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Daiichi Sankyo prévoit de licencier 284 de ses 303 salariés français

H.B.

La direction européenne du groupe pharmaceutique japonais vient d'annoncer qu'elle prévoyait de se séparer de la quasi-totalité des effectifs de sa filiale française Daiichi Sankyo France, en licenciant 284 salariés sur les 303 que le groupe embauche dans l'Hexagone. L'information, rendue publique par l'AFP, est issue de l'intersyndicale constituée à cette occasion. Les 284 salariés touchés par ce plan social concernent la totalité des visiteurs médicaux ainsi que 67 salariés du siège social de la filiale, basé à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine. Pour justifier cette décision, le fabricant japonais de principes actifs a expliqué aux salariés qu'il « fait face à un contexte particulièrement difficile », notamment en raison du « déremboursement effectif d'un médicament », l'olmésartan, prescrit contre l'hypertension, « qui représente une bonne part du chiffre d'affaires en France et [qui] sera déremboursé le 1er janvier », détaille un porte-parole de Daiichi Sankyo, contacté par l'AFP. Selon ce dernier, les médecins généralistes ne le prescriraient plus sachant que le médicament ne sera bientôt plus remboursé. « Le report par les institutions sanitaires françaises de la mise sur le marché » d'un autre médicament de Daiichi Sankyo, l'anticoagulant Lixiana, serait un autre facteur ayant poussé le Japonais à licencier. En outre, le porte-parole souligne que le groupe a subi une baisse de 80 % de son chiffre d'affaires par rapport à l'année dernière et des pertes de l'ordre de 15 millions d'euros en 2016. Selon les syndicats, regroupés en intersyndicale, la direction souhaite que les négociations aboutissent d'ici à la fin de l'année. CGT, CFE-CGC, Unsa et Usapie dénoncent tous un accompagnement minimum pour les salariés licenciés et s'inquiètent notamment pour les seniors, car aucune disposition de cessation anticipée d'activité ne serait prévue par le groupe pour le moment. Citant une source proche du dossier, l'AFP révèle que l'offre sur la table représente près de quatre ans de salaire en moyenne, et que le groupe souhaiterait conserver sa filiale française, avec le minimum légal de salariés pour pouvoir distribuer des produits en France, dans l'espoir de pouvoir réembaucher à l'avenir. Les salariés ayant été licenciés lors de ce plan social seraient alors prioritaires. En 2013, un plan social avait déjà touché la filiale française de Daiichi Sankyo et s'était conclu par 160 départs volontaires et six licenciements. Une grève du personnel est prévue le 24 novembre prochain, avec un rassemblement devant le ministère de la Santé.

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