèmes de lutte contre la contrefaçon. À l'exemple de Romaco qui a dévoilé un système d'hologrammes pour les blisters.

Et le salon a aussi été l'occasion de présenter les problématiques d'usine connectée. « Nous croyons que l'usine connectée offre de nombreuses opportunités. En particulier, nous la voyons comme un moyen efficace de fournir un meilleur service », a indiqué Uwe Harbauer (Bosch Packaging Technology). Il a cité notamment le service « Remote Service Portal » qui permet aux utilisateurs de connecter leurs machines avec le « Remote Service Center » de Bosch pour recevoir un support sans visite sur site pour des opérations de maintenance, de diagnostic... Chez Siemens, Peter Herweck, p-dg de la division Process industries and Drives, a souligné « le lien entre deux concepts : l'automation et la digitalisation ».

 

Vers des systèmes modulaires de contrôle

 

Du côté de Rockwell Automation, Alain Hermans, responsable Europe de la division Solutions d'automatisation des procédés, affirme que « le secteur industriel évolue lentement mais sûrement vers des systèmes de contrôle modulaires et ouverts, adaptés au besoin de chaque utilisateur ». Ce type de système, comme le PlantPax, permet ainsi de gagner en flexibilité, en fiabilité et en rendement de production. Et dans le domaine de la santé, le groupe a développé avec Sartorius Stedim, le Biostat CultiBag STR. Siemens a ainsi fourni le MES pour ce bioréacteur. Si les grands groupes spécialisés dans l'automation et les logiciels se positionnent sur le concept d'usine connectée, d'autres sociétés développent également des systèmes. Ainsi, la société Gecitech, spécialisée dans les flexibles et les raccords inox, a développé une solution de traçabilité de ses équipements. Cette solution vise à répondre à la demande de la pharma pour connaître les équipements installés à travers le site et comment cela a fonctionné... Petit à petit les process pharmaceutiques et biopharmaceutiques se font une place croissante sur le salon allemand pour ainsi couvrir toutes les problématiques rencontrées par les industriels du secteur.

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