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Des cursus en évolution pour répondre aux besoins de la filière

Des cursus en évolution pour répondre aux besoins de la filière

Polytech Orléans propose des lignes de production à ses étudiants.

© Polytech Orléans

Les entreprises sont demandeuses de jeunes capables de mettre en oeuvre les avancées de l'usine 4.0. Les écoles doivent donc adapter les enseignements destinés aux futurs diplômés.

« La science-fiction de demain, c'est maintenant. » C'est par ces mots qu'Abdelkhalak El Hami, directeur du département de mécanique de l'Insa (Institut national des sciences appliquées) de Rouen Normandie, décrit les efforts déployés par les écoles pour que leurs formations répondent aux transformations de l'usine 4.0, voire les anticipent. Robotique, cobotique, fabrication additive, réalité virtuelle, mesure de données et aide à la décision par rapport à ces données... Ce sont là quelques-uns des changements apportés par la 4e révolution industrielle. Mais celle-ci ne se limite pas à ces nouvelles technologies. L'organisation du travail et le rôle des managers sont aussi ébranlés. Les entreprises ont besoin de personnel capable d'appréhender les avantages à tirer de ces nouveaux procédés et de les mettre en oeuvre. Les écoles doivent anticiper ces changements et adapter les formations des futurs ingénieurs. « L'esprit de l'usine du futur, c'est davantage de flexibilité, une interaction constante entre tous les maillons de la chaîne de production », explique Michel Esnault, responsable du Mastère spécialisé Manager Industrialisation 4.0 du groupe Cesi. « Dans l'usine 4.0, la chaîne informatique est remise à plat. L'information n'est plus uniquement descendante, elle est aussi remontante. Les machines sont plus adaptables et dialoguent entre elles. La production est personnalisée, les séries à produire sont plus courtes, adaptées aux usages des clients », poursuit-il. Pour Stéphanie Petit, directrice des Relations entreprises de l'Insa Rouen Normandie, les besoins des entreprises portent beaucoup sur l'optimisation de l'industrialisation et sur l'accompagnement des employés dans ces transitions. De son côté, Gilles Hivet, directeur de la spécialité Génie industriel appliqué à la cosmétique, à la pharmacie et à l'agroalimentaire de Polytech Orléans, indique : « Nous avons identifié quatre grands domaines de mutation de l'usine. Le premier est technologique, avec les systèmes d'information, de communication, les objets connectés et les systèmes embarqués. Le deuxième concerne le management de la production, le troisième est la dimension internationale. Quant au quatrième domaine, il s'agit de l'usine virtuelle et de la réalité virtuelle. La virtualisation entraîne déjà et va entraîner des modifications importantes dans le développement des outils de production, mais aussi dans le travail quotidien. ». Polytech Orléans intègre dans ses formations des enseignements pédagogiques qui répondent à ces besoins. L'école forme ses élèves à l'usine virtuelle et à la réalité virtuelle dans le cadre d'un partenariat avec Dassault Systèmes et avec l'entreprise NNE, avec qui elle travaille sur la virtualisation des lignes de production. Des cours sont dispensés sur les mutations technologiques, mais les élèves sont également accompagnés pour décrocher des certifications professionnelles de deux types : l'une en Lean Six Sigma, l'autre en « supply chain management ». Il est aussi possible, pour les élèves qui le souhaitent, de passer une certification CPIM part 1, dont l'objectif est de maîtriser les fondamentaux de la « supply chain ». À l'Insa Rouen Normandie, les filières s'adaptent en fonction des besoins des entreprises, sur la digitalisation, la fabrication additive et les transitions économiques, numériques, environnementales. Un mastère spécialisé Expert en sciences des données a été ouvert.

Un mastère spécialisé Manager Industrialisation 4.0 au Cesi

Pour répondre aux demandes des entreprises sur l'industrialisation, le Cesi a, lui aussi, ouvert un nouveau mastère spécialisé, intitulé Manager Industrialisation 4.0, en partenariat avec l'Esigelec. « Deux blocs de compétences portent sur les systèmes d'information et sur l'"usine du futur" », explique Aurélie Dumarché, chef de projet du mastère. L'un des objectifs de cette formation est de permettre aux étudiants d'identifier les nouvelles technologies de l'« usine du futur » (robots collaboratifs, Internet industriel), les scénarios d'innovation possibles, et de les mettre en oeuvre. L'idée n'est pas de maîtriser à 100 % chacune des nouvelles solutions, mais d'en avoir une vue générale et de savoir utiliser à bon escient ces « briques ». « Au-delà de l'évolution des enseignements, 25 % des cours sont donnés par des professionnels qui apportent leur savoir aux étudiants et nous font aussi part des besoins des entreprises. Nous apprenons aussi à nos étudiants à apprendre par eux-mêmes. En effet, ils vont travailler au moins 40 ans et l'on ne peut pas savoir aujourd'hui quelles seront les avancées technologiques à ce moment-là », précise Christophe Léger, directeur de Polytech Orléans. À l'Insa de Rouen Normandie aussi, explique Abdelkhalak El Hami, 20 % des cours sont donnés par des professionnels. « Nous avons aussi des enseignants-chercheurs, en avance sur ces nouvelles technologies, qui échangent avec les étudiants sur les avancées en cours, par exemple sur la fabrication additive ou le refroidissement des cartes électroniques embarquées. » Et les jeunes, dans tout cela ? « Ils se montrent très réactifs, très intéressés, parfois même plus que les enseignants, poursuit Abdelkhalak El Hami. Il arrive que leurs questions nous impressionnent, voire qu'ils nous posent des colles. » Mais cela, c'est une fois dans l'école, en cours de formation. Auparavant, « il y a énormément d'efforts à faire pour réconcilier les jeunes avec l'industrie », indique Christophe Léger.

« L'AMÉLIORATION CONTINUE PASSE PAR UN CONTACT FORT AVEC LES PERSONNES »

Témoignage de Julie Debonne, 25 ans. Julie est étudiante de 5e année à Polytech, dans la première promotion de la formation Génie industriel appliqué à la pharmacie, à la cosmétique et à l'agroalimentaire. « Le génie industriel est un vaste domaine, il traite de tout ce qui touche à l'industrie au niveau de l'ingénieur : qualité-validation, production, logistique « supply chain », mais aussi amélioration continue et performance opérationnelle, spécialité que j'ai choisie. Je ne connaissais pas du tout avant d'arriver à l'école, j'ai découvert petit à petit au cours de mon cursus. L'amélioration continue passe par un contact fort avec les personnes, et c'est ce contact humain qui me plaît. Un point très important est que la carte pédagogique a été en partie construite par rapport aux besoins du marché, et que les industriels soutiennent la spécialité. De plus, beaucoup de nos cours sont donnés non par des universitaires, mais par des industriels, qui connaissent donc parfaitement les besoins des entreprises. Par ailleurs, le virtuel occupe une grande place dans notre cursus et nous avons de nombreux cours sur des logiciels, par exemple des logiciels d'implantation de lignes, mais aussi sur l'optimisation de flux, l'amélioration continue. Ce sont des compétences très demandées dans les processus de recrutement ».

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