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Dépenses de santé : levée de boucliers des producteurs de médicaments homéopathiques

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L'annonce par le gouvernement de son projet de baisse à 35 %, contre 65 % actuellement, du taux de remboursement de l'ensemble des médicaments homéopathiques a déclenché une vive réaction des deux principaux producteurs français, Boiron et Dolisos. Et la critique est virulente : cette mesure « perverse », est basée sur « de faux arguments économiques », selon Christian Boiron, président des laboratoires éponymes, qui précise que ce projet, outre son « aspect discriminatoire », représenterait en réalité « un déficit supplémentaire pour la Sécurité sociale » en « jetant un discrédit sur l'ensemble de cette thérapeutique ». Rappelant que les prix des médicaments homéopathiques sont bloqués depuis plus de quinze ans et sont moins coûteux que les médicaments allopathiques, Christian Boiron interroge le gouvernement sur la logique de cette mesure, alors que l'homéopathie française « est l'un des rares secteurs de la médecine et de la pharmacie française à être au premier rang mondial ». De leur côté, les Laboratoires Diolisos avancent des arguments identiques à ceux de Boiron pour défendre leur activité, tout en soulignant que le transfert de prescription de l'homéopathie sur l'allopathie « ne peut être neutre sur notre activité industrielle ». En 2002, Diolisos et les Laboratoires Boiron ont enregistré des chiffres d'affaires respectifs de 117 millions d'euros et 266 millions d'euros et emploient 1 174 et 2 600 personnes. Ils occupent les deux premiers rangs du marché mondial de l'homéopathie. La baisse du taux de remboursement des médicaments homéopathiques, qui devrait représenter une économie de 54 millions d'euros en 2004, n'est qu'une des nouvelles mesures envisagées par le ministre de la Santé, Jean-François Mattéi pour faire face au déficit des comptes de la Sécurité sociale. Le ministre veut , côté recettes supplémentaires, relever la taxe sur la promotion des laboratoires pharmaceutiques (150 millions d'euros de recettes sont attendus de cette mesure). Le ministre table également, au-delà de la politique de déremboursement déjà engagée (la liste des 84 médicaments déremboursés a été publiée la semaine dernière au Journal officiel) et la mise en place du TFR (Tarif forfaitaire de responsabilité) sur la mise en œuvre des outils de la maîtrise "médicalisée", encouragée par le président de la République en juin dernier : accords de bons usage de soins (notamment sur le médicament, les génériques, les antibiotiques, la visite à domicile) et incitation des caisses de Sécurité sociale à mieux contrôler les arrêts de travail et les admissions en affection longue durée. Mais également une baisse de la marge accordée aux grossistes répartiteurs de la distribution pharmaceutique (83 millions d'euros d'économies).

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