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Covid-19 : L’Europe est-elle en train de passer à côté du vaccin de Valneva ?

NICOLAS VIUDEZ

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Covid-19 : L’Europe est-elle en train de passer à côté du vaccin de Valneva ?

© Valneva

La biotech nantaise, qui développe un vaccin sous une forme inactivée, a annoncé mettre un terme aux négociations avec l'Union européenne. Valneva va désormais privilégier les discussions pays par pays. 

« Nous avons consacré beaucoup de temps et d'efforts à essayer de répondre aux exigences du processus d'achat centralisé de la Commission européenne. Malgré nos récents résultats cliniques, nous n’avons pas, à ce jour, fait de progrès significatifs ni conclu un accord d'approvisionnement ». Le commentaire de Thomas Lingelbach, p-dg de Valneva, résonne comme un constat d’échec. 

La biotech n’est pas parvenue à sceller un accord avec l’Union européenne. En conséquence, Valneva va revoir sa stratégie et prioriser une approche pays par pays. « Nous concentrons désormais nos efforts vers des États membres de l’Union européenne et des parties intéressées en dehors de l’Union européenne qui souhaitent inclure notre approche inactivée dans leur stratégie vaccinale », a souligné Thomas Lingelbach, dans un communiqué publié le 20 avril par la société.  

En début d’année, Valneva se voulait pourtant optimiste sur les chances de voir un accord avec l’Union européenne aboutir. Une commande portant sur un maximum de 60 millions de doses était alors évoquée pour son candidat-vaccin contre le Covid-19, VLA2001. 

Sans doute particulièrement échaudée par les ratés sur les délais de livraison connus depuis le début de l’année, la Commission européenne a pu se montrer particulièrement regardante sur les garanties autour de la production du futur vaccin de Valneva, encore en phase de développement.  

Un vaccin sous forme inactivée 

Ce vaccin repose sur une technologie plus éprouvée que celle des vaccins à ARNm, puisqu’il est composé de particules inactivées du virus avec une forte densité de protéines S (ou protéines Spike), le tout étant associé à deux adjuvants pour renforcer la réponse immunitaire. Un vaccin qui a notamment pour avantage de se conserver dans des températures standard (de 2°C à 8°C). 

Ce vaccin s’appuie sur le savoir-faire de la biotech en la matière, puisque Valneva  dispose d’une plateforme de production qui lui a permis d’apporter sur le marché un vaccin contre l’encéphalite japonaise. 

Après des résultats positifs lors d’un essai de phase I/II, le candidat-vaccin de Valneva va être évalué lors d’un essai de phase III, prévu pour démarrer avant la fin du mois d’avril. Si les résultats positifs sont confirmés, Valneva table sur une demande d’autorisation de mise sur le marché pour l’automne.  

Pour amener son vaccin aussi loin, la biotech européenne a notamment pu compter sur le soutien du Royaume-Uni, avec lequel elle a noué un contrat d’ampleur depuis l’été 2020. 

Une future usine financée par le Royaume-Uni 

En juillet, Valneva avait initialement conclu avec le gouvernement britannique un accord pour fournir jusqu’à 100 millions de doses de son candidat vaccin qui sera fabriqué dans l’usine de Valneva située à Livingston, en Ecosse. Le Royaume-Uni s’était alors engagé à financer les études cliniques et les travaux d’extension du site de production.

Ce contrat d'ampleur a été revu à la hausse en septembre 2020 pour atteindre une livraison de 190 millions de doses potentielles, d'ici à 2025. 

"Le gouvernement a financé les essais cliniques de ce vaccin prometteur et, s'il est approuvé, il sera fabriqué en Écosse, ce qui renforcera la capacité du Royaume-Uni à devenir autosuffisant à l'avenir", se félicitait Nadhim Zahawi, le ministre britannique en charge des vaccins, au début du mois d’avril.  

Dans un contexte de Brexit récent et de compétition internationale liée aux achats de vaccins, l’accord a représenté un coup politique pour le Royaume-Uni. Et a rappelé les difficultés de l’Europe à apporter un soutien rapide à ses propres biotechs. 

La France à l’affût ? 

Désormais, Valneva va négocier pays par pays pour les futures commandes de son vaccin contre le Covid-19. Après l’Europe qui a passé son tour, la France saisira-t-elle la balle au bond ? Si la France pourrait être tentée d’apporter un soutien direct à Valneva, une commande en solitaire romprait avec la politique observée jusqu’alors de privilégier les achats à l’échelle européenne.  

Alors que la pression des variants fait peser une menace sur l’efficacité de la vaccination, de nombreux pays pourraient cependant être tentés d’ajouter à leur stratégie la possibilité d’avoir recours à une technologie autre que celle du vaccin à ARNm. Et de commander directement auprès de Valneva, sans passer par l’Europe.

Les prochaines semaines permettront d'en savoir plus sur l'efficacité du vaccin. Une période pendant laquelle la capacité de Valneva à obtenir la confiance de nouveaux pays sera également observée de près. 

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