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Covid-19 : Vaccins, ibuprofène, chloroquine... Les ventes de médicaments bouleversées par la crise

NICOLAS VIUDEZ

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Covid-19 : Vaccins, ibuprofène, chloroquine... Les ventes de médicaments bouleversées par la crise

© Pixabay

Les médicaments liés au Covid-19 sont davantage délivrés tandis que les patients atteints de maladies chroniques ont anticipé leurs besoins. 

Comment le recours aux médicaments a-t-il évolué depuis le début de l'épidémie et la mise en place du confinement en France ? Une étude de l'ANSM et de l'Assurance Maladie apporte des éléments de réponses. L'analyse laisse apparaître des destins nuancés selon les traitements, avec des délivrances en pharmacie sensibles aux différentes annonces publiques. 

Les patients atteints de maladies chroniques ont globalement anticipé tandis que les ventes de vaccins se sont effondrées. Les médicaments liés au Covid-19 ont vu leurs ventes particulièrement progresser. Analyse des principaux enseignements apportés par cette étude. 

Hydroxychloroquine et ibuprofène, destins croisés

L'hydroxychloroquine, dont l'usage a été médiatisé par les travaux du Pr. Raoult, a connu sans surprise une forte progression de ses ventes. Les délivrances du médicament ont ainsi bondi de 70 % lors de la première semaine du confinement, pour culminer à +145 % sur la période du 23 au 29 mars. Une dynamique partagée par les ventes de chloroquine qui ont progressé dès la fin février. "Les délivrances d’hydroxychloroquine ont été tardives mais plus massives que celles de chloroquine", souligne le rapport de l'ANSM et de l'Assurance Maladie.

Les autorités estiment que le pic de ventes a surtout concerné des personnes déjà traitées par l'hydroxychloroquine (pour un lupus ou une polyarthrite rhumatoïde). Il s'agit de patients qui ont fait des stocks par peur d'une rupture d'approvisionnement sur ces médicaments.

Malgré cela, environ 28 000 personnes ont eu recours à l'hydroxychloroquine pour la première fois, sur les deux dernières semaines de mars. Et dans cette catégorie, les délivrances ont été particulièrement élevées en PACA et en Île-de-France avec des personnes relativement jeunes (62% de moins de 60 ans) et "globalement plus favorisée socialement avec plus de 30% des personnes résidant dans les 20% des communes les plus favorisées".

Associé à l'hydroxychloroquine dans le protocole du Pr. Raoult, l'antibiotique azithromycine a vu ses ventes suivre la même progression (+72,3 % du 23 au 29 mars). Moins spectaculaires mais plus continus, les chiffres concernant le paracétamol ont atteint un pic lors de la semaine de mise en place du confinement (+33,6 %).

Destin opposé pour l'ibuprofène dont les ventes ont chuté à la suite des recommandations du ministre de la Santé, Olivier Véran. Au mois de mars, ce dernier avait recommandé de ne pas utiliser l'anti-inflammatoire en traitement des symptômes du Covid-19. Les ventes d'ibuprofène ont ainsi plongé de 67,8 % sur la dernière semaine du mois, après avoir progressé avant l'annonce. 

Anticipation pour les maladies chroniques

Les traitements destinés aux maladies chroniques ont connu une forte croissance des délivrances lors des deux premières semaines de confinement. Une évolution qui montre que les patients ont anticipé leurs besoins en médicaments.

C'est le cas notamment pour les traitements antihypertenseurs (+ 30,9% en semaine 12), les antidiabétiques (+ 31,8%) et les statines (+ 32,5%). Les insulines ont connu un pic à +42% de ventes, fin mars. 

Les antidépresseurs ont par ailleurs progressé de 21,6 % (soit +182 000 personnes) lors de la première semaine de confinement. Les antipsychotiques ont vu leurs délivrances augmenter de 21,5 % (+ 50 000 personnes) fin mars. Sur ces dernières molécules, l'ANSM et l'Assurance Maladie estiment qu'il s'agit de délivrances à des personnes "probablement particulièrement fragiles aux conséquences psychologiques du confinement". Une progression qui contraste avec le destin des vaccins, dont la délivrance est en baisse. 

Des vaccins dans le rouge

Sur la dernière semaine de mars, la baisse des ventes dépassait les 50 % pour les vaccins anti HPV, le ROR et les vaccins antitétaniques. "Pour les vaccins penta/hexavalents des nourrissons, la baisse était de 23% en semaine 13, correspondant à environ 23 000 nourrissons non vaccinés", alerte l'étude. De manière globale, les délivrances de médicaments dont l’administration nécessite le recours à un professionnel de santé ont baissé depuis le début du confinement en France. 

Un constat qui fait écho à la crainte des professionnels de santé de voir le nombre de consultations diminuer, par peur des patients d'être contaminés.

L'ANSM et l'Assurance Maladie annoncent qu'elles poursuivront cette étude, réalisée à partir des données de remboursement, dans les prochaines semaines. 

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