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Covid-19 : La biotech montpelliéraine MedinCell avance sur son évaluation de l’ivermectine en traitement préventif

NICOLAS VIUDEZ

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Covid-19 : La biotech montpelliéraine MedinCell avance sur son évaluation de l’ivermectine en traitement préventif

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MedinCell annonce avoir débuté un essai clinique pour évaluer l’innocuité d’un traitement d’ivermectine à longue durée d’action. Une première étape pour en faire un traitement préventif du Covid-19.

« Nous gardons le cap, développer la 3ème voie contre la Covid-19, celle de la prévention », se félicite Christophe Douat, le président du directoire de MedinCell. La biotech montpelliéraine annonce avoir lancé un essai clinique de phase I visant à évaluer l’innocuité de l’ivermectine. Trois cohortes de huit patients sains se verront ainsi administrer quotidiennement de l'ivermectine, par voie orale.

L’ivermectine est un médicament antiparasitaire déjà largement utilisé et qui présente peu d'effets indésirables.

"Dans les différentes pathologies pour laquelle elle est autorisée, l'ivermectine est utilisée en dose unique, il faut donc évaluer l'innocuité sur une prise prolongée de la molécule", détaille Christophe Douat.

Dans la lutte contre le nouveau coronavirus, MedinCell a pour objectif de mettre au point un traitement préventif à base d’ivermectine, sous forme injectable et avec une durée d’action d’un mois. En parallèle de cet essai chez l’homme, la biotech évalue, in vivo, différentes formules d’ivermectine à action prolongée.

MedinCell espère avancer vers d'autres essais chez l'homme dès l'année prochaine avec pour objectif une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour son produit en 2021.

Des résultats prometteurs à confirmer

Medincell mise sur l’ivermectine en s’appuyant sur différentes études qui montrent des signes d'efficacité de la molécule contre le nouveau coronavirus.

Au printemps dernier, une étude australienne avait montré que la molécule avait réduit d’environ 5 000 fois la concentration du nouveau coronavirus dans une culture cellulaire.

Plus récemment, une étude égyptienne, menée sur des cas contacts a montré que 7,4 % des 203 patients ayant reçu deux doses d'ivermectine à 72h d'intervalle ont présenté des symptômes d'infection dans les quinze jours contre 58,4 % parmi les 102 sujets du groupe témoin non traités.

"Nous espérons voir arriver d'autres résultats cliniques d'ici à la fin de l'année qui valideront les indices que l'on a aujourd'hui sur l'efficacité de l'ivermectine", projette Christophe Douat.

Plusieurs dizaines d’essais cliniques sont ainsi en cours dans le monde entier, en traitement du Covid-19 ou en prévention. Des études dans lesquelles l'ivermectine est évaluée seule ou en combinaison avec d’autres molécules telles que l’hydroxychloroquine ou la doxycycline.

Le modèle à longue durée d’action de MedinCell

"Le scénario idéal pour notre développement serait que l'ivermectine soit autorisée contre le Covid-19, sous forme de comprimés", souligne Christophe Douat.

Une version à longue durée d’action de l'ivermectine, qui nécessiterait une injection unique pour un mois plutôt qu’une prise quotidienne de comprimés, aurait alors pour avantage de faciliter l'observance du traitement, particulièrement en prévention. 

MedinCell est spécialisée dans le développement, sous une forme injectable et à longue durée d'action, de molécules connues et commercialisées, une forme obtenue grâce à sa technologie propriétaire BEPO. La biotech travaille notamment sur un contraceptif ainsi que sur un traitement du paludisme.

Pour financer ces développements, la biotech a multiplié les partenariats avec des organismes comme Unitaid ou la Fondation Bill & Melinda Gates. Des accords gagnants-gagnants puisque MedinCell bénéficie de leurs financements et en échange, cède les droits des produits développés pour les pays a revenu faible et intermédiaire.

Sur ce projet contre le nouveau coronavirus, MedinCell souhaite avancer au maximum vers des phases cliniques mais reste en discussion pour d'éventuels partenariats. "Notre priorité est d'aller très vite sur ce projet, de trouver un financement intégral des différentes phases à venir, avant, par la suite, de trouver un partenaire industriel pour réaliser le scale-up et la distribution du produit", nous explique Christophe Douat.

 

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