Nous suivre Industrie Pharma

Daiichi Sankyo mise sur l'oncologie et la bioproduction

A Munich et Pfaffenhofen, Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,
Daiichi Sankyo mise sur l'oncologie et la bioproduction

Les ventes mondiales de Daiichi Sankyo, en % du CA 2010-2011 (clos au 31 mars)

© Source : BASF

Le n°3 de la pharmacie japonaise prépare son entrée en oncologie. Résolu à fonder un véritable pipeline d'ici 2015, Daiichi Sankyo prévoit aussi de construire des unités de bioproduction au Japon et en Europe. En parallèle, il continue de renforcer ses capacités de formes solides en Allemagne.

Daiichi Sankyo avance ses pions dans la big pharma. Fondé en 2005 avec la fusion de Sankyo et Daiichi, l'actuel n° 3 de la pharmacie japonaise a intégré le top 20 du peloton mondial (17e). Mais vise plus haut. Une ambition nourrie ces dernières années par des actions de diversification. La plus significative restera l'acquisition de 64 % du capital du géant indien des génériques, Ranbaxy (CPH n°427), qui lui a permis de pénétrer les marchés émergents et celui des génériques. Daiichi Sankyo a aussi œuvré pour se placer en biotechnologies et en oncologie, une priorité absolue. Outre les collaborations, comme avec Morphosys ou ArQule, le laboratoire n'a pas hésité à acquérir quelques sociétés comme l'Allemand U3 Pharma ou l'Américain Plexxikon (CPH n°542). Des opérations, qui à l'instar de ses concurrents japonais lui permettent aussi de s'affranchir, en partie, du seul marché japonais. Aujourd'hui le groupe génère encore 51 % de ses revenus (8,55 milliards d'euros au total sur l'exercice 2010-2011) dans l'archipel. En 2015, Daiichi Sankyo cible les 60 %. « Nous comptons croître en Amérique du Nord, en Europe et dans l'ensemble des marchés matures », confirme Reinhard Bauer, p-dg de la filiale Europe. Pour la croissance externe, le dirigeant estime « continuer d'observer », en ciblant « les biotechnologies et l'oncologie, et des opportunités pour intégrer de nouveaux marchés. Mais avant tout, notre priorité demeure le renforcement de nos capacités de production ».

De fait, Daiichi Sankyo va se lancer pleinement dans la bioproduction, pour compléter son entrée en oncologie. « Ces prochaines années, nous serons en mesure de produire nous-mêmes cinq anticorps monoclonaux. Nous construirons une unité de bioproduction au Japon, mais également en Europe », précise Reinhard Bauer. Le montant des investissements ne semble pas encore vraiment défini. En Europe, il s'agirait d'un investissement d'au moins 20 à 25 M€ juste pour les équipements. Les deux seuls sites que possède le groupe sur le Vieux continent et dont il a hérité en reprenant l'Allemand Luitpold-Werk en 1990, sont en concurrence. Celui d'Altkirch (Alsace), qui produit des ingrédients pharmaceutiques actifs (API) dans le domaine des anti-inflammatoires et recense une quarantaine d'employés. Mais si la filiale française est la plus importante du laboratoire en Europe (130 M€ de ventes attendues cette année), c'est son site de production allemand qui fait figure de favori pour accueillir le projet de bioproduction. A Pfaffenhofen, à 60 kilomètres de Munich, Daiichi Sankyo y détient un gigantesque site de formes solides. Site qui a atteint des capacités de 2,7 Mrds de comprimés pelliculés cette année, principalement pour la franchise d'anti-hypertenseurs olmesartan. Ces capacités seront même portées à 4 Mrds dans le cadre d'un investissement « d'un peu plus de 10 M€ par an pour ces deux ou trois prochaines années », dévoile Franck Knefeli, vice-président - directeur des opérations techniques et directeur du site. De plus, aucun API n'est produit à Pfaffenhofen à l'exception de l'API biotechnologique pour l'agent immuno- thérapeutique Luivac.

Spécialiste des traitements des maladies cardovasculaires et infectieuses, Daiichi Sankyo dispose de plusieurs composés oncologiques en développement. Les plus avancés sont le tivantinib, entré en phase III dans le traitement du cancer bronchique non à petites cellules avancé. Et le U3-1287, entré en phase II dans le traitement du cancer du poumon. Tandis que Daiichi Sankyo s'en remet à nouvel anti-thrombotique, l'edoxaban, qui vient juste d'être autorisé sur le marché japonais, pour un relais de croissance immédiat, il entend mettre sur le marché ses premiers traitements oncologiques d'ici 2015. Et atteindre alors un chiffre d'affaires global de 12,5 Mrds €.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition  »

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition »

Créateur du Genopole d'Evry, qu'il a dirigé de 1998 à 2017, Pierre Tambourin nous livre ses réflexions sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans la traitement du Covid-19. La pandémie de[…]

27/03/2020 | Coronavirus
Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Plus d'articles