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Covid-19 : MedinCell mise sur l'ivermectine

NICOLAS VIUDEZ

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Covid-19 : MedinCell mise sur l'ivermectine

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L'ivermectine fait l'objet de recherches pour évaluer son efficacité en traitement du Covid-19. En cas de résultats positifs, MedinCell pourrait positionner une version du médicament à longue durée d'action. Explications.

Les projets autour du Covid-19 se multiplient pour les biotechs françaises. Lors d'une visioconférence, le p-dg de MedinCell, Christophe Douat, a détaillé sa stratégie concernant l'ivermectine. MedinCell mène déjà un programme sur ce produit dans une version injectable et à longue durée d'action, pour une application contre le paludisme. Mais c'est son efficacité potentielle contre le nouveau coronavirus qui intéresse désormais la biotech montpelliéraine. 

Des résultats in vitro à confirmer

Une étude, réalisée par des chercheurs de l'Université Monash de Melbourne, a montré que l'ivermectine avait permis de réduire d’environ 5 000 fois en 48h la concentration du virus dans une culture cellulaire.

Des résultats encourageants, mais un essai qui a été réalisé à des doses de médicament très élevées. "Dans l’étude australienne, les doses d'ivermectine sont supérieures à ce qui pourrait être utilisé, il n'est pas pertinent de faire une transposition directe de cet essai in vitro sur ce que pourrait être un dosage en traitement", remarque Christophe Douat. 

D'autres études chez l'homme seront nécessaires pour affiner les connaissances sur l'ivermectine en potentiel traitement du Covid-19. Ce médicament, déjà connu et utilisé de longue date, offre par ailleurs l'avantage d'avoir peu d'effets indésirables. En plus de son action contre le paludisme, il est notamment commercialisé comme anti-poux aux États-Unis.

Un développement en traitement préventif du Covid-19 ?

Si l'efficacité de l'ivermectine devait se confirmer, MedinCell aurait une carte à jouer en positionnant son produit à longue durée d'action dans une phase préventive. "Par rapport au traitement sous forme de comprimés, le développement d'une forme injectable à action prolongée aurait une valeur ajoutée sur un traitement préventif de plusieurs mois", précise Christophe Douat. 

La biotech mettrait alors à l'oeuvre son savoir-faire en matière de développement. MedinCell reprend des médicaments connus et déjà commercialisés et y associe sa technologie propriétaire BEPO pour développer des versions sous forme injectable et à longue durée d'action, allant de plusieurs jours à plusieurs mois.

L'avantage de ce type de traitement est qu'il facilite l'observance. Pas besoin d'une prise quotidienne de comprimés et aucun oubli du traitement possible pour le patient. Un avantage significatif dans les pays où le suivi médical est complexe. C'est cette particularité qui a valu à MedinCell de susciter l'intérêt d'organisations mondiales de santé publique. 

Des accords de développement gagnant-gagnant 

Pour financer ses développements, la biotech a ainsi noué différents partenariats avec des organismes comme Unitaid ou la Fondation Bill & Melinda Gates. Selon ces accords, MedinCell bénéficie d'un financement pour développer ses produits et en échange, elle cède les droits de commercialisation pour les pays a revenu faible et intermédiaire.

Un modèle gagnant-gagnant que MedinCell a déjà développé autour d'un contraceptif et donc de l'ivermectine, en application contre le paludisme. Mais pour le projet sur le Covid-19, la biotech rappelle qu'elle travaille sur ses fonds propres. Et qu'elle pourrait ainsi pleinement bénéficier de l'arrivée sur le marché de l'ivermectine en traitement du Covid-19.

Une perspective encore très lointaine mais qui a déjà emballé les marchés. Dans les deux jours suivant l'annonce de l'étude australienne, le cours de l'action MedinCell sur Euronext a plus que doublé. 

 


 

 

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