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DBV Technologies résolument tournée vers les États-Unis

Hélène Bour

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Deux ans après son introduction au Nasdaq, la biotech française DBV Technologies se porte plus que bien. Avec plus d'1,7 milliard de dollars (1,67 Mrd €) de capitalisation boursière, c'est la biotech française la plus valorisée au monde. La société fondée en 2002 se focalise sur le traitement par immunothérapie des allergies pour les enfants, par le biais de patchs applicables directement sur la peau. Lors de la présentation du bilan de 2016 et des perspectives pour 2017, le p-dg de DBV, Pierre-Henri Benhamou, a détaillé la stratégie de sa société, plus que jamais tournée vers les États-Unis. Ainsi DBV va-t-elle lancer son Viaskin Peanut, un patch contre l'allergie à l'arachide dès 2019 aux États-Unis. La biotech espère voir le prix de ce nouveau dispositif fixé entre 5 000 et 10 000 dollars par an et par patient, le traitement consistant à appliquer un patch par jour sur la peau pendant trois ans. Sur un marché américain très enthousiaste, où l'allergie à l'arachide concerne entre 800 000 et un million d'enfants et où il n'existe encore aucun traitement approuvé contre cette allergie, ce Viaskin Peanut pourrait vite devenir un blockbuster.

Un patch lancé en Europe vers 2020

Les analystes estiment à 1 Mrd $ le chiffre d'affaires potentiel de ce traitement dans les trois ou quatre ans après sa mise sur le marché américain, précise David Schilansky, directeur général délégué de DBV. En Europe, ce patch devrait être lancé entre 2020 et 2021. Mais DBV a d'autres projets dans les clous, toujours destinés en priorité aux États-Unis. Pour 2020, DVB espère lancer son Viaskin Milk, à base de protéines de lait pour les enfants allergiques, puis son Viakin Egg, contre l'allergie aux oeufs en 2022. Alors que Viaskin Peanut devrait voir sa phase III terminée en 2017, Viaskin Milk est encore en phase II et Viaskin Egg en phase préclinique.

Les dirigeants de DBV ont par ailleurs tenu à préciser que la biotech entendait commercialiser seule ses futurs patchs, en refusant tout principe de licence, « pour garder toute la valeur au sein de la société. » Actuellement, la société dispose de capitaux suffisants pour mener à bien ses études cliniques et commercialiser ses produits aux États-Unis dans les prochaines années, assurent ses dirigeants. Au 30 septembre, DBV disposait de 278 M€ de trésorerie. Depuis sa création, la société a levé environ 500 M€, dont 400 proviennent des États-Unis. Mais côté emplois, DBV assure rester majoritairement française, puisque 90 % de ses quelque 200 employés sont basés en France, contre 10 % outre-Atlantique. Dans l'Hexagone, DBV possède un site de fabrication industriel à Bagneux (Hauts-de-Seine), qui fabrique les machines servant à produire ses patchs. Deux sous-traitants s'occupent des autres étapes : Sanofi produit les principes actifs (les protéines) à apposer sur les patchs, et Fareva utilise les machines de DBV pour produire les patchs et y vaporiser les protéines d'arachides, de lait ou d'oeufs. Par ailleurs, le siège social de DBV est basé à Montrouge, au sud de Paris. La biotech, dont le seul concurrent est Aimmune Therapeutics, prévoit de porter sa masse salariale à 600 collaborateurs (400 en France et 200 aux États-Unis) avec le lancement de Viaskin Peanut. Cependant, l'entreprise a fait part de sa difficulté à rester en France en raison d'« une instabilité fiscale dramatique » et d'un manque de soutien, qui ne l'incite pas à y embaucher. L'élection présidentielle de 2017 est donc cruciale pour cette biotech très américanisée.

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