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Des atouts mal exploités

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Des atouts mal exploités

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

Nous sommes probablement nombreux à penser que la France a mauvaise presse auprès des investisseurs étrangers, à cause de ses boulets : 35 heures, grèves, coût de la main-d'œuvre, séquestrations de patrons... D'ailleurs, des annonces répétées de désinvestissements semblent confirmer cette thèse. Les laboratoires pharmaceutiques étrangers qui avaient investi en France dans les années soixante-dix ne font pas exception à ce mouvement de désindustrialisation. Glaxo SmithKline, Pfizer, AstraZeneca, Boehringer Ingelheim... , des grands noms de la pharmacie mondiale ferment ou vendent régulièrement des sites. Mais d'autres investissent. Le Danois Lunbeck a racheté Elaiapharm et l'Américain Genzyme achève la construction d'une usine à Lyon (usine qui pourrait passer sous pavillon français si l'OPA de Sanofi-Aventis réussit !). Du coup il est bien difficile de se faire une idée tranchée sur la question de l'attractivité de la France au regard des grands décideurs étrangers. C'est justement pour en avoir le cœur net que Christian Lajoux, président du Leem, a commandé, auprès d'AEC Partners, une grande enquête sur la perception qu'ont de la France les grands groupes industriels du médicament. Que peuvent-ils bien penser de notre marché, de notre outil de production, de notre recherche ?

La bonne nouvelle révélée par l'enquête est que leur perception est plutôt positive. Déjà le marché est considéré comme relativement attractif. Ce qui est légitime : la France est l'un des deux grands marchés européens et le 4e marché mondial après les États-Unis, le Japon et l'Allemagne. Côté production, la pharmacie française a coutume de s'enorgueillir d'une place de premier producteur et premier exportateur de médicaments en Europe, et de 3e exportateur mondial. Et bien des investisseurs étrangers reconnaissent la qualité des hommes, des infrastructures et du réseau de distribution parfaitement sécurisé. Pour ce qui est du climat social, a priori un handicap, sa perception est finalement nuancée. Les industriels qui ont une connaissance plus intime de la France sont moins critiques que les autres. Mais avoir des atouts ne suffit pas. Il y a des marchés pharmaceutiques qui sont plus attractifs comme les États-Unis ou les pays émergents. La compétitivité française, même bonne, peut encore être améliorée. Quant à l'outil de production, il tourne sur des standards classiques et n'a pas suffisamment pris le virage des biomédicaments. Pour ce qui est de la R&D académique, c'est un peu le même constat. Elle est perçue comme très performante, mais beaucoup trop éclatée entre les divers instituts, pôles de compétitivité, hôpitaux et universités... Une organisation de type « usine à gaz » pour ceux qui souhaitent nouer des partenariats.

« La France a des atouts, constate cependant Christian Lajoux. Elle doit les transformer en avantages compétitifs ». Car l'enjeu est le maintien d'un rang mondial de plus en plus disputé par des états qui cherchent à se doter de productions locales. Forts du nouveau soutien des pouvoirs publics, les industriels vont maintenant tirer les enseignements de cette enquête afin de « valoriser l'offre France ». Christian Lajoux ajoute avec conviction : « Notre pays est l'un des plus importants au monde en matière d'innovation et de santé. Nous ferons tout pour que la France reste sur le podium ».


Il faut valoriser « l'offre France » au regard des grands industriels étrangers.

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