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Dépollution des sols : Biogénie installe son siège européen en Essonne

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Spécialiste de la dépollution des sols, le groupe canadien, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en France en 2005, veut développer ses activités en Europe.
Création du site francilien en 1999, agrandissement en 2003 pour devenir le plus grand biocentre de traitement de France, ouverture d'un site à Manchester au Royaume-Uni en 2005… L'expansion du groupe canadien Biogénie en Europe est en marche. Dernier jalon de cette conquête en date, l'ouverture du siège européen à Echarcon (Essonne), qui vient d'être célébrée. Et ce n'est pas fini. « Nous commençons à regarder les acquisitions. Nous avons opté pour un mélange de croissance organique et d'acquisitions dans les pays où nous nous installons ainsi que dans les pays limitrophes », a souligné Benoît Cyr, président de Biogénie. Un déploiement qui s'opèrera depuis la France vers les pays limitrophes. Biogénie envisage également de mettre en place un site de traitement à Lyon. Une dépollution assurée par les bactéries La société est spécialisée dans le traitement biologique des sols et des eaux polluées. La technologie propriétaire de Biogénie repose sur une “biopile” qui accélère la dégradation naturelle des polluants dans les sols ou dans les eaux, en créant les conditions optimales de croissance et de vie bactérienne (nutriments, température, pH, oxygénation, etc.). Plus concrètement, il s'agit d'une masse de terre, reposant sur une surface imperméable et recouverte d'une bâche étanche, où l'on provoque une dépression. De l'eau et de l'air y circulent en continu. Les bactéries qui assurent la dégradation des polluants y trouvent toutes les conditions pour fonctionner à “plein régime” et ainsi éliminer plus rapidement les composés visés. Le système est conçu de façon à ce que les eaux usées soient acheminées vers un fossé de drainage. L'air est, quant à lui, traité à la sortie des biopiles grâce à différents filtres. Le procédé de Biogénie peut, selon le groupe, être appliqué sur une grande variété de sites industriels, tels que des raffineries, des dépôts pétroliers, des cokeries, des ateliers de créosotage ou encore des usines chimiques et pharmaceutiques. Le traitement peut être opéré sur ou hors site en fonction d'un ensemble de critères: volume de terre à traiter, concentration en polluants, usage futur du site dépollué etc. Cependant, « environ 80 % de nos activités se déroule en biocentre », précise M. Cyr. Le site d'Echarcon collecte principalement des terres de la région Ile-de- France, mais également de toute la France. L'intérêt de travailler en biocentre est de pouvoir valoriser les terres dépolluées auprès d'un centre d'enfouissement des ordures. Biogénie a signé un partenariat avec la société Semardel, distante d'une centaine de mètres. Un coût de traitement compétitif Le site d'Echarcon a une capacité de traitement de 300000 tonnes par an et contient sept biopiles. Il faut douze à seize semaines par biopile pour traiter des hydrocarbures. Ces délais varient selon la nature et la concentration des polluants. « Dans 80 % des cas, les terres sont polluées par des hydrocarbures », explique Benoît Cyr. Cinq grandes familles de polluants organiques: BTEX, HCT, HAP, PCB et les composés phénoliques peuvent être traitées par les sociétés. Il arrive parfois, face à des polluants plus réfractaires (les HAP lourds, par exemple) d'inoculer les terres de champignons à pourriture blanche. En revanche, les métaux lourds ne peuvent pas être traités, ils sont confiés à ses partenaires, la SEMARDEL et le Centre d'enfouissement technique de classe 2. Le coût du biotraitement d'une tonne oscille entre 50 et 60 €, contre 100 € pour l'enfouissement ou l'incinération. « L'intérêt de ce traitement biologique est triple: il coûte moins cher, la terre est revalorisée et le bilan écologique neutre », souligne Dominic Belanger, DG de Biogénie Europe. La société a déjà réhabilité des sites d'usines chimiques et pharmaceutiques, comme en France, où elle a traité le site d'un laboratoire pharmaceutique à Massy (Essonne) pollué par du TCE (trichloroéthylène). Le groupe, qui dépense près de 3 % de son chiffre d'affaire pour la R&D, concentre ses efforts d'innovation sur l'amélioration de l'ingénierie. « Nous souhaitons améliorer nos rendements, travailler sur d'autres polluants et atteindre d'autres seuils de dépollution », précise Benoît Cyr. Le recours à des bactéries génétiquement modifiées n'est pas envisagé: pas assez dans le concept « développement durable », selon Benoît Cyr. En ce jour d'inauguration du siège Europe de Biogénie à Echarco, le dirigeant affichait un franc sourire. Le chiffre d'affaire de son groupe en France, qui s'élevait à 1 million d'euros en 1999, est aujourd'hui dix fois supérieur. « Nous avons beaucoup de clients et des projets d'une toute autre envergure à gérer », explique-t-il. Si le groupe se porte bien en France, il est aussi considéré comme le fleuron de cette industrie dans son pays d'origine. « Notre pays est leader dans ce domaine, notamment grâce à la mise en place d'une réglementation pratique et pragmatique », avance le dirigeant. Au niveau mondial, après une croissance de 20 % en 2005, le groupe table sur une hausse de son activité de 30 % pour 2006.

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