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Deinove lance ses bactéries

Julien Cottineau

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Une introduction en Bourse et un premier accord industriel. Deinove amorce 2010 en passant la vitesse supérieure. Quatre ans après sa création, la société montpelliéraine, spécialiste des bactéries déinocoques, a signé fin mars un accord de collaboration avec BENP Lillebonne, filiale du groupe agro-industriel Tereos. Cet accord, non-exclusif, s'inscrit dans le projet Deinol qui vise la mise au point de procédés de production de bioéthanol ligno-cellulosique d'ici à 2014. Deinove a perçu 6 des 8,9 millions d'euros attribués par l'Oséo, sur un budget de 21,39 M€ qu'elle finance pour plus de la moitié (14 M€). L'accord avec Tereos porte sur la production de bio-éthanol par fermentation de céréales fourragères, en l'occurrence du blé. Deinove estime pouvoir obtenir un meilleur rendement en alcool et une meilleure utilisation de la biomasse. « Dans le grain de blé, il y a du son et de l'amidon », explique Jacques Biton, le directeur général. « Le procédé actuel n'utilise pas le son. Avec les déinocoques, nous espérons dégrader l'ensemble du grain. Et comme la production s'effectuera à une température de 50 °C et non de 30 °C, il y aura une amélioration énergétique ». Contrairement aux levures utilisées actuellement, une bactérie déinocoque est quasiment indestructible. Elle ne s'intoxique pas avec l'alcool et survit à des températures bien au-delà de 35 °C. Inutile de maintenir une température stable dans le fermenteur quand la production génère une augmentation de chaleur. D'où l'attente d'une productivité supérieure à moindres coûts. Deinove va, avant fin 2010, sélectionner parmi ses 3 000 déinocoques différents une poignée de candidats. Entre 2011 et 2012, ces bactéries seront étudiées en fermenteur de 300 litres. L'année suivante, le pilote industriel dans l'usine de BENP Lillebonne (Seine-Maritime) démarrera les phases de validation à échelle commerciale. Si tout le procédé est validé, l'usine l'appliquera alors à ses lignes de production fin 2013, début 2014.

 

« Démultiplier les partenariats industriels »

L'objectif principal de Deinove, qui souhaite rester un fournisseur de procédés biologiques, est de percer dans le domaine des biocarburants avancés, en premier lieu dans le bioéthanol de seconde génération. Le métabolisme des déinocoques comprend « toutes les propriétés enzymatiques pour dégrader le saccharose, l'amidon ou la cellulose », souligne Jacques Biton. Ce qui permettrait donc d'adapter les procédés en fonction de la biomasse utilisée. Et donc de démultiplier les partenariats industriels. Dans un premier temps, Deinove se concentrera sur le marché mondial existant, de première génération, qui pèse 38 Mrds $. « Nous souhaitons travailler avec ces partenaires-là, puis modifier les procédés actuels, permettre aux industriels de changer de matières premières, et les accompagner lors du passage à la seconde génération », précise Jacques Biton. En plus du blé, Deinove travaille sur la betterave et surtout sur le maïs, qui lui ouvrirait les portes du gigantesque marché américain.

Au-delà des biocarburants, 75 % des activités de Deinove aujourd'hui, la société développe des procédés en pharmacie (antibiotiques) et en chimie verte pour la production d'acides organiques (acide pyruvique et acide formique). En attendant d'être profitable d'ici quatre ou cinq ans, la société compte s'appuyer sur son introduction sur Alternext, mi-avril et dont elle attend une levée de 12 à 15 M€, pour accroître sa visibilité et mieux financer son développement.

 

 

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