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De Dietrich poursuit son déploiement international depuis l'Alsace

En France, comme en Europe, le marché des équipements pour la chimie fine pharmaceutique reste très calme. Aussi, la société De Dietrich se rattrape à l'international avec des vues sur l'Asie qui reste, dans ce domaine, le premier marché mondial.

Si le groupe De Dietrich Process Systems affiche plus de 330 ans d'histoire dans son fief alsacien de Zinswiller, ce spécialiste des équipements pour la chimie et la pharmacie se caractérise aujourd'hui par sa très forte empreinte internationale. Sur un effectif de 1300 collaborateurs, 900 personnes sont employées à l'international contre seulement 400 sur le territoire français. Sur un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros, le chiffre d'affaires France ne représente plus que 8 %, contre 92 % pour les revenus générés à l'international (50 % en dehors des frontières de l'Europe). Le groupe possède d'ailleurs une quinzaine de filiales à l'étranger, les plus importantes se situant en Allemagne, aux États-Unis, en Chine et en Inde.

De Dietrich a trois grands métiers. Son métier historique est celui de la fabrication d'équipements et d'accessoires en acier émaillé. Dans ce domaine, son premier site de production reste installé à Zinswiller en Alsace. Mais depuis 2006, la société produit aussi en Chine, grâce à la construction d'une unité « grass-roots », auxquelles s'ajoutent d'autres installations industrielles au Texas (États-Unis), en Inde, au Brésil et en Afrique du Sud. Un autre grand pan d'activité est celui des filtres sécheurs, apportés il y a quelques années par la société Rosenmund-Guédu. De Dietrich conserve un site de production à Semur-en-Auxois en Bourgogne, mais produit aussi en Suisse et en Caroline du Nord. Enfin, De Dietrich propose des équipements et accessoires en verre borosilicate, de marque QVF, particulièrement résistants à la corrosion (tout comme l'acier émaillé). La production est réalisée à Mayence en Allemagne.

D'ailleurs, Daniel Steck, le président de la société, ne s'en cache pas : « Le développement à l'international reste un axe de travail prioritaire », estime-t-il. En termes de production, l'objectif de De Dietrich est de conforter ses positions sur tous les grands territoires : l'Europe, l'Amérique, la Chine, l'Inde. Ces implantations industrielles lui permettent ensuite de travailler des marchés avoisinants.

Parallèlement à ce développement à l'international, le deuxième grand volet de la stratégie de De Dietrich est l'intégration des systèmes. « Nous proposons de réaliser des unités complètes autour de nos équipements », précise le dirigeant. Par exemple, pour le secteur de la chimie pharmaceutique, la société est sollicitée pour livrer des ensembles complets constitués de réacteurs, de filtres-sécheurs et de périphériques : systèmes de chauffage, de refroidissement, vide, instrumentation, automatismes... Ceci demande de vraies compétences d'ingénierie. « Nous avons commencé il y a une dizaine d'années. Avec les acquisitions de Rosenmund et de QVF, nous avons intégré de nouvelles gammes de produits et élargi notre portefeuille. Ceci nous a permis de démarrer la réalisation d'ensembles », commente Daniel Steck, citant quel-ques exemples : « L'an dernier, nous avons livré en Espagne une installation complète pour la production de fosfomycine en milieu stérile. En Argentine, nous avons livré 12 skids de réacteurs et périphériques qui avaient été montés et testés au préalable dans nos usines ». Le dirigeant cite également une récente installation de production d'un principe actif contre le paludisme qui a été livrée en Italie. Au coeur du système, un photoréacteur en verre capable de laisser passer les UV a été installé pour permettre une étape de photo-oxydation.

Si De Dietrich Process Systems continue d'équiper des installations de chimie fine pharmaceutique à travers le monde, d'autres métiers se développent. Par exemple, des métiers liés à la réduction de l'empreinte environnementale des installations.

 

De nouveaux métiers émergent

 

La société propose ainsi un savoir-faire dans le recyclage d'effluents en vue de récupérer des solvants ou même certains produits comme le brome ou l'iode. Un domaine où la société fournit des équipements mais aussi des procédés.

La chimie de spécialités offre également de plus en plus d'opportunités, de même que des domaines plus exotiques comme l'industrie spatiale. « L'an dernier, nous avons livré un filtre sécheur à lit fluidisé pour un client qui produit des carburants pour le domaine spatial. Ce sont des produits très sensibles et nous avons dû introduire un système de fluidisation sur un filtre existant », explique Daniel Steck. La société dispose aussi d'une expertise dans le chargement, déchargement de poudres sensibles en milieu confiné qu'elle commence à mettre à profit dans d'autres domaines que la pharmacie. Déjà, des pompes à poudre, Powder Pump, ont trouvé des applications dans la production de batteries lithium ion pour des opérations de remplissage de batteries. Le dirigeant cite également un débouché dans l'automobile avec la réalisation de plaquettes de freins.

Et puis, Daniel Steck dit aussi regarder le domaine de la chimie verte et des algues où De Dietrich pourrait apporter son expertise en matière de procédé. « Nous avons des idées de développement avec des skids de réaction et de filtration/séchage. Nous discutons actuellement en France avec des clients potentiels et des réseaux comme Axelera et imaginons ce que pourrait être l'avenir dans ce domaine », confie le dirigeant qui ne demanderait pas mieux que de participer à un mouvement de réindustrialisation sur le territoire, s'il se profile.

3 questions à Daniel Steck président de De Dietrich

Aujourd'hui, l'essentiel des intermédiaires et matières actives pharmaceutiques continue d'être produit en Asie. Est-ce bien cette zone qui tire la croissance de votre groupe ? La Chine est le plus grand marché mondial pour la chimie et va le rester au moins pendant les 20 prochaines années. Le marché indien est également dynamique surtout dans le domaine pharmaceutique. Avec le récent changement de gouvernement, la confiance est retrouvée et l'investissement devrait repartir. Nous tablons sur une croissance importante de nos activités dans ce pays. Qu'en est-il des États-Unis ? Depuis deux ou trois ans, nous assistons à un grand retour des investissements dans le domaine de la chimie. Pour l'instant, cela concerne la chimie de base. Mais l'on peut imaginer qu'il y aura à terme des investissements plus en aval. Nous sommes donc optimistes pour nos activités sur le marché américain, avec cependant une interrogation sur l'impact réel de la hausse du dollar. Quelle est maintenant votre analyse sur la zone Euro ? Nous sommes assez inquiets de la situation en Europe, même si la baisse de l'euro devrait contribuer à soutenir le marché. En France, sur les cinq dernières années, nos activités ont été extrêmement calmes. D'ailleurs, nous ne réalisons plus que 8% de notre chiffre d'affaires en France. Comparé au marché français, le marché allemand est plus dynamique car les industriels continuent d'investir dans leur outil de production. Néanmoins, si les investissements repartent en France, notamment dans la chimie du végétal, nous serions heureux d'y participer.

L'INNOVATION COMME VECTEUR DE CROISSANCE

Chaque année, entre 10 et 15 % du chiffre d'affaires de De Dietrich concernent des projets innovants. Le gros du budget de R&D est consacré à des développements pour le compte de clients. C'est ainsi que De Dietrich a récemment mis au point un photoréacteur, un filtre sécheur à lit fluidisé, un système de remplissage de batteries, un procédé de purification de chlorure de lithium en continu... Parallèlement, la société développe des projets en propre et continue d'améliorer ses équipements. Par exemple, une nouvelle version du réacteur en acier émaillé Optimix qui se caractérise par la présence de contre-pales intégrées a été récemment lancée. Dans ce nouveau modèle, baptisé Optimix HE, les contre-pales sont désormais proposées en version chauffante pour optimiser encore un peu plus le transfert thermique au sein du réacteur. Parmi ses plus récentes innovations, la société cite également le développement d'outils de simulation, notamment en agitation/mélange, transfert thermique et nettoyage CIP des appareils.

S.L.

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